Laïcité, religions : le "coup de boule" de Michel Warschawski


La laïcité de Madame Badinter, c’est du racisme, dans la droite ligne du « rôle civilisateur du colonialisme »


Suite à son Coup de Boule « La France sent mauvais » paru dans le n°50 de Siné Mensuel, Michel Warschawski a reçu un courrier de lecteur fâché. Il répond, persiste et signe. 
Même si j’ai porté la kippa pendant les vingt premières années de ma vie et pratiqué tous les commandements de la Tora, y compris les plus futiles, je suis aujourd’hui un athée qui mange à Kippour et adore la côte de porc. À la synagogue, je n’y vais que pour des fêtes de famille et mon enterrement se fera hors des rites et des cimetières juifs.
J’ai cependant développé une véritable allergie aux laïcards français. Je spécifie « français » parce que c’est une maladie typiquement hexagonale et je ne pense pas qu’en Grande-Bretagne, par exemple, il y ait moins d’athées ou d’agnostiques qu’en France, mais ils sont, pour la plupart, exempts de cette haine du religieux. […]

La laïcité est faite de la séparation totale de l’État et des religions et du droit de chacun de vivre ses croyances, philosophiques ou religieuses, comme il/elle l’entend. La France a été à l’avant-garde de la bataille historique pour cette laïcité, et ses valeurs ont rayonné à travers le monde. Mais quand cette laïcité prend les accents de Madame Badinter, c’est de racisme qu’il s’agit, dans la droite ligne du « rôle civilisateur du colonialisme ». Car – mais faut-il le rappeler ? – la France laïque et républicaine a tenté d’imposer sa civilisation aux peuples sauvages, au prix de millions de morts. Aujourd’hui, elle n’a aucun problème à faire des affaires juteuses avec l’Arabie saoudite… où le port du voile est obligatoire.

J’irai même plus loin : un peuple qui a applaudi pendant près de quatre ans le Maréchal et son régime, qui a collaboré, activement ou passivement, à la déportation de ses citoyens juifs ou roms, se doit d’être modeste quand il critique les mœurs civilisationnelles des autres. Cliquer ici

C’est lors d’une rencontre des Amis du Crif que le Premier ministre s’en est pris à Jean-Louis Bianco pour défendre Madame Badinter et pour dénoncer la signature commune avec des organisations musulmanes, [après les attentats du 13 novembre, d'une pétition titrée « Nous sommes unis », publiée dans Libération]. :

« On ne peut pas signer des appels, a déclaré le Premier ministre sous les applaudissements des membres du Crif, y compris pour condamner le terrorisme, avec des organisations que je considère comme participant du climat que l’on a évoqué tout à l’heure. » […] 

S’il y a un climat nauséabond en France, c’est dans des propos tels que ceux de Manuel Valls qu’on doit chercher la source. Ou encore dans la distinction que fait Christian Estrosi (au Grand Rendez-vous d’Europe 1) entre la kippa et le voile, la première étant encouragée par le président de la région Paca, le second dénigré.

Aux Juifs de France qui se sentent protégés par des politiciens comme Estrosi, je ferais une double mise en garde : d’abord, si la République interdit ou stigmatise aujourd’hui un signe religieux d’une minorité, non catholique, elle permet de faire de même demain avec une autre religion ; Vichy n’est pas si loin pour que les Juifs de France soient si certains d’être immunisés contre un racisme d’État : si on s’en prend aujourd’hui au voile, après-demain, ce sera à la kippa qu’arborent avec démagogie les Estrosi de droite et de gauche.

Ensuite, une telle discrimination entre deux communautés, l’une étant valorisée et l’autre dénigrée, ne peut pas ne pas provoquer des réactions anti-juives au sein de la communauté dénigrée. Répétons-le inlassablement : la seule protection des Juifs de France, c’est le combat commun contre le racisme, dans toutes ses expressions. Flirter avec le racisme antimusulman n’est pas seulement immoral, c’est suicidaire. Cliquer ici
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Marx  et Engels face aux religions... Pour en finir avec la frelatée tarte à la crème "marxiste" de certains "laïques antilaïques"... 

Voilà ce qu'on lit, à propos de ces auteurs si malmenés par nombre de "laïques" et même de "marxistes", dans la somme (718 pages !) De la séparation des églises et de l'école mise en perspective historique, de Benoît Mély (Cahiers Libres, Editions Page Deux). 

"Marx s'oppose avec Engels à Bakounine en refusant de faire de l'athéisme une condition d'adhésion à l'Internationale ou à l'une de ses sections. Pas d'athéisme officiel donc, ni dans le mouvement ouvrier organisé, ni sous un gouvernement ouvrier. Les émigrés blanquistes de Londres sont épinglés par Engels en 1874 comme ayant "la prétention de transformer les gens en athées par ordre du mufti". Une célèbre formule de la Critique du programme de Ghota (1875) résume la position de Marx […] : "Liberté de conscience": si l'on voulait […] rappeler au libéralisme ses vieux mots d'ordre, on ne pouvait le faire que sous cette forme : chacun doit pouvoir satisfaire ses besoins religieux et corporels sans que la police y fourre son nez". En d'autres termes, la "liberté de conscience" doit signifier non seulement la liberté de professer le culte de son choix, mais aussi celui de n'en professer aucun. […]

Sur un second point Marx et Engels se séparent nettement des courants blanquistes ou bakouninistes : la lutte antireligieuse leur paraît non seulement une erreur politique mais une perte de temps. […] La conception selon laquelle le temps et l'expérience pratique ne peuvent que travailler à la ruine de l'ancienne conception religieuse du monde (une opinion partagée par A. Comte, J.S. Mill, J. Ferry et beaucoup d'autres) le conduit, ainsi que Marx, à adopter une attitude plus que réservée envers la "guerre à la religion". A suivre le programme de lutte antichrétienne de Blanqui […] on court le risque de se tromper d'adversaire. […] [p 308-309]

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Pour que le peuple vienne sur les causes communes, il faut qu’il vienne tel qu’il est. Si on lui reproche son voile, sa croix, sa kippa, il va rester chez lui. Il faut qu’il puisse venir et une fois qu’il est là, on lui dit : « On est d’accord sur quoi ? » Sur l’égalité homme/femme ? L’avortement ? Nos revendications sociales ? Voilà ce qui fera tomber les préjugés et la crispation sur l’autre. Il y a des femmes qui portent des foulards et qui défendent la cause féministe. C’est une question essentielle. 

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C’est enfin la menace terroriste qui permet d’instaurer une répression sans précédent sur toute contestation en instaurant l’état d’urgence permanent qui sera bientôt inscrit dans la constitution. Sans Daesh, les socialistes français ne sont rien. Toute leur politique depuis 4 ans n’est qu’une succession d’échecs, aussi bien en ce qui concerne la dette, le chômage et maintenant la réforme du code du travail qui va mettre des millions de personnes dans la rue. Cliquer ici