samedi 17 septembre 2016

Montpellier. Manifestation syndicale en demi-teinte...



Un gros cortège de l'AG Populaire Nuit Debout-Comité d'action rejoints par Solidaires
Correspondance NPA 34

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La manifestation qui s'est tenue à Montpellier ce jeudi 15 septembre a regroupé 1500 personnes selon l'intersyndicale (CGT largement majoritaire, faibles cortèges de FO et de la FSU, un cortège Solidaires scindé entre une partie restée dans la manif syndicale et l'autre dans celui de Nuit Debout, voir ci-dessous). Un bon chiffre pour une reprise qui aurait laissé grand ouvert le champ des possibles pour reconstruire la dynamique de mobilisation d'avant l'été. Le conditionnel est de mise car chacun-e sent bien qu'en cette rentrée, les confédérations en lutte et, peu ou prou, la plupart des directions syndicales départementales, par-delà les paroles fortes contre la Loi Medef et sur fond d'une rivalité, mise momentanément en sourdine, pour les élections professionnelles à venir, s'adaptent à l'existant de la démobilisation naturelle du moment et, en quelque sorte l'accentuent, en renvoyant désormais au tous ensemble... chacun-e dans sa boîte, contre l'application des décrets par saisine des instances judiciaires appropriées. Il n'y aura probablement plus d'appel à manifester nationalement. Mais il n'est pas dit que les équipes syndicales les plus combatives se satisferont de cette réorientation de leurs directions.


Tout cela a pesé pour que la manifestation du jour à Montpellier s'apparente, quoique dise le secrétaire départemental de la FSU, à un baroud d'honneur nécessairement rassurant pour un gouvernement toujours à la recherche d'un nouveau souffle politique. Heureusement le cortège, particulièrement dynamique et offensif, avec une forte présence de jeunes (lycéen-nes et étudiants-es), des 400 manifestant-es environ de l'AG Populaire Nuit Debout, du Comité d'action et de Solidaires, a renoué vigoureusement avec l'idée de la lutte pour le rejet, désormais l'abrogation, de  la loi scélérate mais aussi contre la répression, particulièrement les exactions policières et en faveur d'un autre monde rejetant précarité, chômage, inégalités sociales, marchandisation des rapports humains, etc. 

De façon paradoxale, l'intersyndicale avait donné son feu vert pour que ce cortège des radicalités antisystème passe en tête de manifestation, paradoxe redoublé par la distance que le SO de la CGT a mis entre les deux groupes de manifestant-es mais aussi, contradictoirement, par la possibilité reconduite que l'AG Populaire Nuit Debout prenne la parole à la fin de la manifestation, après les discours syndicaux. Intervention qui a suscité les applaudissements en particulier quand, suite à l'appel à continuer de se battre contre la Loi "Travail", fut rappelé que le mouvement social avait tout à perdre, comme cela s'était vérifié avec le mouvement des retraites de 2010 et la présidentielle de 2012, à céder aux manoeuvres électoralistes qui se mettent en place en cette nouvelle période de présidentielles. Comme le rappelait l'une des banderoles nuitdeboutistes, "Ce n'est pas de président mais de société qu'il faut changer" ! 

C'est parce que l'inadmissible pour les partisans de l'ordre et de la soumission des gens  était, ce jour, du côté de ce pôle mobilisé, que la police a renoué violemment avec sa fonction politique de neutralisation des opposant-es les plus déterminé-es afin d'instiller dans l'esprit de tous/toutes que la liberté de manifester est sous une permanente épée de Damoclès s'abattant de manière régulière selon le bon vouloir, via le Préfet, des maîtres de la société. En retenue devant le caractère massif de ce cortège, la BAC et les CRS ont organisé, après la manifestation, des arrestations violentes de personnes isolées que l'intervention des participant-es à l'AG de lutte, réuni-es, à proximité, devant le TGI pour soutenir la camarade Cassandre qui y avait été convoquée ce même jour, n' a pas pu empêcher.

Au sortir de cette journée de manifestation, le défi est grand pour l'AG Populaire Nuit Debout de Montpellier qui a, à nouveau fait la démonstration de sa capacité à polariser assez massivement autour d'elle, un jour de manif, en particulier dans la jeunesse. Il lui reste à mener les débats nécessaires pour que, dans la nouvelle conjoncture de mise en retrait des directions syndicales, par repli sur les lieux de travail, le mouvement des places vérifie qu'il a (ou n'a pas) les moyens de faire fructifier les acquis de la mobilisation pré-estivale et la confiance qu'il s'est gagnée auprès de nombre de gens. 
 

La tenue ce samedi de l'hebdomadaire AG Populaire à laquelle ont été convié-es les manifestant-es devrait permettre de commencer à voir clair sur les possibilités que recèle, malgré ce qui a été évoqué plus haut, la nouvelle séquence sociale et politique pour un mouvement comme Nuit Debout.  Avec les jeunes, les précaires, qui souvent ne font qu'un, mais aussi avec les syndicalistes de lutte et bien d'autres.

Les seuls combats perdus sont ceux qui ne sont pas ou plus menés !

Correspondant (texte et photos) NPA 34

 Le cortège de l'AG Populaire Nuit Debout-Comité d'action-Solidaires

 

 
 
 

 
 

 

 

 La BAC en repérage-provoc le long de la manif


Le cortège fait un détour pour retrouver le terminus de la manif syndicale...


 



L'intervention de l'AG Pop ND au micro de l'intersyndicale


 Cassandre au micro devant le tribunal où elle doit comparaître pour agression sur 3 (!) CRS avec ... un ballon rempli de peinture lancé contre la CCI de Montpellier !


Violences policières dans les jardins du Peyrou


 Cliquer ici

Le choc des images : l'agression policière

 A droite celle qui a donné l'ordre de charger. Cliquer ici

Rassemblement devant le commissariat pour soutenir les 4 camarades arrêté-es


Avec blocage de la circulation


Dernière minute : ce vendredi soir, les quatre camarades arrêté-es ont été libéré-es, après  plus de 20 heures de garde à vue. Certain-es sont placé-es sous contrôle judiciaire; ils/elles sont convoqué-es au tribunal, en novembre ou mars selon les cas, pour, dans le désordre (!), dégradation de mobilier urbain, rébellion, violences envers agents, résistance à l'interpellation, dissimulation de visage... La commission Anti-Rép de l'AG Populaire Nuit Debout prend en charge le suivi de leur dossier.

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Nîmes : La matinée a commencé avec un barrage filtrant (une trentaine de personnes) à l'entrée d'une ZI. L'après-midi, manif de 800 personnes, avec les principales sections syndicales du coin avec un cortège FO très très réduit, Nuit Debout, une poignée de lycéen-nes. Point PCF, table NPA : diff tract hebdo, vente journal et distribution d'autocollants. L’accueil a été bon. 

Alès : 300 personnes dans la manif. Blocage d'un lycée par l'AG d'Alès tôt le matin. Tête à tête avec les CRS qui a fini avec une interpellation. 

Perpignan : 500 à Perpignan. Mieux que le dernier rassemblement anti loi travail. Ambiance plutôt combative. Grosse présence de la CGT. Peu de secteurs en grève (10% chez les cheminots selon la CGT).
Nous avons distribué notre tract (300) et le tract unitaire de l'"Observatoire en défense des droits et libertés démocratiques" annonçant un meeting fin septembre avec notamment les Goodyear et probablement notre camarade Fadela.
Présence du pcf faisant signer son questionnaire et d'un petit cortège "France insoumise" où une Marseillaise a tenté d'être lancée… sans grand succès.
Narbonne : 200 personnes à Narbonne (11) ce soir, en majorité de la CGT. Des prises de paroles de la CGT, de la FSU, de FO, de Nuit Debout Narbonne et d'une animatrice périscolaire pour annoncer la grève dans ce secteur lundi 19.

Toulouse : Entre 2500 et 5000. Plus gros que le 4 juillet mais plus petit que les dernières manifs de juin. Latécoère en tête en raison des 300 suppressions de postes sur 900 salariés. Ensuite les équipes militantes. La CGT représentait deux tiers de la manif = CGT. FSU invisible, Solidaires et FO autour de 250 chacun.
Forte décrue du pôle Nuit Debout/Intermittents/étudiants/Y'a pas d'arrangement (autour d'une centaine contre un millier avant les vacances). Une 40aine d'autonomes qui partent en manif sauvage à la fin : 6 arrestations.
Au niveau politique, gros cortège du PCF/JC. Bonne apparition du NPA, 600 tracts distribués. Petit cortège du PG. 
Le soir, Nuit Debout Place du Capitole. Cliquer ici

La mobilisation vue par Mediapart (extraits)

 « Continuons le début. » Le slogan répété pendant les quatre mois du printemps par les manifestants contre la loi sur le travail est toujours valable en ce mois de septembre. Certes, les chiffres des manifestants – 15 000 environ à Paris, et près de 80 000 en France, selon la police – sont en hausse par rapport à la dernière manifestation de juillet, mais restent bien faibles au regard de certaines autres. Il n’en demeure pas moins que la rue n’a pas été désertée jeudi, comme le pronostiquaient déjà certains observateurs. Et que l'ambiance dans le cortège parisien, du moins à sa tête, était tout aussi déterminée que lors des précédents défilés. […]

La manifestation parisienne, qui s’est à la fois tendue et réveillée en milieu d’après-midi, n’a cependant pas fait le plein. Environ 15 000 personnes ont participé au défilé syndical, dont environ 4 000 manifestants dans le « cortège de tête ». 

[…] À Toulouse, environ 4 000 personnes ont défilé, avec trois interpellations en marge de la manifestation et 1 000 personnes ont fait de même à Montpellier. À Belfort, confronté à la fermeture du site historique d’Alstom, le défilé a bien sûr fait le plein, avec plus de 2 000 personnes dans les rues. Nantes et Rennes ont avoisiné les 4 000 manifestants, même si plusieurs personnes ont reçu préalablement des interdictions de manifester, notamment des syndicalistes de Sud (lire ici ce que nous avions écrit au printemps sur le sujet). À Rouen et à Grenoble, grosse mobilisation, environ 3 000 personnes dans chacune des villes. Une permanence du Parti socialiste a été de nouveau prise pour cible à Rouen. Plus surprenant, Le Havre s'est relativement peu mobilisé, alors même que deux dockers CGT ont été interpellés récemment, soulevant une forte indignation syndicale. Chambéry devait compter, mais elle a finalement plutôt fortement manifesté la veille, en soutien à l’inspectrice du travail Laura Pfeiffer, dont le procès en appel contre Tefal s’est ouvert mercredi.

Au total, des manifestations ou des rassemblements ont eu lieu dans 120 villes ou villages de France. « Il y a un vrai décalage entre ce que l’on peut vivre à Paris, et ailleurs en France, où se mènent des combats unitaires locaux très forts, avec FO aussi, étonnamment, dans les boîtes mais pas seulement, remarque Cécile Gondart-Lalanne, l’une des deux porte-parole du syndicat Solidaires, présente dans le cortège parisien. La période est passionnante, cela faisait longtemps qu’on n’avait pas eu un tel débordement des organisations syndicales ouvrières que sont les syndicats… Une dynamique autonome s’est en quelque sorte créée et ça va être compliqué de gérer ça si les appels nationaux cessent demain. » (Les opposants à la loi sur le travail redonnent de la voix, article complet accessible aux seul-es abonné-es).



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Communiqué Solidaires et SUD Santé Sociaux alors qu'un camarade de SUD Santé Sociaux a perdu l'usage de son œil.



 « À 9h15 du matin, ils sont venus sonner chez nous. Tina était censée dormir chez sa copine Myriam. On s’est dit qu’elles avaient fait des conneries d’ado et qu’elles étaient en garde-à-vue. » Dans un café adossé à la butte de la Croix-Rousse, Faren, 22 ans, raconte l’histoire de sa grande sœur Tina, tuée à 17 ans par la police. « Ils nous ont fait attendre plus d’une heure au commissariat », se souvient-elle. Une policière finit par recevoir la famille de Tina dans son bureau, et leur lâche, sans état d’âme : « Votre fille est morte. On doit vous auditionner. » Cliquer ici

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