Caroline Fourest traque les déviants à ses oukases islamophobes...


 Problème : Baubérot ou Liogier ne se laissent pas impressionner par ses amalgames et contre-vérités et contre-attaquent...

 
Le fondateur de la sociologie de la laïcité, qui vient de publier un “Petit Manuel pour une laïcité apaisée”, est violemment pris à partie par Caroline Fourest dans son livre. Il lui répond.



Historien et sociologue, Jean Baubérot a été le premier titulaire de la chaire «Histoire et sociologie de la laïcité» à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes, dont il est Président d’honneur. Il est l’auteur d’une œuvre immense et a raconté son itinéraire dans «Une si vive révolte» (L’Atelier, 2014). Il vient de publier un «Petit manuel pour une laïcité apaisée» avec le Cercle des enseignants laïques, aux éditions La Découverte. 

L’Obs. Dans son livre, Caroline Fourest fait de vous le parangon de la «laïcité ouverte» de type anglo-saxon. Que lui répondez-vous ? 

Jean Baubérot. Caroline Fourest émet des oukases contre ceux qui ne sont pas d’accord avec elle. Elle entretient un rapport quasi-religieux à la laïcité, dont elle s’érige grande prêtresse. Sa manière de disqualifier, c’est du Trump qui se veut de gauche. Elle me colle l’étiquette «laïcité ouverte», or dans mon ouvrage «les Sept laïcités françaises», je critique ce type de laïcité, au même titre que la laïcité identitaire. J’y écris que la laïcité ouverte se préoccupe surtout de la liberté religieuse aux dépends de la liberté de conscience et de l’égalité entre citoyens. Comme apologie, on peut faire mieux ! 

Mais on pourrait aussi se demander pourquoi la laïcité serait le seul terme qui ne pourrait souffrir aucun adjectif. Il faut qualifier les diverses visions de la laïcité pour pouvoir décrypter les conflits entre laïques. Or, Caroline Fourest raconte, de seconde ou troisième main, une histoire tronquée qui minimise ces conflits. Elle voudrait ainsi livrer une lecture «républicaine» de l’histoire de la laïcité, versus l’histoire «démocrate». Pourtant, elle est obligée de montrer implicitement que c’est la tendance «démocrate» qui l’a emporté. Cliquer ici

Valls fait diversion sur la Loi Travail en ressortant le "problème du voile" (sic), Caroline Fourest lui donne un coup de main...

Le chercheur Raphaël LIOGIER n’en revient pas. Caroline FOUREST l’a carrément démoli en direct dans la séquence de l’émission C À VOUS, interviewée par Patrick COHEN (France 5, 06 avril 2016). 

Sauf que LIOGIER n’était pas invité sur le plateau ! Caroline a pu sans risque taper à bras raccourcis sur cet affreux partisan du port du voile islamique, ce « complice » de nos ennemis dans « la bataille culturelle que nous sommes en train de perdre » et autres amabilités. 

Oui, vous avez bien lu, le voile, revoilà le voile ! 

C’est Manuel VALLS qui l’a ressorti pas plus tard que ce lundi 04 avril. Alors que toute la place de la République vibre de la NUIT DEBOUT qui est en train de gagner le pays, au coin même de la place, discrètement, au théâtre Déjazet, lors d’un colloque sur l’islamisme et le populisme en Europe, Manuel VALLS ressortait l’épouvantail du voile, « asservissement de la femme », et contre lequel « il faut agir ». Alors que la jeunesse est dans la rue, alors que la révolte sociale gronde un peu partout, le Premier ministre tente de faire diversion. « Bien sûr, il y a l’économie et le chômage, mais l’essentiel, c’est la bataille culturelle et identitaire. » Au moins c’est clair.

Incapable de faire face au chômage, à la précarité, aux inégalités, tout comme à l’évasion fiscale des grosses fortunes, Valls tente de dissimuler la bombe sociale sous le voile et les vieux amalgames chers au FN et aux partisans de la « guerre des civilisations ».

En cela il peut compter sur le fidèle soutien de Caroline FOUREST. Si Laurent RUQUIER a décidé de ne plus jamais l’inviter dans son émission suite à de trop gros mensonges, Caroline est toujours présente dans les médias quand il s’agit de protéger la France du péril islamiste.

Tout comme la philosophe Elisabeth BADINTER qui appelle au boycott des marques faisant dans la « mode islamique ». Malheureusement, on apprenait au même moment qu’Élisabeth BADINTER, 47ème fortune française, est la principale actionnaire de PUBLICIS qui assure avec zèle la communication de… l’Arabie Saoudite ! Cliquer ici

 A lire aussi

Lier féminisme et islam n’est pas sans faire question : souvent, les féminismes occidentaux redoutent l’intrusion du religieux — patriarcal et régressif — et les espaces musulmans craignent le chantage néocolonial à l’émancipation des femmes. Sociologue et auteure, en 2012, de l’essai Féminismes islamiques, Zahra Ali s’empare de cet « oxymore » pour en exposer ce qu’elle nomme les « a priori » réciproques. Celle qui milita contre l’exclusion des élèves portant le foulard appelle à contextualiser, historiciser et rejeter les essentialismes : condition nécessaire à la création d’un féminisme international et pluriel. 

« On me nie le droit de me revendiquer en tant que féministe », avez-vous déclaré un jour, lorsque vous portiez le foulard. Qui sont donc les juges et les distributeurs de licences en conformité ? 

Zahra Ali – Bonne question. Dire que l’on parle depuis la marge ne veut certainement pas dire que l’on érige celles et ceux qui sont au centre en modèles normatifs. Mais c’est faire reconnaître que celles et ceux qui ont le monopole et la légitimité de se définir comme féministe, progressiste et égalitariste le font dans l’exclusion d’autres formes d’émancipation — et, de ce fait, ne sont pas aussi féministes et égalitariste qu’ils le prétendent. Le féminisme blanc, bourgeois, dominant est porteur, en France, d’une vision normative de l’appartenance au collectif : c’est celui qui nie les expressions alternatives de la lutte contre le patriarcat et pour l’égalité. Un discours et des pratiques de « féministes » qui n’appliquent leur conception de l’égalité qu’à une catégorie de femmes : celles qui assimilent émancipation à occidentalisation et sécularisation. Cliquer ici