vendredi 29 avril 2016

Montpellier.La CFDT travaillée par la loi El Khomri

La loi travail n'est pas de tout repos
pour la direction confédérale CFDT...


Il y a bien longtemps, la CFDT représentait dans une large mesure un syndicat de combat qui travaillait à l'unité syndicale en particulier avec la CGT et mettait en avant l'autogestion et l'échelle mobile des salaires (qu'on se rappelle Lip !). C'était avant le "recentrage" qui, de capitulations en reculs a fait de cette confédération le symbole de la collaboration avec le patronat en échange de quelques concessions.
Tout ça ne s'est pas fait sans heurts, scissions ni départs. Ça a d'abord donné naissance à SUD Rail et SUD PTT et à Solidaires dans la foulée. Nouvelle crise en 2003 à propos de la réforme des retraites, nouveaux départs...
Quelques un-es sont restés, avec (pourquoi pas ?) l'idée de peser sur la politique de la confédération et d'en faire changer le cours.
Nouveau coup dur avec la loi travail. Pas question d'être à la fois à la CFDT et de combattre ce projet de destruction du droit du travail.
L'Union Locale de Montpellier qui avait osé appeler à manifester avec les autres syndicats s'est ainsi retrouvée mise sous tutelle de l'Union départementale.
Bonjour la conception "fédérale" de la démocratie...
© F3 LR Jean-Louis Garcia
Ancien secrétaire Union locale CFDT Montpellier
passé à la CGT - 21 avril 2016.
Conséquence: son secrétaire (Jean-Louis Garcia), militant historique depuis 1977, vient d'annoncer sa démission et son adhésion à la CGT.
"Jusqu'à présent, nous avions encore la possibilité de pouvoir ne pas être d'accord avec le national, avoir des positions divergentes sur le terrain et pouvoir les exprimer. C'était le D de démocratie dans le sigle CFDT, maintenant c'est fini donc je ne me sens pas du tout à l'aise dans ce genre de syndicalisme, donc je m'en vais."
Il ne s'agit pas là d'un cas isolé:
Dans une lettre ouverte à l’adresse de Laurent Berger en date du 22 mars, la CFDT du ministère de la Culture écrit ainsi : « Depuis plusieurs semaines, nos militants et notre bureau national sont inquiets – comme la majorité des agents et des salariés du ministère. Cette inquiétude est suscitée par l’avant-projet de loi portant sur la réforme du Code du travail ». Après avoir listé les critiques à l’encontre du projet de loi et dénoncé la méthode du gouvernement « à peine atténuée par les quelques reculs annoncés », le syndicat exprime son intention : « Aussi, pour rappeler à nos responsables politiques que la CFDT peut aussi peser par sa mobilisation, et pour répondre à la demande de ses militants, la CFDT-CULTURE appellera-t-elle à la grève le 31 mars prochain. »
A Dijon aussi, le syndicat CFDT de la société Divia qui gère le réseau de bus dans l’agglomération, dès le 14 mars, ne cachait pas ses réticences. « Suite à la réunion du secrétariat du Syndicat National des Transports Urbains -CFDT du 9 mars 2016, les militants des réseaux de transports urbains ont constaté l’opposition de nombreuses sections et adhérents aux mesures contenues dans le projet de loi El Khomri », peut-on lire sur leur site dans une « alarme sociale« . Et si le syndicat reconnaît que « certains articles vont dans le sens souhaité par la CFDT comme la création du CPA (compte personnel d’activité) », l’ensemble du projet de loi « contient trop de mesures défavorables pour les salariés. »

Jean-Louis Garcia était hier en tête de manif à Montpellier