"L'avenir n'a plus beaucoup de sens dans ce monde de banquiers. C'est les marchés qui nous dirigent"


Grand Corps Malade et Richard Bohringer - Course contre la honte : "Il faudra de l'utopie et du courage !"



 Bienvenus en Europe 

«   Monsieur le Ministre de l'Intérieur... » 

Vous avez réussi à rendre insignifiantes les structures dont s’étaient dotés les migrants pour donner sens à leur vie. Au lieu de les seconder dans leurs admirables efforts pour maintenir leur existence humaine, vous avez ordonné que soit détruit leur univers ; au lieu de leur offrir l’asile, vous avez choisi « de les mettre à l’abri » (vous n’ignorez pas que par cette expression les psychanalystes désignent une soustraction au monde) ; en livrant les tentes aux tractopelles, vous délogez les migrants et les condamnez à une nouvelle errance. Cliquer ici

 

Ce qu’on appelle un cavalier législatif est une mesure introduite dans un projet de loi qui n’a rien à voir. Ainsi cet amendement introduit par le gouvernement dans le projet de loi sur l’économie maritime, et qui punit de 6 mois d’emprisonnement le fait de pénétrer sans autorisation dans les « zones portuaires non accessibles au public ». Le gouvernement avait déjà tenté d’introduire cette disposition dans la réforme du CESEDA (Code de l’Entrée et du Séjour des Étrangers et du Droit d’Asile), en le motivant par la situation à Calais, mais les parlementaires ne l’avaient pas suivi.

À défaut de punir le franchissement de la frontière lui-même sont créés des délits connexes, parfois par des procédés douteux, ou utilisées des dispositions déjà existantes empruntées à d’autres domaines du droit. Cliquer ici

Cette fois-ci, à l’Assemblée nationale, le rapporteur socialiste Arnaud Leroy prend soin de retirer la référence à Calais : on parle juste de la sûreté des ports en général. Et la disposition est passée comme une lettre à la poste à l’Assemblée nationale, tout comme beaucoup d’autres relatives à la lutte contre le terrorisme. […] Manifestement, le gouvernement a compté sur le fait que l’économie bleue ne mobiliserait pas les foules et que les députés spécialistes des transports seraient moins regardants que ceux de la commission des lois. Et il a eu raison ! (Migrants : l'amendement très discret du gouvernement ...)


Deux jours après l’adoption par la Communauté européenne de mesures d’exception contre les migrants, les antiracistes sont descendus dans les rues de nombreux pays pour y exprimer leur colère et leur dégoût envers l’Europe forteresse.

La désormais traditionnelle manifestation annuelle contre le racisme et le fascisme était principalement axée cette année sur la question urgente des migrantEs et réfugiéEs, comme en témoigne le nombre de cortèges. Plus de 1 000 manifestantEs à Varsovie, 1 500 à Amsterdam, 10 000 à Barcelone, 2 000 à Zurich, 16 000 à Vienne, 4 000 à Glasgow, 20 000 à Londres, 5 000 à Athènes (et sept autres manifestations en Grèce),  6 000 à Melbourne, 3 000 à Sydney ! Cette liste, non exhaustive, démontre que la mobilisation dépasse largement les cadres habituels.

... Et n'oubliez pas ça !

À Paris, le plein n’a pas été fait...

Avec moins de 2 000 participantEs, chiffre moins important que celui de la manifestation de Calais le 23 janvier, le cortège parisien était loin de représenter le niveau de mobilisation des multiples collectifs de soutien aux migrants et sans-papiers. Le collectif anti-guerre, dont sont signataires de nombreuses organisations, n’avait lui non plus pas fait le plein. Les organisations et partis politiques n’avaient aucune visibilité. On peut, certes, donner quelques explications à la faiblesse de la mobilisation : surinvestissement ces derniers jours de certains secteurs de lutte contre la loi travail, agendas chargés, multiplication des appels qui en viennent à se concurrencer... Mais cela reste insatisfaisant et les internationalistes ne peuvent s’en contenter.

La catastrophe humanitaire qui se déroule, sous nos yeux, dans toute l’Europe, nous confère des responsabilités aussi importantes que celles qui nous impliquent dans la lutte contre la loi El Khomri. Les dizaines de milliers de jeunes impliqués dans les mobilisations actuellement sont tout à fait perméables à une telle jonction, comme le démontre l’accueil enthousiaste qu’ils réservent aux diffusions de tracts sur la question des migrantEs et réfugiéEs. En l’absence d’un mouvement antiraciste pluraliste et fédérateur, cette énergie ne trouve pas de cadre où s’exprimer. Il est urgent que cette question devienne une préoccupation centrale des anticapitalistes.

Hausser le niveau de mobilisation

De nouvelles mesures « antimigrants » ont été rendues publiques vendredi 19 mars à l’issue du  sommet entre l’Europe et la Turquie. Celles-ci sont mises en application depuis dimanche. Et ses effets ont été immédiats : 900 migrantEs arrivés ce week-end sur l’île de Lesbos, ont été immédiatement conduits au « hot spot » de Moria. Depuis deux jours, celui-ci s’est transformé en véritable camp de concentration dont il est impossible de sortir. Le sinistre marché humain va pouvoir commencer, et les expulsions vers la Turquie vont se multiplier.

A Calais, le démantèlement de la « jungle » va s’accélérer, et la frontière avec l’Angleterre restera toujours infranchissable, sauf à y risquer sa vie. Le gouvernement français, à aucun moment, n’a manifesté au cours des discussions l’intention de remettre en cause les accords du Touquet qui « protègent » les autorités anglaises de l’intrusion sur son territoire des demandeurs d’asile. Macron ose même en faire un argument de campagne pour le référendum anglais de juin sur une éventuelle sortie de l’Europe : « En cas de sortie du Royaume Uni de l’Union européenne, la France ne contrôlerait plus ses frontières et laisserait passer les migrants. »

Face au cynisme des États qui s’étale au grand jour, les anti-capitalistes et antiracistes doivent développer les mobilisations contre cette Europe barbare, s’affronter à leurs propres gouvernements et trouver des convergences pour organiser de nouvelles mobilisations, plus fortes, plus déterminées, mieux préparées... Osons lutter, osons vaincre !

Alain Pojolat
 

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DÉRIVE CONCENTRATIONNAIRE DES CAMPS DE MIGRANTS EN MER ÉGÉE !


Quand la nourriture manque, et même l'eau potable. Quand les nourrissons n'ont plus de lait. Quand le froid et le vent finissent d'épuiser les corps. Quand les lits sont de simples bouts de cartons jetés au sol. Quand certains prisonniers en arrivent à se battre pour se nourrir au sein des camps. Quand les émeutes se mutliplient, grèves de la faim, immolations désespérées, alors il n'y a plus de doute, les masques tombent et la barbarie du Pouvoir éclate en plein jour.


- les directives européennes ;

- les conseils des experts envoyés par le gouvernement français ;  

- les basses manœuvres du gouvernement turc ; 

- les patrouilles des brigades de Frontex assistées de navires de l'Otan ; 

- les arrestations et la surveillance de la police grecque dirigée par un gouvernement qui multiplie les double-discours…  

ont transformé les centres d'accueil solidaires en camps de détention inhumains, provoquant la colère des populations locales solidaires et le départ scandalisé des organisations humanitaires (MSF, HCR...). 


Prenez le temps de regarder et de partager cette nouvelle vidéo de deux minutes. Faites entendre la parole des victimes.


Puissent les gens qui prétendent nous gouverner redescendre de leur piédestal et aller séjourner quelques temps dans ces camps qu'ils font construire, à la place de nos sœurs et frères humains.


Maud et Yannis Youlountas 

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En même temps qu'ils accusent la Turquie d'être un "marchandeur immoral " parce qu'elle essaye d'obtenir des récompenses pour le blocage des réfugiés, l'U.E. ainsi que les dirigeants grecs poursuivent exactement la même tactique. Ils marchandent la participation de la Grèce au blocage du flux migratoire contre l'accélération de l'évaluation et l'ouverture de la discussion sur la dette.

Même Varoufakis, l'architecte du compromis avec l'Eurogroupe, a écrit dans un article dans le quotidien Efimerida ton Syntakton que cette transaction signifie que "nous allons perdre notre âme sans même recueillir les trente pièces d'argent* dans le domaine économique."
Cliquer ici

* Le prix de la trahison. Ici des valeurs de gauche ou d'humanité. Origine de l'expression : les trente pièces d'argent sont le prix pour lequel Judas a trahi Jésus (Évangile selon Matthieu 26:15).

Et aussi


Et encore


 C'est une horreur ! Je me demande où tout cela va nous mener !

Ce ne serait pas plus progressiste de se demander où tout cela va nous amener à continuer ?
 NPA 34, NPA