"Burkini". Mélenchon ou la France soumise à la vision islamophobe des choses...


 ... et, en premier lieu, de certaines femmes !
Dans Le Monde d'aujourd'hui, JLM condamne les "militantes provocatrices en burkini". En quelque sorte, il choisit son camp. Les citoyens de gauche, musulmans ou non, étaient en droit d'attendre autre chose du candidat dit de la France insoumise. La gravité du climat qui s'installe dans ce pays nécessite de revenir sur l'immense responsabilité de la gauche "républicaniste" dans la situation. 

Dans une interview au Monde de ce jour (1),  à une question sur le burkini, Jean-Luc Mélenchon répond : «C’est une provocation.» On aurait pu croire que ladite provocation concernait l’arrêté pris par le maire de Nice et ceux qui l’ont suivi (2). Ou encore Manuel Valls qui a clairement affiché son soutien à ces maires. Ou encore ces policiers municipaux qui se baladent sur les plages de Nice et demandent aux femmes voilées de se dévêtir. Non. La provocation qu’évoque Jean-Luc Mélenchon concerne les femmes musulmanes qui se baignent en burkini. Et le candidat de la France Insoumise de poursuivre : «L'instrumentalisation communautariste du corps des femmes est odieuse. C'est un affichage militant. mais quand on est l'objet d'une provocation, mieux vaut ne pas se précipiter dedans [...] La masse des musulmans est excédée par une histoire qui les ridiculise. Valls a eu tort d'en rajouter. »

Il ressort de cette interview que JLM, ne condamne ni les maires qui ont pris ces arrêtés, ni Manuel Valls qui les a soutenus,  ni la droite sarkoziste qui a orchestré cette campagne, ni le gouvernement qui laisse faire (3), mais des femmes accusées d’instrumentaliser leur propre corps ou de l’être par leurs maris, pères, cousins... Bref la fameuse COMMUNAUTE. JLM n’aurait-il pas été informé des derniers événements de Nice ? N’a-t-il pas vu ces photos d’une femme en legging et tunique turquoise, foulard sur la tête, se reposant paisiblement sur la plage pendant que ses enfants se baignent, sommée par ces policiers municipaux en tenue de se déshabiller, puis verbalisée, et contrainte de payer une amende pour pouvoir rester sur la plage ? (4)

Tout à sa tactique de campagne, il utilise la même réthorique qu’un Valls : dénoncer l’extrême droite en en se faisant son propagandiste. Car sur cette question, il y a une feuille de cigarette entre le candidat de la France insoumise, la droite et MLP. Marine Le Pen demande l’interdiction du burkini salafiste, et JLM dénonce des provocatrices militantes (salafistes), sauf qu’il appelle à ne pas tomber dans la provocation, cad l'interdiction. Divergence de fond, on le voit. Et les arguments sont les mêmes : rengaine sur la libération des femmes et le communautarisme… Cliquer ici 


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 Le NPA à la plage contre les mesures antiburkini !

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Leucate : manifestation de militants du NPA contre les arrêtés anti-burkini (France 3)


Nous avons demandé à des femmes musulmanes de nous raconter l’impact qu’ont eu les arrêtés anti-burkini dans leur vie quotidienne. Sans les victimiser pour autant. Et sans esprit polémique. Nous avons reçu des dizaines de témoignages et en avons sélectionné quelques-uns, représentatifs du climat actuel. Cliquer ici

Dans le New York Times


Les cas de femmes verbalisées ou expulsées de la plage pour simple port du voile se multiplient sur la Côte-d'Azur après la publication d'une vingtaine d'arrêtés…
tempsreel.nouvelobs.com|Par Laura Thouny

Lecture recommandée 1


[…] On l'aura compris, la liberté des femmes de porter tel vêtement est fondamentale ; non pas parce que "chacun fait ce qu'il veut" ; cette antienne néo libérale ne veut strictement rien dire et tend à faire passer son confort personnel au mépris de l'intérêt du groupe mais parce que le vêtement féminin a toujours et est encore un moyen de contrôle des femmes.

Inciter ou interdire le port de tel ou tel vêtement est une manière de contrôler la liberté de circulation des femmes.

Si je souligne à une femme "qu'habillée ainsi elle risque le viol" alors je lui fais peur et risque de limiter sa liberté de mouvement. Et c'est ce qui est fait tous les jours en France sans que quiconque s'en émeuve ; pire on trouvera que c'est un conseil de "bon sens".

Si je souligne à une femme qui porte le foulard ou le burkini qu'elle ne doit pas le porter dans certains lieux, alors je limite également sa liberté de mouvements puisque fort logiquement, si elle en a le choix , elle n'ira pas là où on ne veut pas d'elle. On me répondra que "ce n'est qu'un foulard" et "qu'elle peut bien l'enlever". Si ce n'est qu'un foulard ou un burkini, que de temps perdu à en parler en ce cas et certain-es sont incohérent-es. Le "elle n'a qu'à l'enlever" procède de la même violence que le propos visant à dire à une femme de ne pas mettre une minijupe. C'est la même construction mentale qui consiste à protéger la femme malgré elle, à la rendre responsable de ce qu'elle pourrait subir, et à faire d'elle une imbécile incapable de comprendre qu'elle participe à sa propre aliénation.

Nul ne dit que tel vêtement est féministe, du moins pas plus qu'une courgette, un presse-étoupe, ou une jante. Une personne est féministe, pas un objet. Il ne s'agit donc pas de voir le foulard ou le burkini comme féministes ou anti féministes. Cliquer ici

Lecture recommandée 2

Je choisis de m’interroger sur le  sens de  l’expression « émancipation des femmes » après quelques détours. 

Pour cela il me faut revenir à l’affaire du burkini  à Sisco, le 15 août, en Corse qui a réveillé les démons… Voir se baigner une femme musulmane toute habillée ou en burkini a été pris comme une provocation. […] 

Chacun sait aujourd’hui, que si certaines femmes musulmanes portent le voile, la burqua, le burkini, c’est parce qu’elles le veulent et le revendiquent. Il n’est plus permis de dire, dans plus de 90% des cas, que ce sont le père, le mari, le frère, qui exigeraient cet habillage. Donc il est urgent d’entendre ces femmes… Hélas ! 

Un ingénu, directeur de recherche du CNRS, Philippe d’Iribarne se découvre cependant, en utilisant l’anthropologie de façon triviale. Il laisse un écrit dans le Monde du 19-8-16, que personne n’aurait pu inventer s’il ne figurait pas sous sa signature dans un article intitulé « Le burkini est inacceptable ». 

On lit ceci : « Quand plusieurs groupes humains se rencontrent, ce que les anthropologues appellent «l’échange des femmes » (chaque groupe humain, pour échapper à la tentation de l’inceste, doit épouser les femmes d’un autre groupe et accepter qu’on s’allie avec celles de son propre groupe) (cela?) constitue un élément fondamental d’une véritable alliance. L’islam orthodoxe refuse cette alliance ; à la manière des conquérants, il veut bien prendre, et non donner. La tenue islamique proclame que celles qui la portent prennent part à ce refus, refus qui rend impossible une pleine intégration des musulmans dans une société non musulmane » (il manque un mot de liaison dans la phrase, qui n’est pas notre fait…) 

Et il continue en disant qu’il y a là construction d’une « contre-société » propice à l’éclosion de terroristes…. 

Ce directeur de recherche fait comme si « l’islam orthodoxe » concernait la majorité des milliers de musulmans français. Il y a pourtant quantité de mariages inter-religieux dans la société française ! Alors qu’est-ce qui lui fait mal à ce d’Iribarne ?? 

Je propose une interprétation possible.  Cet homme revendiquerait son droit à l’échange des femmes et à posséder la femme musulmane. Mais celle-ci, dans son vêtement islamique lui dit « non ». C’est apparemment insupportable. Elle refuse « l’alliance ». Elle dit « non, tu ne me déshabilleras pas, non il n’y aura pas d’acte sexuel entre nous ». 

Par contre, exprime-t-elle qu’il ne peut pas y avoir de rencontre amicale ? Non, son vêtement islamique ne le dit pas. Mais qu’un homme se voit rejeté a priori dans son désir de possession sexuelle, qu’il appelle « alliance », c’est intolérable… pour d’Iribarne. Cliquer ici

Une façon de répondre à l'appel aux féministes de Chritine Delphy (lire ici) ? 

Communiqué de Osez le féminisme

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Que se passe-t-il au pays de la déclaration des droits de l’HOMME ? Le racisme n’est-il plus puni ? Pire, il serait institutionnalisé par l’État ?

Par quel détour retors le voile et le burkini, dénoncés comme étant sexistes, deviennent-ils les instruments d’une double peine ? Comment peut-on dénoncer le voile comme moyen d’oppression des femmes, interroger les pratiques religieuses qu’elles subissent spécifiquement, et dans le même temps, les violenter dans l’espace public à cause de lui ? Cliquer ici

En débat

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Pour produire ce nouveau signe islamophobe, on oubliera que le burkini est une invention récente, destinée à rendre compatibles les prescriptions vestimentaires traditionnelles avec l’espace de la baignade, «qui fait sauter les fondamentalistes au plafond» (Olivier Roy). On oubliera surtout la diversité des contextes, à commencer par le fait qu’on ne peut pas confondre l’obligation du port d’un vêtement dans un pays musulman avec la liberté de choix qui s’exerce dans un pays démocratique, dont la conséquence logique est que ce port peut relever de finalités variées.

Une hypothèse rigoureusement exclue par le regard identitaire, qui réduit toute polysémie à un symbolisme univoque. «Le burkini c’est un signe politique de prosélytisme religieux qui enferme la femme» affirme Manuel Valls, dont on ignorait la compétence en anthropologie des religions. Les témoignages qui se multiplient depuis une semaine montrent une réalité forcément plus hétéroclite que cette vision essentialiste. Les porteuses de burkini – ou parfois de simples foulards – ne sont pas des militantes intégristes, mais de banales mères de famille venues profiter du soleil. Cliquer ici

Ne nous leurrons pas ; derrière un écran, nous sommes tous spectateurs, nous aussi. Moi la première. Comment sortir de ce rôle ? Par quel boycott, quelle manifestation, quelle publication, quelle pétition, quelle action pourrions-nous sortir de ce rôle ? Comment sortir de ce décor pour devenir à notre tour des sujets qui font des choix, même quand ils subissent ? 
Ceux qui ont du cœur et de la mémoire n’ont plus la force de rire de cette grotesque défiguration des outils progressistes, plutôt le cœur à pleurer lorsque ils voient des femmes insultées devant leurs enfants et leurs familles, des regards mauvais dans les rues sur les porteurs de l’opprobre, foulard, barbe, jupe... Ceux là se souviennent aussi des juifs d’Europe centrale portant leurs signes distinctifs et des descentes d’Action Française dans le Marais... La résurgence de cette époque nauséabonde annonciatrice de catastrophes contre les juifs, les rroms, les homosexuels... les handicapés, donne la nausée. Cliquer ici

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 La philosophe féministe américaine Nancy Fraser explique que le régime s’est allié contre les défenseurs de la protection sociale aux «nouveaux mouvements sociaux progressistes» ou «mouvements pour l’émancipation» –antiracisme, multiculturalisme, mouvements de libération LGBT, écologie– qui ont donné naissance, selon elle, à « des courants néolibéraux favorables au marché».
«Mais c’est la trajectoire féministe qui s’est révélée particulièrement lourde de conséquences étant donné l’imbrication historique entre genre et reproduction sociale dans le capitalisme», accuse-t-elle.
L’accusation est grave et mérite d’être discutée, vérifiée, bousculée. Mais la théorie de Nancy Fraser a ceci de stimulant qu’elle permet de rendre compte de nombreuses transformations en cours, que ce soit au sein du féminisme ou à l’extérieur. Elle permet de réfléchir à la scission de plus en plus béante entre les «afro-féministes», souvent pro-voile et alliées aux forces anticapitalistes d’extrême-gauche (que l’on qualifie parfois d’«islamo-gauchistes») et de l’autre les féministes dites «mainstream» (que leurs rivales appelle aussi les «féministes blanches») plus volontiers proches de la gauche de gouvernement. Cliquer ici

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 Les analyses théologico-politiques des islamologues actuels qui tendent à incriminer les textes fondateurs de l’islam — alors que les Français de confession musulmane sont soumis aux lois de la République et ne les remettent aucunement en cause —, ne font que reprendre les argumentaires des fonctionnaires-savants-experts des générations précédentes qui se prévalaient de l’incompatibilité avec la pleine citoyenneté de la loi islamique (charia) et du code du statut civil musulman pour justifier la nécessité de la réforme religieuse de l’islam. Cliquer ici


Rappel : publié sur le site national du NPA

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Au PS même cela tangue sans que les fondamentaux bougent

LE SCAN POLITIQUE/VIDÉOS - Invitée d'Europe 1, la ministre de l'Éducation a dénoncé une «dérive politique dangereuse». lefigaro.fr 

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Quant à la droite LR...


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