La logique totalitaire mais aussi fascisante du "nos ancêtres les Gaulois"...


Un débat sur l'identité nationale ? C'est non (ok Mélenchon?) !

« Dès que l’on devient français, nos ancêtres sont gaulois », a déclaré Nicolas Sarkozy, suscitant un déluge de protestations : nos ancêtres sont bien plus nombreux et divers que « les Gaulois » lui a-t-on fait savoir de partout. Ces protestations sont insuffisantes. Ce sont les termes mêmes du débat qu’il faut dénoncer.

« Nos ancêtres, les Gaulois » : la construction de ce mythe de l’histoire de France a déjà été étudiée. Il est contemporain d’une République qui s’impose sur la base d’un récit glorieux, qui vise à effacer l’humiliation de la défaite face à la Prusse en 1870, et annonce la conquête coloniale célébrée par les Républicains. En tant que mythe, il repose sur la sélection de faits, la célébration de dates, la vénération de héros – tout ce qui favorise les déclarations du type de celles qu’on a entendues dans la bouche de Nicolas Sarkozy, dénoncées par plusieurs historiens comme autant de « contre-vérités ». La construction de ces mythes est bel et bien une « invention ».

Pourtant se limiter à corriger des erreurs historiques sur la base d’un savoir universitaire est une réplique bien faible face à cette déclaration odieuse. Odieuse par ses présupposés assimilationnistes, et donc racistes, car outre s’inventer de nouveaux parents, cette injonction implique celle d’oublier ses parents et ses grand parents, de les rayer de sa mémoire, de faire table rase d’une culture décrétée indésirable.  Cliquer ici

Une histoire bien "française" !

 « Parmi les sujets assimilables, on rangera les Arabes et les Berbères. Véritables Blancs, leur mélange avec les Français n’offre aucun danger. C’est donc les Jaunes et les Noirs qui devront être déclarés racialement inassimilables, leur intrusion dans le peuple français risquant d’en modifier la composition. »

La gauche au pouvoir n’étant pas parvenue à résoudre la crise, certains de ses plus éminents représentants finissent par se rallier aux positions de la droite national-sécuritaire. A la fin de l’année 1938, Edouard Daladier, dirigeant du Parti radical, qui avait été l’un des principaux artisans du rassemblement des forces du Front populaire (dont il a été lui-même ministre), promulgue des ­décrets-lois qui légalisent l’internement des « indésirables étrangers » dans des camps. Cliquer ici

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Im-migrants


Les conseillers en communication de François Hollande lui avaient dit qu’il avait l’air trop mou, qu’il fallait qu’il ait l’air ferme. À quoi tient la destruction d’un bidonville de la taille d’une petite ville et l’éloignement forcé de ses dix mille habitant-e-s. 

Alors comme il faut le faire, que ça a déjà été fait, que ça se répète depuis la fermeture du Centre de Sangatte en 2002, alors on refait la même chose en prétendant que cette fois ça ne sera pas pareil, ça sera mieux. Cliquer ici

 

Pourquoi nous appelle-t-on réfugiés si on nous laisse exposés aux intempéries
 

 500 000 hommes et femmes ont déjà trouvé la mort en Syrie depuis le début de la révolte contre le dictateur Assad. A 80 ans de distance, c’est la même lâcheté qui s’est mise en place avec des arguments souvent similaires : « capacité d’accueil », « risque de tension sociale », « risque d’arrivée d’espions et de criminels ». Empêcher les Syriens de quitter leur pays, c’est bien les vouer à la mort et à la misère, en Syrie ou en cherchant à fuir la Syrie malgré ce blocus.
C’est bien cette question qui se joue en ce moment à Calais. Cliquer ici 

A Montpellier 

Bienvenue à tou-te-s les migrant-e-s 
Ne laissons pas la rue à l'extrême-droite ! 

Au cours des dernières années, la mer Méditerranée est devenue un véritable cimetière. Des milliers de personnes y ont péri et davantage périront encore en tentant de rejoindre l'Europe pour fuir la guerre, la misère, la répression. Les réponses des États européens sont dominées par une approche sécuritaire, répressive et stigmatisant les migrant-e-s. Les politiques guerrières et sécuritaires menées par l’Union Européenne et l’État français ont conduit à cette catastrophe annoncée.

En transformant la violence de l'exil en crime et en désignant les migrants-e-s comme boucs émissaires, ces discours et mesures racistes profitent à l'extrême-droite qui diffuse largement ses idées et appels à la haine contre les immigré-e-s.

Après avoir déjà manifesté à deux reprises, les 22 et 25 septembre, devant le Centre d’accueil de demandeurs d’asiles qui vient d’ouvrir à Montpellier, l’extrême-droite appelle de nouveau à manifester ce samedi 8 octobre en centre-ville contre les migrant-e-s.

Soyons nombreux-ses à nous rassembler 
samedi 8 octobre, à 14h devant la Préfecture
 (place des Martyrs de la Résistance) pour affirmer notre solidarité avec les migrants et ne pas laisser la rue à l’extrême-droite !

Parce qu'aucun être humain n'est illégal, nous revendiquons : 
la régularisation de tout-es les sans-papiers,
l’ouverture des frontières et la liberté de circulation et d'installation 
pour toutes et tous, 
aucune distinction entre réfugié-e-s et migrant-e-s, 
l'abolition des lois criminalisant les migrant-e-s.
 
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Islamophobie, ce racisme porté par la "laïcité républicaniste" et son jumeau extrême droitier ...

 Ce texte, écrit au mois d'août, est paru dans le numéro de septembre de la revue Savoir/Agir. Il se veut à la fois complément et réponse à des articles sur le même sujet parus dans la revue. Il prend le parti de celles et ceux qui pensent que non seulement l'islamophobie existe mais qu'elle est une forme de racisme à combattre résolument, sans l'opposer à aucune autre. Cliquer ici


Un cas exemplaire d'islamophobie médiatique

Depuis mercredi soir, une séquence vidéo circule ici et là sur les réseaux sociaux, montrant Bernard de la Villardière face à des jeunes de Sevran (Seine-Saint-Denis), pendant le tournage d’un documentaire sur l’islam - le premier épisode d’un nouveau concept intitulé Dossier tabou et diffusé mercredi sur M6. Le ton monte. Cliquer ici

 La riposte !

Avant même d’avoir vu le « Dossier Tabou », titré « L’islam en France : la République en échec », on se doutait que ça allait faire mal. Cette nouvelle émission de M6 était diffusée ce mercredi 28 septembre.

Quand elle a été annoncée, Widad Ketfi et Sihame Assbague ont décidé de s’organiser. Pas question de laisser ce pauvre Bernard de La Villardière parler d’islam et de républicanisme tranquille. Cliquer ici


Le NPA à la plage cet été ! Et les pavés étaient bien dessus !
 

 C’est un chiffre qui fait couler beaucoup d’encre. L’étude sur les musulmans de France de l’IFOP pour l’Institut Montaigne, publiée dans le Journal du Dimanche, a dévoilé quantité d’informations sur les profils des musulmans français. Deux tiers d’entre eux pensent que la laïcité permet de vivre librement sa religion, un tiers ne se rend jamais à la mosquée, 85 % des femmes acceptent de se faire soigner par un médecin de sexe opposé… Mais c’est un chiffre et un seul qui a fait réagir les politiques : 28 % de ces musulmans ont adopté un système de valeurs clairement opposé à celles de la République. Dont une moitié de jeunes. Une donnée à prendre avec des pincettes. Cliquer ici

« Arrêtons de faire dire aux musulmans ce qu’ils ne pensent pas »

LE MONDE | 27.09.2016

Par Patrick Simon, socio-démographe et directeur de recherche à l’Institut national d’études démographiques (INED).

L’Institut Montaigne a publié le 18 septembre un rapport intitulé de manière volontariste « Un islam français est possible ». Il propose une lecture critique de la connaissance et de l’organisation de l’islam en France et émet une série de propositions pour les réformer. Mais avant de développer ce qui fait l’essentiel de son propos, le rapport livre les résultats d’une enquête réalisée par l’IFOP sur un échantillon de 1 029 personnes se déclarant musulmanes ou « de culture musulmane », c’est à-dire ayant au moins un parent musulman mais ne se considérant plus comme tel.

Les résultats de cette enquête ont reçu une importante couverture médiatique, en particulier la typologie en trois groupes de la population enquêtée classant les individus « des plus modérés aux plus autoritaires ». Selon cette typologie, 46 % des personnes musulmanes ou de culture musulmane sont « totalement sécularisées ou en voie d’intégration dans le système de valeur de la France contemporaine », 25 % développent une forte identité religieuse mais « acceptent la laïcité » et 28 % « réunissent des musulmans qui ont adopté un système de valeurs clairement opposé aux valeurs de la République ». Ce dernier groupe, qualifié de musulmans « rigoristes », est présenté comme en rupture avec la société. Cette conclusion spectaculaire n’a pas manqué de susciter les commentaires politiques alarmistes sur les dérives des musulmans en France et de faire fleurir les raccourcis de « rigoristes » à « djihadistes ».
Il est évident que ces commentaires tirent le rapport un peu loin de son propos véritable, mais ils sont malgré tout rendus possibles par les interprétations tendancieuses de l’analyse de l’enquête par ses auteurs, ainsi que par la formulation équivoque des questions posées. Je voudrais revenir en détail sur le contenu de cette enquête, car s’il est bienvenu de donner la parole aux musulmans dans un sondage d’opinion, il ne faut pas leur faire dire n’importe quoi. L’enquête réalisée par l’IFOP est présentée comme une grande première, car il fallait, nous dit-on, combler les « carences de la statistique publique dès lors qu’il s’agit de religion ».

L’affirmation est fausse, car si le recensement ne pose pas de question sur la religion, celle-ci est enregistrée dans plusieurs enquêtes de la statistique publique. Elle l’a été en particulier dans l’enquête « Trajectoires et origines », réalisée par l’INED et l’Insee en 2008, où 5 700 musulmans ont répondu au questionnaire. 

Formulation ambiguë 

Plusieurs publications ont fourni des chiffres de référence, représentatifs de l’ensemble de la population en France métropolitaine. Cela n’empêche évidemment pas de refaire des enquêtes sur les pratiques religieuses en France, et en particulier sur les opinions et pratiques sociales des musulmans, mais inutile d’en rajouter sur l’originalité. Pour identifier les personnes musulmanes, l’IFOP a exploité un panel de 15 459 personnes où la question de la religion est posée pour tirer un échantillon de 874 musulmans et 155 personnes « de culture musulmane ». La justification de la présence de ces 155 non-musulmans, mais venant de familles musulmanes, n’est pas très claire. La plupart des résultats sont calculés en les prenant en considération alors même que par définition leur rapport à la religion est plus que distant : ils se sont dits athées. En revanche, il n’y avait pas de groupe de comparaison de personnes n’ayant pas de rapport à l’islam pour identifier le « système de valeur de la population majoritaire », auquel s’opposeraient certains musulmans (28 % selon la typologie).

Mais voyons quelles sont les questions qui déterminent la rupture avec les normes communes et les valeurs de la République. Le questionnaire n’est pas fourni avec le rapport, et les annexes méthodologiques sont pauvres. Contrairement à ce qui est annoncé, il n’est pas possible de retrouver comment les typologies ont été construites, ni de reproduire les résultats pour en vérifier la solidité. C’est embêtant, car il est répété à plusieurs reprises que c’est un travail scientifique à la méthodologie irréprochable et rien ne le prouve. 

Questions à la signification incertaine 

Les questions qui sont évoquées se montrent très hétérogènes. Leur formulation ambiguë conduit à différentes interprétations. Ainsi, on demande : « En France, la laïcité permet-elle de pratiquer librement sa religion ? » et si l’on répond non ou plutôt non, les auteurs avancent que l’on « conteste la laïcité ». Pourtant, on peut considérer que, dans ses expressions actuelles, la laïcité contraint la pratique religieuse, ce qui est un fait objectif, sans être nécessairement contre la laïcité. De même, les personnes classées comme « rigoristes » disent que « l’on devrait pouvoir exprimer sa foi au travail », ils sont « personnellement favorables à ce qu’une femme porte le voile – le hijab » et ils disent que la « loi religieuse est plus importante que la loi de la République ». Ils pensent peut-être également qu’une femme devrait porter le voile, mais ce n’est pas ce qu’on leur demande. De même, ils sont peut-être convaincus qu’il est indispensable d’exprimer sa foi au travail (et ailleurs), mais ce n’est pas ce que l’enquête leur a suggéré. Enfin, qu’ont-ils voulu dire en considérant que la loi religieuse est plus importante que la loi de la République ? Que le spirituel est plus important que le temporel ? Les auteurs eux-mêmes se demandent ce qu’il faut en penser, car s’ils utilisent les réponses à cette question comme marqueur principal du rigorisme religieux, ils admettent que cela ne veut pas dire que les « rigoristes » ne respectent pas la loi de la République.

Enfin vient une question très étrange sur la polygamie, alors même que celle-ci n’est réellement pratiquée que dans certains pays d’Afrique subsaharienne et n’a jamais été évoquée dans les débats autour de l’islam en France. Qu’ont voulu dire les 25 % de personnes qui s’interrogent sur l’interdiction de la polygamie en France ? Cela fait beaucoup de questions à la signification incertaine pour pouvoir construire un ensemble d’attitudes cohérentes et convertibles en typologie. 

Les pratiques et les expériences 

On comprend un peu mieux le problème quand on s’aperçoit que les attitudes des musulmans déclarés et des personnes de « culture musulmane » (mais qui ont dit qu’elles n’avaient pas de religion) sont finalement étrangement proches : si 30 % des musulmans sont dans le groupe des « rigoristes », c’est le cas de 21 % des non-musulmans. C’est-à-dire que des personnes sans religion adhèrent à des attitudes présentées comme le signe d’une forme de radicalisme religieux. Imaginons ce qui se serait produit si ces questions avaient été posées à l’ensemble de la population française.

Un dernier exemple montre le biais d’interprétation du rapport. Plusieurs questions abordent des attitudes relatives à la mixité entre les sexes, notamment le fait d’accepter de se faire soigner par un médecin d’un autre sexe que le sien, de serrer la main à une personne de l’autre sexe ou de lui faire la bise. Les musulmans font étonnamment preuve d’une absence de sélection sexuée : plus de 90 % acceptent de se faire soigner par une personne de l’autre sexe et 88 % à lui serrer la main. Le rapport relève néanmoins que 30 % ne font pas la bise. Mais en quoi cette attitude est-elle spécifique aux musulmans ? Sait-on seulement combien de non-musulmans n’ont pas envie de faire la bise à l’école, au travail et plus généralement dans la vie sociale ? 

Pseudo-groupe de « rigoristes » 

Enfin, il est très probable qu’il y ait pas mal de non-musulmans qui préfèrent ne pas se faire soigner par un médecin d’un autre sexe, et pas nécessairement pour des raisons religieuses. Il y a d’autres enseignements bien plus intéressants dans cette enquête, mais le maniement des questions d’opinion pour construire des ensembles d’attitudes et de représentations du monde est un exercice délicat.

Cibler un pseudo-groupe de « rigoristes » sur la base de questions non significatives est scientifiquement infondé et peu responsable dans le contexte de tension actuel. Cette méthode construit artificiellement l’altérité des musulmans en inventant un refus des normes communes, alors que c’est plutôt de la pluralité des normes en France qu’il faudrait parler. Et si certains musulmans se reconnaissent dans des valeurs autoritaires et conservatrices, également partagées par des non-musulmans, faut-il en conclure qu’ils ne sont pas intégrés ? Plutôt que de faire dire aux musulmans ce qu’ils ne pensent pas, attachons-nous à restituer les pratiques et les expériences. Elles sont moins sujettes à interprétations. 

Patrick Simon est un socio-démographe français et directeur de recherche à l’Institut national d’études démographiques (INED). Il a notamment codirigé, avec Cris Beauchemin et Christelle Hamel, « Trajectoires et origines. Enquête sur la diversité des populations en France », INED, 2016. 

L'entrevue sur le site du Monde (accès réservé aux abonné-es)



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La manoeuvre de Marine Le Pen sur la... compatibilité de l'islam avec la République...

N’étant pas à un grand écart près, Marine Le Pen a déclaré « un » islam « compatible » avec la République… à condition qu’il soit « laïcisé par les Lumières comme les autres religions ». Les médias ont retenu le terme « compatible », ce qui est bien sûr, le but de l’opération. Et bien sûr encore, ces propos sont complètement en trompe d’œil : ils signifient, en clair, que, contrairement aux autres religions, l’islam ne doit pas jouir des libertés contenues dans la loi de séparation des Eglises et de l’Etat. Car cette loi n’a pas imposé de condition dogmatique (mais le respect d’un ordre public démocratique, dans une égalité de traitement, ce qui est complètement différent) au « libre exercice des cultes » (et non seulement « du culte », malgré la confusion souvent faite : les « cultes » étant, depuis la Constitution de 1791  et le XIXe siècle, un terme désignant juridiquement les différentes religions), cela y compris dans l’espace public. Cliquer ici

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Et Mélenchon, que fait-il dans cette galère ? 

[Pour Mélenchon] le débat lancé par Nicolas Sarkozy, n’est « pas nul ». Pour celui qui se veut le candidat de la gauche de la gauche (même s’il estime aujourd’hui que le clivage gauche/droite n’est pas le plus pertinent), la question « identitaire » est pertinente – plus que la lutte contre le chômage, contre la casse des droits sociaux, ou encore contre les discriminations. C’est affligeant. Son seul désaccord avec Nicolas Sarkozy porte sur ses ancêtres à lui, qui sont ceux de 1789 : une référence historique là encore érigée en un moment univoque et indépassable, qui nous fait oublier, par exemple, que 1789 signe d’une main républicaine l’exclusion des femmes de la vie politique.

A ce sujet, il est instructif d’écouter Mélenchon jusqu’au bout : « Je préfère des gens qui savent ce qu’ils veulent, ils posent leurs idées sur la table ». Dans l’indulgence curieuse de Mélenchon pour Sarkozy, il y a aussi cet amour pour une virilité couillue. Car à l’évidence il ne s’agit pas seulement, étalées sur la table, de simples « idées ». 

Voilà le débat politique qu’on nous promet : un concours de virilité, l’obsession pour « nos » morts, bref un ferme rappel pour nous, enfants égarés et sans repères, à l’obéissance et au respect que nous devons à nos papas, d’hier et d’aujourd’hui. Tout un programme… d’extrême droite. Cliquer ici

 Des militant-es d'Ensemble refusent de suivre Mélenchon dans sa dérive

L'évocation par Jean-Luc Mélenchon du « travailleur détaché qui vole son pain aux travailleurs qui se trouvent sur place » était passée relativement inaperçue à cause du choc du Jeudi 14 Juillet 2016. Mais cette phrase reprend les thématiques de l’extrême droite et Jean-Luc Mélenchon l’a ensuite confirmée au Monde puis justifié dans un post de facebook. Il affirme que « l’expression était appropriée » tout en expliquant que le principe de « responsabilité personnelle » justifie pleinement cette phrase.

Ensemble a envoyé une lettre non-publique à Jean Luc Mélenchon et à la France Insoumise qui n’a, à ce jour, reçu aucune réponse. Nous pouvons donc considérer que Jean Luc Mélenchon ne voit aucun problème à utiliser publiquement dans le cadre de sa campagne une phrase à connotation raciste.

Dès le mois de mai 2016, il avait affirmé qu'Angela Merkel avait eu tort d'accueillir quelques centaines de milliers de réfugiés et il avait précisé que, à sa place, il ne l'aurait pas fait. Mais une ligne rouge a été franchie cet été par Jean Luc Mélenchon. Et ce n’est pas un simple dérapage ou même un dérapage de plus. Ce franchissement, décisif par rapport à nos principes politiques élémentaires, le refus de toute concession au racisme, s’inscrit dans une stratégie politique qu'il élabore depuis maintenant plusieurs années dans la perspective des élections présidentielles de 2017 et que l’on pourrait expliciter par ces quelques thèmes, France Insoumise, indépendantisme français, refus de l’Europe allemande, lien direct avec le peuple et défense des droits sociaux. Un profil politique qu'on peut qualifier, faute de mieux, de national populiste dans lequel des désaccords, qui existaient déjà en 2012 et depuis, prennent une place inédite et grandissante, pour devenir des thèmes majeurs de la campagne.

Un profil politique qui voit aussi certains désaccords anciens s’approfondir sous l’effet de sa dynamique propre.

Ainsi du positionnement de Jean Luc Mélenchon sur la question des politiques migratoires qui devient de plus en plus problématique. Insister sur son opposition de toujours au droit d'installation des migrants revêt une gravité particulière à l'heure où des milliers de ces migrants meurent en Méditerranée parce que ce droit leur est contesté.

Ainsi de la réaction de Jean Luc Mélenchon sur les arrêtés discriminatoires islamophobes pris dans certaines communes littorales de France durant cet été où, dans la continuité de sa position catastrophique sur la loi sur la burqa en 2010, il commence d’abord par soutenir que le fait pour des femmes voilées d'aller à la plage constitue une provocation politique avant de critiquer les arrêtés dont le seul tort serait finalement de tomber dans le panneau en cédant à la provocation.

Tout ceci fait donc système et nous oblige à appréhender la campagne de Jean Luc Mélenchon et du mouvement de la France Insoumise de manière différente aujourd'hui.

Pour une simple question de principe, nous refusons de soutenir de quelque manière que ce soit un candidat qui utilise des expressions à connotation raciste et qui persiste et signe dans cette utilisation.   

[…] La nécessité de rompre avec les traités de l’Union Européenne doit absolument être accompagnée par celle de refonder une Europe démocratique, solidaire et écologique. Ce qui invalide immédiatement et totalement le thème de « l’indépendantisme français » [adopté par Jean-Luc Mélenchon], lequel est par ailleurs un obstacle majeur à toute dénonciation du caractère impérialiste et belliciste de la France à l'échelle mondiale.

Il ne s'agit pas pour nous de renoncer à nous adresser à l'électorat populaire du Front National qu'il faut effectivement arracher à l'extrême-droite et gagner à une véritable alternative à gauche. Mais ce n'est possible qu'à une seule condition, sur des bases extrêmement claires et sans concession aucune au racisme. Ainsi, le combat contre les thématiques d’extrême droite ne peut pas se faire en reprenant des thématiques ou des expressions de l’extrême droite elle-même, accepter la simple possibilité de « quotas » migratoires, parler de « travailleurs qui volent le pain », ne pas tout simplement prendre la défense de femmes discriminées parce que musulmanes, tout ceci ne peut qu’accentuer la confusion généralisée, la construction et le renforcement des préjugés racistes et la crise de la gauche de transformation et son échec actuel dans le combat pour l’hégémonie.

Rappelons ici que sur la question de la nation, la vision nationaliste de Jean Luc Mélenchon est à la racine de ses prises de position réitérées depuis plusieurs années, que ce soit autrefois sur le Tibet ou la Françafrique, et plus récemment sur la Corse ou sur l'Ukraine, sans oublier, plus grave encore peut-être, sa complaisance avec la Russie de Vladimir Poutine ou avec la Syrie de Bachar al Assad. Ce ne sont pas, pour nous, des questions secondaires, particulièrement dans une campagne pour des élections présidentielles.

On pourrait objecter à cela que ce n'est pas nouveau. Certes, mais dans la campagne présidentielle de 2012, ce tropisme nationaliste était resté contenu, précisément parce que Jean Luc Mélenchon était le candidat du FDG.

Et c'est bien pour laisser libre cours à ce nationalisme allant depuis le début du mois de juillet 2016 jusqu'aux propos à connotation raciste qu'il a sciemment décidé de s'affranchir du FDG. Cliquer ici


 Vu du côté du NPA

Mélenchon se réjouit de la prise de position de Clémentine Autain, porte-parole d’Ensemble, pour qui « il n’y a pas d’autre solution que Mélenchon » comme il s’est réjoui de l’appel à soutenir sa candidature « Faisons Front commun » de quelques militantEs, dirigeantEs du PCF et d’Ensemble, d’intellectuelEs, publié le 7 septembre. « Il n’y a pas de troisième voie sérieuse entre le PS et Mélenchon », affirme Éric Coquerel. Probablement et c’est d’ailleurs ce que disent souvent celles et ceux qui cherchent dans les élections à venir un moyen d’exprimer leur écœurement du gouvernement Hollande-Valls. Mais il serait illusoire de croire que Mélenchon, qui se situe en permanence sur le plan électoral et sur le terrain du nationalisme relooké en « protectionnisme solidaire », remédierait aux injustices qu’il dénonce ou mettrait un coup d’arrêt à l’offensive des classes possédantes contre les droits sociaux et démocratiques des travailleurs. Cliquer ici

Le candidat de la « France Insoumise », Jean-Luc Mélenchon, vient encore une fois de créer la polémique. Il faut dire que c'est un habitué du genre. 

En effet, ce dernier, au parlement européen, a prononcé une phrase malheureuse : « Je crois que l’Europe qui a été construite, c’est une Europe de la violence sociale, comme nous le voyons dans chaque pays chaque fois qu’arrive un travailleur détaché, qui vole son pain aux travailleurs qui se trouvent sur place. ». Du côté de ses soutiens, ça rétro-pédale, en nous expliquant que l'ancien Tribun du Front de gauche veut simplement dénoncer l'Europe du Dumping social et de la mise en concurrence des travailleurs entre eux. Sauf que les mots ont un sens. Et, non, les travailleurs, détachés ou non, ne volent rien. Ils travaillent, sont exploités, sont volés par leurs patrons. C'est bien à une mise en concurrence des travailleurs que fait référence Mélenchon. Il faudrait donc que chacun ait du travail chez soi, et ainsi les brebis seront bien gardées. Cliquer ici

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Rokhaya Diallo, féministe noire  dans le viseur islamophobe de Charlie...

Le positionnement de Rokhaya Diallo ... que Charlie n'aide pas à connaître : "Pour Rokhaya Diallo, militante et co-auteure du récent livre sur le mouvement nappy Afro ! (éditions Les Arènes), “le féminisme repose sur un principe absolu : chaque femme doit pouvoir disposer librement de son corps.” Et d’ajouter : “Je ne m’autoriserai jamais à dire à une femme quelle tenue elle doit porter pour être digne de considération. Qui oserait dire à Malala Yousafzai ou à Tawakkol Kerman, toutes deux Prix Nobel de la Paix, qu’elles sont moins féministes qu’Elisabeth Badinter ?” (Elles portent toutes deux le voile). “Le symbole de l’émancipation des femmes c’est le choix ! Le seul critère qui doit nous permettre de la mesurer, c’est la faculté de chaque femme de se couvrir ou de se dévêtir sans que cela la prive des outils de son émancipation (éducation, travail, biens…)” martèle-t-elle. En d’autres termes, si l’on défend les selfies topless de Kim Kardashian et les body échancrés de Miley Cyrus, de quel droit reprocherait-on à une femme de dissimuler ses cheveux sous un voile, ou son corps sous un burkini ?" Cliquer ici


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 Ce féminisme qui faisait des femmes les sujets de leur libération !

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