L'hôpital public, les gestionnaires et les suicides.


Le Centre Hospitalier Universitaire de Nîmes se
porte bien... financièrement.

Le CHU compte près de 6000 salariés répartis sur trois sites (Carémeau, Serre Cavalier et le Grau-du-Roi). Il affiche un bilan financier particulièrement bon.
Bon alors... Tout va bien !
Selon les critères qui veulent faire de l'hopital une entreprise destinée à devenir florissante (enfin, rentable, quoi...), bien sûr !
Certes, on constate une augmentation des arrêts maladies de longue durée liées aux risques psychosociaux, burn-outs, dépressions...
Certes, on a pu compter chez les salariés l'an passé 2 tentatives de suicide à domicile et un suicide au CHU.
Mais quand on est un bon gestionnaire, on sait qu'on ne fait pas d'omelette financière sans casser des œufs. Même si ces œufs sont des humains, salarié-es ou patient-es.
On peut même le faire avec la bonne conscience cynique de de ceux pour qui seule compte la rentabilité :
"La direction, lors d’une conférence de presse, s’enorgueillissait de l’augmentation des cancers (+14%) dans le Gard, parce que ça allait nous permettre de faire de l’activité dans le nouveau bâtiment de l’ICG… Pour un soignant c’est choquant, pour un gestionnaire c’est satisfaisant" selon la CGT.
Sans compter que la logique gestionnaire peut aboutir à des absurdités quasi surréalistes : "réveiller un patient qui dort pour lui donner des pilules... pour dormir !".À Nîmes, le travail de destruction du service public hospitalier a démarré en 2006 avec une exigence de "retour à l'équilibre" qui s'est concrétisée en 2009 par un "Plan de Retour à l'Équilibre". Avec des conséquences particulièrement destructrices : la direction se targue de 800 embauches depuis 2009, mais ce chiffre est en réalité de 422. Et comme il y a eu 871 départs en retraite depuis, le solde est largement négatif. Et pendant ce temps, l'activité a augmenté de 5 à 10 % chaque année et même davantage dans certains services.
Citons encore la CGT : "Les objectifs à atteindre sont de l’ordre de la rentabilité, des chiffres, les actes sont désormais sources d’apports financiers, c’est ainsi avec la tarification de l’activité. Il faut produire de l’activité pour avoir les budgets."
Voila une conception de la Santé particulièrement éloignée des besoins de la population, non ?
Une logique tout simplement -et bêtement- capitaliste, donc inhumaine.
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Mais rassurons-nous ! Nîmes n'a pas l'exclusivité dans ce domaine :



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