Montpellier. De riches 4 heures anticapitalistes avec Philippe Poutou...


 ... et des participant-es à la mobilisation sociale et à la solidarité internationale ! 

La semaine de Philippe Poutou : 4 heures anticapitalistes à Montpellier

Près d'une centaine de personnes se sont retrouvées, avec la présence en particulier de syndicalistes gardois de Haribo, d'abord à échanger dans deux ateliers qui se sont tenus en même temps. Dans celui consacré aux luttes récentes réunissant une trentaine de participant-es, des syndicalistes de Sanofi Montpellier et de la SNCF Nîmes et Montpellier ont souligné la difficulté qui, malgré le développement du mouvement social, s'est fait jour dans leurs entreprises : la dynamique générale à l'oeuvre contre la loi El Khomri a entraîné des actions importantes du monde du travail mais sans jamais parvenir à coordonner des passages à la grève massifs, durables et ainsi en capacité d'inquiéter le patronat et le gouvernement. Le rôle des syndicats a logiquement été analysé et discuté. Sévères, certain-es ont déploré que précisément les confédérations aient contribué à désactiver le nécessaire passage au tous ensemble à travers la mise en place de départs en grèves sectoriellement étalés dans le temps. Dans le même sens, les appels à manifs, seuls moments favorables à se retrouver tous ensemble, n'incitaient pas, de par leur agenda en pointillé, à renforcer la mobilisation dans les lieux de travail. D'autres, sans nier que les stratégies confédérales n'étaient pas à la hauteur de la situation, soulignaient cependant qu'à divers niveaux, des équipes syndicales combatives ont bousculé l'ordonnancement des choses prévu par en haut.

Le fait est que, sous cette pression comme aussi de par le rôle actif joué au début par les organisations de jeunesse, l'intersyndicale nationale est sortie du cadre mortifère du "syndicalisme rassemblé" avec une CFDT jouant d'emblée la carte gouvernementale et patronale. Ladite intersyndicale a ainsi porté, ce qu'elle n'avait jamais fait dans les luttes contre les réformes des retraites, le retrait du projet de loi ! Toutes choses qui ont permis que se déploient des actions radicales avec souvent des convergences avec les diverses Nuit Debout. On le voit, il y a matière à réfléchir et à débattre dans la perspective de relancer la mobilisation en travaillant à lever les obstacles à son élargissement et à sa capacité à construire un mouvement de grève coordonné et durable. 

Des camarades libertaires avec lesquel-les nous avons mené sur Montpellier, en proximité politique, la lutte contre la loi travail et son monde, sont intervenu-es en insistant sur les acquis de l'auto-organisation qui s'est affirmée à cette occasion. Acquis à faire fructifier dans la période à venir. Ils ont exprimé leurs divergences sur toute participation électorale qui, selon eux/elles, détourne de la construction du mouvement social comme porteur de ses propres réponses politiques et expose à des risques de scissions du côté de ceux et celles qui, à un moment donné, croient que les luttes sociales doivent déléguer la levée des obstacles rencontrés à l'un ou l'autre des politiciens candidats aux fonctions électives comme la présidence de la République ! La séquence 2010 (mobilisation des retraites)-2012 (candidatures de Hollande et de Mélenchon) a donné une idée de l'échec de cette stratégie. Philippe Poutou a fraternellement répondu à ces camarades que, pour ce qui est de sa candidature à la prochaine présidentielle, elle ne faisait aucune concession à l'illusion que les élections soient la voie royale vers la rupture avec le système : il s'agit "seulement" d'instrumentaliser la période électorale afin d'y défendre tout ce que la mobilisation contre la loi travail et son monde a mis en branle comme processus, certes inégaux, d'auto-organisation radicale et de rupture avec le système, y compris pour ce qui touche à la représentation politique. Une camarade a rappelé la nécessité que soit intégrée à la réflexion sur la récente mobilisation le fait qu'elle a fait lien, on l'a vu avec la ZAD de Las Rébès ici, avec la lutte contre le monde dont la loi "travail" est l'emblème, n'est que l'emblème ! On le voit si le combat continue, le débat aussi... Il fallait passer au meeting proprement dit.

35 personnes environ ont assisté à l'atelier internationaliste: "leurs luttes sont les nôtres, Palestine/Kurdistan".

Après une rapide présentation des enjeux sur le terrain en Palestine et au Kurdistan, un échange riche a eu lieu avec les participant-es. Echange axé  essentiellement autour de la question du Kurdistan et de l'expérience du Rojava. Il y a eu un dialogue fructueux entre camarades kurdes et palestiniens.

Au cours de cet atelier l'accent a été mis sur la nécessité impérieuse d'intensifier notre solidarité politique avec les résistances palestinienne et kurde, soit par le biais de BDS en ce qui concerne la Palestine, soit par le biais de structures a créer pour le Kurdistan. Structures de soutien qui existent déjà dans certaines régions comme Toulouse, mais ici et ailleurs, à nous de les imaginer, de les structurer en  collaboration avec les camarades kurdes.


La deuxième partie de la soirée a été ouverte par un exposé très dense fait par Alain Ottan, du pool des avocats à pied d'oeuvre pour organiser avec la Commission Antirépression de l'AG Populaire Nuit Debout de Montpellier, la défense des personnes traduites devant les tribunaux pour leur participation aux mobilisations. Le diagnostic a été posé de façon percutante : l'état d'urgence met en danger les droits démocratiques en convergence avec une loi "travail" qui, contribuant à coup de 49.3 à cette défaite de la démocratie, porte le fer contre d'autres droits : les droits sociaux. Il y a de l'état policier dans l'air et cela ouvre un front spécifique de lutte à adosser à la lutte sociale. 


Cette intervention a été suivie de celle d'une camarade de la Commission Antirépression faisant un point précis sur la situation des personnes mises en examen et des actions de défense et soutien engagées. Quant à notre camarade Cassandre, poursuivie pour avoir mis en danger 6 CRS ... par le jet d'un ballon rempli de peinture devant la CCI, lors de la première manifestation à Montpellier, elle a précisé les conditions de sa détention et son refus d'en passer par une reconnaissance de culpabilité qui lui aurait assuré une condamnation a minima. Son choix a été fait de revendiquer la portée politique d'un acte que la logique policière et pénale voudrait, à défaut d'un repentir, transformer en délit sévèrement punissable !

 

Philippe Poutou a pris ensuite la parole pour exposer les grandes lignes de l'analyse que fait le NPA de la mobilisation contre la loi "travail" : a été soulignée l'importance des liens qui se sont tissés entre les différents secteurs s'étant impliqués dans la lutte. Malgré l'échec du moment à bloquer la loi scélérate, il y a l'espoir que cet acquis trouve sa pleine traduction par une relance à un niveau plus fort de ce qui a été fait. Il faut, pour cela, que, comme cela est apparu dans l'atelier sur les mobilisations, le débat s'approfondisse, s'élargisse et parvienne à dégager des perspectives. Une insistance particulière aura été donnée par Philippe à la place qu'occupe la répression policière et pénale dans la mise en place des mesures les plus antipopulaires que l'on ait connues depuis des années, pourtant prolixes en agressions. 

Il y a là un front de résistance à construire avec en point de mire le soutien à la mobilisation de Notre Dame des Landes menacée d'une violente intervention policière imminente. Symptomatiques aussi de la paradoxale affirmation d'un libéralisme liberticide, le sort, le plus ignoble qui soit, réservé par l'Etat aux migrant-es et l'accentuation du positionnement islamophobe du gouvernement décrivent une dérive à droite et même à l'extrême droite du champ politique : dérive qui risque de produire des effets sur un corps social tétanisé par les agressions qu'il subit mais qui pourrait trouver un exutoire à sa colère du côté des boucs émissaires qu'on lui signale en profitant de l'émotion provoquée par les actes terroristes. Le NPA, l'atelier consacré à la Palestine et à la résistance kurde en a témoigné, reste solidaire des peuples en butte aux guerres auxquelles, au demeurant, le gouvernement français prend largement sa part, alimentant ainsi l'horrible mécanique terroriste qui s'est mise en marche à plusieurs reprises sur l'hexagone. 

La soirée s'est conclue par quelques échanges avec la salle et le rappel qu'une façon de porter ce que le NPA défend est de l'aider à collecter les signatures d'élu-es que l'injuste code électoral impose pour obtenir la validation de la candidature de Philippe à la prochaine présidentielle. Etant entendu que nous mènerons avec lui, comme nous l'avons déjà fait, une campagne électorale antiélectoraliste ! Une mention spéciale enfin pour le climat de convivialité qui, autour de délicieuses préparations proposées par les militant-es et sympathisant-es, aura permis de mener de riches discussions informelles entre les présent-es.


Nos camarades dessinateurs à l'oeuvre. Merci à eux !

 

 

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