De Goodyear à St Pierre, les paradis de la répression.


Par correspondant NPA 34
Montpellier.
Conférence de presse du mardi 9/2/2016
au local du syndicat  SOLIDAIRES

Cette conférence de presse avait pour but de dénoncer la répression syndicale dont est victime, aujourd’hui, Richard ABAUZIT membre du syndicat SOLIDAIRES, conseiller du salarié et ancien inspecteur du travail.
Richard a été mis en examen pour diffamation, personnellement et non pas en qualité de représentant du syndicat SOLIDAIRES, pour avoir critiqué la gestion du personnel de l’institut Saint Pierre à Palavas, lors d’une précédente conférence de presse organisée par l’union syndicale SOLIDAIRES qui avait fait l’objet d’un article dans l’Hérault du jour, dont le directeur et un journaliste ont également été mis en examen.

Assistaient à la conférence de ce mardi 9/2/2016 :
  • le secrétaire départemental de SOLIDAIRES
  • les représentants de l’UD CGT, FO et FSU
  • maître Vincent CADORET qui assiste Richard au pénal
  • Gérard FILOCHE
  • 2 des 3 salariées de l’institut licenciées
Il y avait également une trentaine de personnes.

L’avocat est intervenu en premier pour expliquer les raisons de la mise en examen pour diffamation et critiques de l’institut St Pierre. Il a rappelé que 3 salariées de cet établissement avaient contacté le syndicat SOLIDAIRES suite à leur licenciement. Ces affaires seront jugées le 18/3/2016 à 14 h par le Conseil des Prud’hommes de Montpellier.
Il a également rappelé que le droit de critiquer est un droit fondamental pour un syndicat et que la menace de plainte est un moyen de faire taire toute critique syndicale.

Richard ABAUZIT a évoqué le climat de peur qui règne dans l’établissement depuis l’arrivée du nouveau directeur qui met en avant les préceptes de sa religion au sein de l’entreprise où l’on a constaté la mise à l’écart du personnel de confession musulmane. De plus, il y a eu la suppression des repas hallal alors que de nombreux enfants hospitalisés et leurs parents sont musulmans.

Deux des trois salariées victimes étaient présentes et ont expliqué le caractère brutal de leur licenciement.

Ont également pris la parole, les représentants des  organisations syndicales CGT, FO, FSU et SOLIDAIRES  pour dénoncer la criminalisation de l’action syndicale et notamment:
- la banalisation de plaintes pour diffamation
- le fichage des militants syndicaux
- prélèvement d’ADN assimilant les syndicalistes à des délinquants.
Ils ont évoqué le cas des syndicalistes de Continental, de Good Year et d’Air France.

Gérard FILOCHE est intervenu en dernier.
Il a évoqué le climat incertain aujourd’hui avec l’état d’urgence alors que selon lui, il faudrait parler de droits, de cohésion et de droit du travail, déclarant : « le droit du travail est un indice de l’état de civilisation d’un pays ».
Il a également cité le cas de l’inspectrice du travail d’Annecy pour avoir voulu dénoncer, en 2013, les pressions de l’entreprise d’électroménager TEFAL sur l’inspection du travail.

Voir aussi l'article de La Marseillaise : « La diffamation est un moyen de faire taire les syndicats »