Un double défi à relever pour l'antiracisme : le combat contre le FN et contre ceux qui lui ouvrent la voie. Parmi eux le républicanisme communautariste, normé,
identitaire, atrophié autour d’une définition très prescriptive de
l’identité française !
9 septembre :
« On me crache dessus »… Les terribles témoignages de femmes musulmanes en France
(Slate
08/09)

Dans sa monumentale étude du fascisme en France[i], l’historien Zeev Sternhell a fait voler en éclat une thèse auto-complaisante entretenue dans les milieux intellectuels français : la France aurait été immunisée contre le fascisme dans l’entre-deux guerres. Selon ce récit, seuls quelques éléments isolés auraient profité de l’invasion allemande pour verser dans le collaborationnisme.
Sternhell montre au contraire que des personnalités et des
forces politiques républicaines ont été des adversaires résolus du
socialisme, du marxisme et, même, de la démocratie. Ces fascistes issus
du monde libéral ont peu à peu partagé avec les fascistes génériques le
même tropisme autoritaire et la même haine des idées égalitaires de la
gauche internationaliste.
C’est avec ce rappel historique en tête qu’il faut lire l’article publié cette semaine dans Marianne par le journaliste Jacques Julliard[ii]. Dans un texte au verbe outrancier, l’auteur décrète qu’un danger majeur menace la France. Cliquer ici
« Un de mes concurrents, pour m’attaquer, a dit : “Mais il est thatchérien !” ; il s’est trompé, car cela m’a fait plaisir ! » lance pour commencer le candidat à la primaire de la droite sous les applaudissements de la salle. « On peut lui reprocher plein de choses, mais c’est elle qui a remis debout l’économie britannique, ajoute-t-il. Qu’est-ce qui restera du quinquennat de M. Hollande dans les livres d’histoire ? Rien. Thatcher, on sait. »
[…] Lorsqu’il évoque la suppression de toute durée légale de travail, comme l’une des six ou sept mesures à prendre d’urgence, la salle applaudit à tout rompre. « Alors que chez mes concurrents, il y a toujours l’idée d’un contrôle de l’État. Comme si les salariés et les chefs d’entreprise étaient incapables de se mettre d’accord ! » lance-t-il à un public comblé. La fonction publique devra repasser à 39 heures « parce que, si la fonction publique reste à 37 heures, les salariés du privé seraient naturellement tentés de s’en servir de référence ». Pas de mauvais exemple.
Le code du travail – « aujourd’hui plus de 3 000 pages » – sera ramené avec lui à 150 pages, tout le reste étant soumis à la négociation. « Pourquoi je veux des accords d’entreprise ? Parce qu’après personne ne pourra revenir dessus. Même en cas d’alternance ! » se réjouit-il d’avance.
[…] « Que feriez-vous face à M. Fernandez ou Hernandez qui bloque la France ? » insiste un participant, pas mécontent d’écorcher au passage le nom de l’épouvantail cégétiste Philippe Martinez. « C’est une bonne question car la question de la méthode est aussi importante que le projet. Mon projet, dont on dit déjà qu’il est le plus radical, est réalisable », assure Fillon.
Il reconnaît que, à l’instar de Mme Thatcher, sa potion libérale devra s’imposer à la hussarde. La Constitution de la Ve République offre, fort heureusement, quelques possibilités. « On procèdera par ordonnances, s’il le faut, dès le mois de juillet », précise le candidat Fillon, qui veut, en plus de réduire leur nombre, imposer aux parlementaires de travailler durant tout ce premier été. Pour, admet-il, « passer en force ».
Au moment d’administrer cet électrochoc au pays, la main du nouveau président ne devra pas trembler. François Fillon estime avoir l’expérience nécessaire. « J’ai eu la charge de privatiser France Télécom : 150 000 fonctionnaires arc-boutés sur leurs statuts », s’enorgueillit-il. « Cette méthode, il faut l’employer partout », estime celui qui ne semble pas embarrassé par l’évocation d’une des privatisations les plus violentes des vingt dernières années.
« Les organisations syndicales n’ont plus la force pour accomplir les blocages dont elles menacent. Personne ne peut vraiment dire que le pays était bloqué avec la loi El Khomri ! » juge celui qui pense que le gouvernement a mis bien trop longtemps à réagir. Pour lui, les syndicats en sont aujourd’hui réduits « à des actions désespérées comme le blocage des dépôts de carburant. Nous, on a envoyé la gendarmerie, cela s’est très bien passé [lors des blocages contre la réforme des retraites en 2010 – ndlr]. S’il faut le faire, on le refera ! »
Autre menace, qui fait trembler le pouvoir, « la grève par procuration : on envoie les lycéens faire la grève à leur place. Mais là, agir en juillet, août, septembre… C’est pas mal ! » s’amuse-t-il. Texte intégral à retrouver sur Mediapart (accès réservé aux abonné-es) : Fillon promet d’envoyer la gendarmerie aux récalcitrants de son choc libéral
C’est avec ce rappel historique en tête qu’il faut lire l’article publié cette semaine dans Marianne par le journaliste Jacques Julliard[ii]. Dans un texte au verbe outrancier, l’auteur décrète qu’un danger majeur menace la France. Cliquer ici
Collabo, M. Julliard ?
« les bienfaits de la culture française » Retour sur la lepénisation de Jacques Julliard
Un des fronts de la bagarre...
Sur Facebook, les militant·e·s antiracistes victimes de censure
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RACISME - Non content de ressusciter sa polémique sur les statistiques ethniques à l'école, le maire d'extrême droite de Béziers s'est offert un vibrant plaidoyer racialiste en faveur d'une France "blanche et catholique". Invité de la matinale de LCI ce lundi 5 septembre, Robert Ménard a redit son indignation de voir un grand nombre d'enfants de confession musulmane dans certaines écoles de sa commune. Cliquer ici
C’est au tout début des années 1970, dans le cadre d’une étude publiée par l’Institut national d’études démographiques (INED), que l’expression de « seuil de tolérance » émerge véritablement dans le discours public. Le principe est alors avancé qu’au-delà d’un certain degré de présence de la population étrangère dans la population globale, d’inévitables frictions se produisent. L’enquête d’« opinion publique » de l’INED conçoit explicitement l’immigration en termes de « problèmes » ; elle s’efforce d’emblée d’établir le « seuil » au-delà duquel cette présence deviendrait intolérable, dans une ville, dans un ensemble collectif ou dans une école. L’une des questions demande par exemple aux personnes interrogées à partir de quelle proportion d’enfants étrangers, dans une classe de trente élèves, elles changeraient leurs enfants d’établissement. Les résultats correspondent pour cette question à un taux de 10 %. Cliquer ici
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Une autre source de malentendu réside dans le fait que le même mot,
« public », est utilisé pour nommer les services de l’État – soit les
« services publics », tels les écoles, les hôpitaux, les administrations
– et les endroits qui n’appartiennent à personne, et donc appartiennent
à tout le monde, à commencer par la rue, et qui sont appelés « espace
public ». Cette dernière appellation signifie espace du « public » ;
mais on voit de plus en plus les hommes politiques, ainsi que les
médias, jouer sur ce mot, pour récupérer cette aire comme espace de
l’État. Il en est de même pour certains segments importants de la
population générale qui revendiquent maintenant que le port du foulard
soit interdit dans l’espace public. Cliquer ici

L'erreur d'une vision essentialiste de l’islamophobie française. Le peuple de
France serait congénitalement islamophobe et cela se révélerait dans des
moments de difficultés sociales ou de crises sociales et économiques.
Outre qu’elle ne peut produire que des postures d’impuissance politique
cette thèse nie le caractère politiquement produit de l’islamophobie
contemporaine. C’est par en haut que l’islamophobie contemporaine s’est
développée en France à coup de débats et de lois successives désignant
les musulmans ou les supposés tels comme problème et comme danger.
L’hystérisation du débat est le fait des médias et d’une partie
conséquente de la classe politique et non d’une brusque et soudaine
épidémie d’islamophobie. Cliquer ici

Du côté de la droite...
Cliquer ici
Le thatchérien Fillon...
« Un de mes concurrents, pour m’attaquer, a dit : “Mais il est thatchérien !” ; il s’est trompé, car cela m’a fait plaisir ! » lance pour commencer le candidat à la primaire de la droite sous les applaudissements de la salle. « On peut lui reprocher plein de choses, mais c’est elle qui a remis debout l’économie britannique, ajoute-t-il. Qu’est-ce qui restera du quinquennat de M. Hollande dans les livres d’histoire ? Rien. Thatcher, on sait. »
[…] Lorsqu’il évoque la suppression de toute durée légale de travail, comme l’une des six ou sept mesures à prendre d’urgence, la salle applaudit à tout rompre. « Alors que chez mes concurrents, il y a toujours l’idée d’un contrôle de l’État. Comme si les salariés et les chefs d’entreprise étaient incapables de se mettre d’accord ! » lance-t-il à un public comblé. La fonction publique devra repasser à 39 heures « parce que, si la fonction publique reste à 37 heures, les salariés du privé seraient naturellement tentés de s’en servir de référence ». Pas de mauvais exemple.
Le code du travail – « aujourd’hui plus de 3 000 pages » – sera ramené avec lui à 150 pages, tout le reste étant soumis à la négociation. « Pourquoi je veux des accords d’entreprise ? Parce qu’après personne ne pourra revenir dessus. Même en cas d’alternance ! » se réjouit-il d’avance.
[…] « Que feriez-vous face à M. Fernandez ou Hernandez qui bloque la France ? » insiste un participant, pas mécontent d’écorcher au passage le nom de l’épouvantail cégétiste Philippe Martinez. « C’est une bonne question car la question de la méthode est aussi importante que le projet. Mon projet, dont on dit déjà qu’il est le plus radical, est réalisable », assure Fillon.
Il reconnaît que, à l’instar de Mme Thatcher, sa potion libérale devra s’imposer à la hussarde. La Constitution de la Ve République offre, fort heureusement, quelques possibilités. « On procèdera par ordonnances, s’il le faut, dès le mois de juillet », précise le candidat Fillon, qui veut, en plus de réduire leur nombre, imposer aux parlementaires de travailler durant tout ce premier été. Pour, admet-il, « passer en force ».
Au moment d’administrer cet électrochoc au pays, la main du nouveau président ne devra pas trembler. François Fillon estime avoir l’expérience nécessaire. « J’ai eu la charge de privatiser France Télécom : 150 000 fonctionnaires arc-boutés sur leurs statuts », s’enorgueillit-il. « Cette méthode, il faut l’employer partout », estime celui qui ne semble pas embarrassé par l’évocation d’une des privatisations les plus violentes des vingt dernières années.
« Les organisations syndicales n’ont plus la force pour accomplir les blocages dont elles menacent. Personne ne peut vraiment dire que le pays était bloqué avec la loi El Khomri ! » juge celui qui pense que le gouvernement a mis bien trop longtemps à réagir. Pour lui, les syndicats en sont aujourd’hui réduits « à des actions désespérées comme le blocage des dépôts de carburant. Nous, on a envoyé la gendarmerie, cela s’est très bien passé [lors des blocages contre la réforme des retraites en 2010 – ndlr]. S’il faut le faire, on le refera ! »
Autre menace, qui fait trembler le pouvoir, « la grève par procuration : on envoie les lycéens faire la grève à leur place. Mais là, agir en juillet, août, septembre… C’est pas mal ! » s’amuse-t-il. Texte intégral à retrouver sur Mediapart (accès réservé aux abonné-es) : Fillon promet d’envoyer la gendarmerie aux récalcitrants de son choc libéral
Renaud, un naufrage politique