Montpellier solidaire et alternatif sur le mode jour et nuit...


 Contre les menaces que les fascistes font peser sur les migrant-es de la ville...

Petit récit du Karnaj’val montpelliérain du 08/10

 
 
L'affrontement tant redouté n'a pas eu lieu. Ce samedi 8 octobre à Montpellier, l'important dispositif policier mis en place par la préfecture a tenu à distance les deux rassemblements prévus dans l'après-midi : celui à l'appel de la Ligue du midi et de mouvements d'extrême droite contre un soi disant "coup d'état migratoire", et celui lancé en riposte par des associations de défense des droits de l'Homme et des partis de gauche pour afficher la solidarité avec les migrants et les réfugiés.

A quelques centaines de mètres les uns des autres, ils ont fait résonner des slogans diamétralement opposés. Sous les fenêtres de la préfecture, ce sont les militants de gauche, de tous horizons, qui ont ouvert le bal en criant "Bienvenue à tous les migrants" et en rappelant la tradition mais aussi le devoir d'accueil de la France. Fustigeant l'inertie du gouvernement français et des autorités européennes face au drame humain qui se joue actuellement de l'autre côté de la Méditerranée, les manifestants (entre 300 et 500) ont mis en garde contre la montée des discours raciste et xénophobes. "Transformer la violence de l'exil en crime et en désigner les migrants comme bouc-émissaires, profite à l'extrême droite qui diffuse largement ses idées et appels à la haine contre les immigrés." Cliquer ici

L'accueil de migrants provoque des remous à Montpellier. Deux rassemblements pro et anti migrants ont eu lieu cet après-midi et sans  incident. Les heurts redoutés ont pu être largement évités grâce à une forte présence policière. 
Le premier rassemblement anti migrants, à l'initiative de la Ligue du Midi, s’est tenu sur la place royale du Peyrou. La centaine d’identitaires ont dénoncés "la multiplication de coups d’Etat ou de coups de force migratoires qui, comme à Calais, portent cruellement préjudice aux populations locales".
Le second qui regroupait Nuit Debout, ATTAC, le NPA, le Parti de Gauche, la Coordination des Groupes Anarchistes ou encore Sud Education 34 a rassemblé environ 500 personnes devant la préfecture et rue Foch. Les manifestants souhaitaient ainsi montrer "la solidarité des citoyens envers les réfugiés, migrants et demandeurs d'asile" mais également à ne pas "laisser la rue à l'extrême droite et à ses discours racistes". Cliquer ici


Le communiqué du NPA34 lu à ce rassemblement
 Bienvenue aux migrant-e-s et ne laissons pas la rue a l'extrême droite.


Alors que la tragédie en Méditerranée se poursuit, on y dénombre plus de 3000 morts cette année, plus de 10 000 selon l' OIM (Office International de la Migration) depuis 2014. 

Alors que l'Europe connaît une vague de migrations sans précédent depuis la dernière Guerre Mondiale, les réponses du gouvernement et du PS, jusqu'à Mélenchon, emboîtent le pas de la droite et de l'extrême droite dans un repli nationaliste et xénophobe. Le cirque autour du burkini cet été en a été une triste illustration.



Il faut savoir que quand la France reçoit 5000 Syriens, la Suède en accueille dix fois plus, l’Allemagne 300 fois plus. Le problème en France est le recul de la solidarité élémentaire entre les êtres humains ramenée au niveau zéro par les positions réactionnaires, racistes et islamophobes que véhiculent désormais les dirigeants du PS avec autant de force que ceux de droite… Le Front national n’a plus qu’à se taire, tant sa politique est appliquée avec zèle par ceux qui prétendent la combattre.
Nous devons nous rappeler qu'en 1978, en quelques mois, la France avait accueilli sans problème près de 130 000 réfugiés vietnamiens, cambodgiens et laotiens, fuyant leur pays. Le gouvernement avait pu même, à l’époque, soutenir l’affrètement d’un bateau de Médecins sans Frontières pour aller directement chercher les « boat people » qui dérivaient en Mer de Chine.

Il s'agit donc bien de choix politiques
 
Alors qu'ils se gargarisent tous de la « défense de la République » de quoi parlent-ils ?

Alors qu'ils s'appliquent à détruire tous les acquis du mouvement social, les droits des travailleurs et travailleuses, les droits des plus démunis, qu'ils s'acharnent à détruire les solidarités et de tout ce qui peut faire lien entre les habitants quelles que soient leur origine, de quoi parlent-ils, lorsqu'il nous bassinent des « valeurs de leur République » ? Celle-ci n'est plus qu'un outil au service des possédants, un outil étriqué et crispé dans un repli identitaire :« notre civilisation », « nos traditions » de « vrais Français de souche» et c'est Robert Ménard qui donne le ton : La France est blanche et catholique ! L’armée, la police, l’Eglise deviennent les derniers étendards de ce lambeau de République !

Ils ne parlent certainement pas d'une République sociale et démocratique. Alors cette République, nous la leur laissons …. et même jusqu'à la 6ème .

Nous, militant-e-s internationalistes, ne voulons pas finir étouffé-e-s par l'air vicié des marais nauséabonds vers lesquels ils nous entraînent.
Alors oui, il va falloir de l’air ! De l'air ! Ouvrir les portes et les fenêtres et les frontières ! Ressouder toutes les solidarités et s’unir contre ceux qui veulent nous diviser et détourner les travailleurs et travailleuses avec ou sans emploi, de leurs vrais ennemis, de ceux qui construisent un ennemi intérieur islamiste qui, au bout du compte, devient toute la population "arabe", c’est-à-dire une partie de nous tous.
 
Refusons les pièges réactionnaires et battons-nous ensemble pour l'arrêt des interventions militaires impérialistes de la France, l’ouverture des frontières, l’accueil des migrants, la liberté de circulation et d’installation, pour des emplois et des logements pour toutes et tous.
Alors de l'air, de l'air, ouvrons les frontières

 Bref reportage photo (correspondance NPA 34)

Cliquer sur la première photo pour dérouler le diaporama


 


Et le soir ce fut carnaval alternatif...

Plus de 300 personnes, majoritairement jeunes, ont défilé, tous déguisements dehors, en déclinant vigoureusement les slogans de la récente mobilisation contre une loi "travail" décriée comme signifiant une double faillite politique : la destruction du droit du travail et l'instauration d'une démocratie du 49.3 ne respectant même plus les apparences de la légitimité élective. Le tout sur fond d'un état d'urgence dont il s'est révélé que, loin d'être une arme contre un terrorisme, au demeurant abject et criminel, il est l'arsenal de la violence physique et psychologique complémentaire des autres dispositifs antidémocratiques évoqués ci-dessus

Simples manifestant-es, spécialement jeunes, qui plus est s'ils/elles sont basané-es, syndicalistes revendiquant la défense de leurs droits ...la panoplie est longue des cibles du pouvoir en place... Ce carnaval s'est voulu réponse politique de refus de ces abus et agressions. Une mention spéciale était faite dans le cortège à la menace d'intervention policière qui plane sur les défenseurs de la ZAD de Notre Dame des Landes... Sans oublier ce que le défilé du jour a montré comme riposte aux menaces des fachos à l'encontre des migrant-es de la ville. 

  Montpellier jour et nuit, en manif classique ou carnavalesque, s'essaye à réinjecter de la solidarité avec les dominé-es contre la logique systémique d'en rajouter dans la domination...Un bilan devra être fait cependant, en AG Populaire Nuit Debout, entre autres, de l'ensemble de ces mobilisations pour en cerner ce qu'elles ont permis de faire avancer mais aussi les insuffisances, voire les erreurs, à éviter à l'avenir. Pour que vive l'esprit de révolte dans sa capacité à mobiliser le plus largement possible, plus largement qu'il n'a fait et ne fait...

Correspondance NPA 34
 

 






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NPA 34, NPA