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-Montpellier-
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Place de La Comédie
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STOP COLONISATION JÉRUSALEM

jeudi 21 janvier 2016

La "laïcité" islamophobe d'Elisabeth Badinter...


 ... ou comment l'extrême droitisation d'une partie de la gauche s'accélère !

 Avec 10% de chômage, une croissance en recul permanent, une société gagnée au pessimisme et anxieuse, se développe en France un sentiment irrationnel d'être assiégés. Celui-ci se manifeste sous la forme policée d'une revendication à la laïcité. Dans ce contexte, Elisabeth Badinter, intellectuelle hautement estimée se réclamant du féminisme, tente de faire de l’islamophobie un droit élémentaire.

Mercredi 6 janvier, Elisabeth Badinter tenait les propos suivants au cours de la matinale de France Inter : « Il faut s’accrocher et il ne faut pas avoir peur de se faire traiter d’islamophobe, ce qui a été pendant pas mal d’années le stop absolu, l’interdiction de parler et presque la suspicion sur la laïcité ».

Passée la stupeur d’entendre une figure intellectuelle respectée revendiquer son islamophobie (tout comme Michel Houellebecq l’avait fait en septembre dernier dans une interview au Guardian), on peut raisonnablement s’interroger sur les récentes capacités d’écoute de l’auteur de L’Amour en plus. Il y aurait un « stop absolu » à l’islamophobie ? Une « interdiction de parler » imposée aux islamophobes ? Cliquer ici

 Quelle est la place des musulmans en France et comment se situent-ils dans la société, à l’heure de l’organisation de l’État islamique ? Assiste-t-on à l’émergence d’une nouvelle génération djihadiste dans les banlieues ? Le salafisme occupe-t-il une place prépondérante désormais dans ces « territoires perdus » de la République ? Autant de questions qu’aborde Gilles Kepel et auxquelles il apporte des réponses souvent contestables. Cliquer ici

Pour ne pas laïciser idiot ! - 1 -

En 2003 la mystification de Caroline Fourest et Fiammeta Venner largement relayée à gauche comme à droite : Le mot “islamophobie” a une histoire, qu'il vaut mieux connaître avant de l'utiliser à la légère. Il a été utilisé en 1979, par les mollahs iraniens qui souhaitaient faire passer les femmes qui refusaient de porter le voile pour de "mauvaises musulmanes" en les accusant d'être "islamophobes". Il a été réactivité au lendemain de l'affaire Rushdie, par des associations islamistes londoniennes comme Al Muhajiroun ou la Islamic Human Rights Commission dont les statuts prévoient de “recueillir les informations sur les abus des droits de Dieu”. Cliquer ici

On doit l’invention du néologisme « islamophobie » et ses premiers usages à un groupe d’« administrateurs-ethnologues » spécialisés dans les études de l’islam ouest-africain ou sénégalais : Alain Quellien, Maurice Delafosse et Paul Marty. […] Au début du XXe siècle, la connaissance de l’islam apparaît comme une nécessité pour les administrateurs coloniaux qui souhaitent préserver la domination impériale sur les populations musulmanes colonisées. Dans un article de 1910 sur l’état de l’Islam en Afrique occidentale française, Delafosse dénonce la composante de l’administration coloniale affichant ouvertement son hostilité à l’encontre des musulmans et de la religion musulmane.
« Quoi qu’en disent ceux pour qui l’islamophobie est un principe d’administration indigène, la France n’a rien de plus à craindre des Musulmans en Afrique occidentale que des non-Musulmans. (…) L’islamophobie n’a donc pas raison d’être dans l’Afrique occidentale, où l’islamophilie, dans le sens d’une préférence accordée aux Musulmans, créerait d’autre part un sentiment de méfiance parmi les populations non-musulmanes, qui se trouvent être les plus nombreuses. L’intérêt de la domination européenne, comme aussi l’intérêt bien entendu des indigènes, nous fait donc un devoir de désirer le maintien du statu quo et de garder une neutralité absolue vis-à-vis de tous les cultes.» Cliquer ici

 Pour ne pas laïciser idiot ! - 2 -

L’islamophobie est à l’évidence un instrument de pouvoir. Il s’agit d’une façon relativement récente – elle date de deux ou trois décennies – de reformuler le racisme d’antan. Il s’agit, en d’autres termes, d’un encodage. Là où l’on parlait des « Arabes », on parlera des « musulmans ». Là où l’on disait vouloir défendre la « civilisation chrétienne », on privilégiera désormais les supposées « valeurs de la République française ». Toute une série de grandes « valeurs », un peu trop facilement qualifiées de « françaises », sont ainsi mobilisées – au sens quasi militaire du terme – pour ériger et maintenir une barrière symbolique qui sépare « eux » et « nous » : la laïcité, la condition des femmes, la liberté d’expression, etc. Tout ce discours, qui a émergé dans les années 1980, au moment où les élites françaises découvraient les « Français issus de l’immigration », systématiquement décrits comme des Français de seconde zone car « culturellement différents », fonctionne comme un code qui permet de dire le racisme sans le dire explicitement. Cet encodage, cette façon de dire sans dire, est la marque de fabrique de l’islamophobie : c’est cela qui a permis de régénérer le racisme dont on disait, dans la période qui a immédiatement suivi la décolonisation, qu’il était condamné à disparaître.
[…]
 Il suffit de regarder les résultats des sondages régulièrement effectués sur le « sentiment des Français à l’égard de l’Islam », notamment dans les périodes marquées par des attentats, pour comprendre que l’islamophobie est un moyen assez puissant de « rassembler les Français ». C’est aussi un moyen pour les responsables politiques de gagner des élections et, pour certains journalistes, de gagner de l’argent. Quelques années après la publication des caricatures danoises du prophète Mohammed par Charlie Hebdo en 2006, on a appris que son directeur de l’époque, Philippe Val, avait empoché 330 000 euros à titre personnel.
[…]
Ce que révèlent enfin les portraits qui sont faits des « musulmans » en France, c’est l’incroyable trahison historique de la gauche de gouvernement. Élu sur un programme progressiste en 1981, le Parti socialiste français n’a cessé de trahir ses promesses électorales et de saper les efforts des organisations antiracistes. Sans entrer dans le détail, on peut citer un exemple flagrant : depuis quarante ans, le Partis socialiste se fait élire en promettant le droit de vote aux étrangers vivant en France et, à chaque fois qu’il est élu, il renie cette promesse. Aujourd’hui, le gouvernement « socialiste » installé par François Hollande et dirigé par Manuel Valls – qui avaient eux aussi promis le droit de vote aux étrangers et qui se sont eux aussi reniés – a instauré un régime d’« état d’urgence » qui n’est rien d’autre que la réplique de l’état d’exception que le gouvernement français avait instauré en France dans les années 1950 pour éradiquer les indépendantistes algériens pendant la guerre d’Algérie. Vous parliez de « rupture » tout à l’heure ; je pense de mon côté que les continuités sont assez révélatrices… Cliquer ici
  
 Pour ne pas laïciser idiot ! - 3 -

 On réduit souvent la laïcité à la neutralité. Il s’agit d’une double erreur. D’une part, car,  comme je l’ai expliqué, il y a plusieurs paramètres dans la laïcité et celle-ci est faite d’un équilibre entre ces différents paramètres. Dans ces paramètres,  la neutralité constitue un moyen et non une fin en soi. Etant donné que c’est un moyen, il ne s’agit pas de neutralité de l’espace public, car cela deviendrait une fin, mais de neutralité de la puissance publique, qui doit pouvoir jouer son rôle d’arbitre. Dans un match, c’est l’arbitre qui est neutre, non les joueurs. Si on confond neutralité et laïcité, on fait glisser la neutralité de l’arbitre aux joueurs, c’est à dire aux acteurs de la société civile, aux citoyens. On risque alors de glisser vers un athéisme d’Etat ou du moins vers des discriminations antireligieuses, parce que ce ne seront pas forcément toutes les religions qui seront visées. Cliquer ici

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