dimanche 16 octobre 2016

Montpellier. Marche des fiertés réussie...


 ...on continue comment ?
 A lire ci-dessous  Nos revendications ne sont pas solubles dans l'électoralisme "socialiste"...


La Gay Pride a rassemblé, samedi 15 octobre en ville, près de 10 000 personnes. Entre émotion et revendication. 

Marquée par des hommages aux attentats d'Orlando et de Nice, la Gay Pride de Montpellier a rassemblé samedi près de 10 000 personnes (3 000 selon la Police, 15 000 selon les organisateurs), dont 200 représentants des Pride de la planète, invités dans le cadre du Congrès Mondial qui se tient jusqu'à ce dimanche. Une Marche des Fiertés qui a également revêtu un aspect revendicatif, à quelques mois de l'élection présidentielle, et à la veille d'une nouvelle Manif pour Tous, qui se tient ce dimanche à Paris. Cliquer ici

Cette année, la forme de cette marche est différente. Les organisateurs l’ont souhaité volontairement très militante, pour un retour aux origines de son mouvement. Il n’y a qu’un seul char d’ouverture en début de cortège.

« C’est un moment historique aujourd’hui ! Pour la 1ère fois depuis la naissance des Marches des Fiertés et Prides, l'ensemble des Présidents-es des Fiertés/Prides du monde entier sont réunis pour marcher main dans la main à Montpellier » se réjouit Vincent Autin, président de Fierté Montpellier Pride. Cliquer ici
 

 Nos revendications ne sont pas solubles dans l'électoralisme "socialiste"...

 

La Marche des Fiertés d'hier samedi à Montpellier aura été un succès et n'aura pas trop pâti (1) du report qu'avait provoqué l'attentat de Nice en juillet dernier. Succès par le nombre mais aussi par la présence de délégués des Lesbian & Gay Pride du monde entier qui ont tenu leur congrès dans la ville.

Succès également par la coloration militante, plus marquée que ces dernières années à travers, par exemple, ces nombreux poings levés pendant la minute de silence pour les victimes de la tuerie d'Orlando. Toutes choses qui faisaient d'autant plus ressortir l'incongruité de la présence de quelques politiciens du Parti Socialiste, dont leur grand chef en personne, Christophe Cambadélis, et, pathétique butte témoin des phénomènes de satellisation politique réalisée par ce parti, Robert Hue, en son temps secrétaire national d'un PCF abonné à la gauche plurielle de triste mémoire, se survivant aujourd'hui aux marges de la rue de Solférino. 

On aura, au demeurant noté, l'embarras, au micro, de Vincent Autin-Boileau, président de Fierté Montpellier Pride, lors de la présentation des personnalités. Cambadélis ici, en personne, ... "présence surprise"... Alors que...  Tout est resté en suspens, en points de suspension, à cet instant du rassemblement (2). Allons, dans ces lignes, jusqu'au bout : ...alors que le gouvernement qu'il soutient a renié, sinon trahi, comme sur d'autres plans, des revendications essentielles des LGBTI comme celle de légaliser la PMA ! 

Rappelons-nous : "Il y a trois ans, nous sommes ­descendus massivement dans les rues pour revendiquer le droit de pouvoir choisir de se marier ou non. Après des mois de tergiversation politique, le gouvernement n’a eu d’autre choix que d’accorder le droit au mariage aux couples de même sexe. Mais c’est un mariage au rabais que le gouvernement nous a accordé : 11 nationalités en sont encore privées, les couples homosexuels mariés sont encore obligés d’adopter leurs propres enfants, aucune filiation ne peut être établie en dehors du mariage pour les enfants des couples homosexuels.

Cambadélis, Le Dain, Bourgi, Delafosse, Dombre-Coste à la manoeuvre récupératrice...


De plus, la PMA (Procréation Médicalement Assistée) pour toutes et le changement d’état civil pour les personnes trans, revendications essentielles du mouvement LGBTI, ont été sacrifiés par le gouvernement, soucieux de ménager les réactionnaires de la Manif pour tous, dans une situation politique déjà instable. Nous attendons toujours l’avis du Comité d’éthique sur la PMA, reporté d’année en année. Aucun véritable moyen n’a été mis en place pour lutter contre les LGBTIphobies, qui continuent de faire des ravages dans toutes les sphères de la vie (à l’école, au travail), ou encore pour la santé des LGBTI (VIH/sida, etc.)."


Comprenons bien, dans ce contexte, ce que signifie cette mobilisation, dans le carré de tête du défilé d'hier, de membres éminents de l'appareil local du PS (Bourgi, Le Dain, Delafosse, Dombre-Coste...), entourant de près Christophe Cambadélis : "Malgré cette situation déplorable [faite aux LGBTI], à un an de l’élection présidentielle, le gouvernement entend utiliser le mariage pour touTEs comme argument central de sa campagne électorale et redorer ainsi son image quelque peu ternie par la contestation qui ne cesse d’enfler contre sa politique (loi travail, migrantEs, état d’urgence). Pire, il fait de la PMA une promesse de campagne pour l’après-2017." 

Eh oui, la présence gouvernementale dans un défilé montpelliérain pourtant plus militant que d'ordinaire, doit nous servir d'avertissement : l'électoralisme est un parasite brouillant nos démarches revendicatives. Que ce soit pour ce qui concerne la scélérate Loi "Travail", nous touchant tous/toutes, que l'on soit hétéros ou LGBTI,  promulguée à coups de 49.3, ou ce qui touche spécifiquement les LGBTI, nous ne gagnons rien à être instrumentalisé-es par ceux et celles qui font notre malheur. 


"Le gouvernement nous a prouvé par la pratique qu’il ne fallait rien attendre de lui. Pour gagner de réelles avancées, il nous faut reprendre en main nos luttes, retourner dans la rue, imposer nos revendications. Et c’est possible, d’autant plus qu’on voit bien en ce moment, avec le mouvement contre la loi travail, que le gouvernement est fragilisé. Mais ce qu’on voit surtout, c’est que pour gagner des choses, il faut instaurer un rapport de forces élevé, dans la rue. Le mouvement LGBTI ne peut se contenter d’être attentiste." Il nous faut décidément recréer du rapport de force, repasser à l'offensive contre ce gouvernement que les Cambadélis, Le Dain, Bourgi, etc. soutiennent contre nous et qui, par ailleurs, fait le lit de la droite et l'extrême droite. Comme le montre le regain d'action qu'est en train d'engager, ce même jour, dimanche, 16 octobre, la Manif pour Tous, que la concession faite sur la PMA, a transformée en bélier tentant de percuter toute avancée vers l'égalité des droits ! 

Nous tenons à saluer spécialement ceux et celles qui ont porté avec beaucoup de dynamisme et d'inventivité insolente, sous la banderole du Pink Bloc, beaucoup des revendications qu'en tant qu'anticapitaliste, le NPA défend.

Correspondance (texte et photos) NPA 34

(1) Les estimations quant aux participant-es oscillent entre 3000 et 15 000 !

(2) Nous n'avons pas pu entendre les discours de fin de défilé. Vincent Autin-Boileau aura-t-il rappelé, comme à d'autres occasions, tout ce que ce gouvernement traîne, malgré le Mariage pour tous/toutes, comme déficit sur le terrain des droits des LGBTI ? La citation relevée dans la presse "Rien n'est jamais gagné. Nos acquis peuvent disparaître demain. C'est pour cela que nous devons aller encore plus loin dans notre combat" aura-t-elle quitté le terrain du sous-entendu politique ou ménagé le gouvernement et le PS ? Aura-t-elle permis de relativiser et même neutraliser la tentative de récupération politicienne, relayée parfois par la presse, que nous avons évoquée dans les lignes précédentes ?

Les citations entre guillemets sont tirées de LGBTI : Contre les trahisons du gouvernement, reprenons le combat !