Meurtre au nord de Montpellier... Midi Libre s'émeut des dérapages racistes et complotistes des internautes...


Raté...le meurtrier n'est pas un islamiste !

Alors que le meurtrier de l'employée d'une maison de retraite de Montferrier-sur-Lez était encore en cavale, ce jeudi 24 novembre, fausses informations, attaques gratuites et propos racistes ont déferlé sur les réseaux sociaux. 
Jeudi 24 novembre au soir, un homme armé et cagoulé pénètre dans une maison de retraite pour moines de Montferrier-sur-Lez, au nord de Montpellier, et tue une employée de l'établissement de plusieurs coups de couteau. Dans un contexte compliqué et en plein état d'urgence, le spectre d'un nouvel attentat est dans toutes les têtes. 

Au terme de 20 h de traque, un homme de 47 ans, ancien militaire, est finalement interpellé. 20 h de traque... bien trop long au goût de certains internautes qui semblaient, ce jeudi soir, bien mieux informés que les plus fins limiers des forces de l'ordre. Attaques sans fondements, idées reçues, racisme, retour sur un déferlement de violence gratuite. Cliquer ici

  
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Question : n'est-il pas insuffisant de mettre en cause le racisme, plus particulièrement sous sa modalité islamophobe (1), des internautes sans interroger le rôle que jouent certains médias (pas nécessairement Midi Libre) dans l'émergence et le développement de ce phénomène ? ...


« Cet islam sans gêne ». La semaine dernière, la « une » du Point a beaucoup fait parler d’elle, suscitant critiques, témoignages de soutien et nombreuses parodies. Mais trop rares sont celles et ceux qui ont fait remarquer que la couverture du Point était tout simplement, force est de le reconnaître, dans l’air du temps. En effet, le magazine dirigé par Franz-Olivier Giesbert n’en est pas à son coup d’essai, pas plus qu’il n’est le premier à espérer qu’une « une » inquiétante, démagogique et racoleuse sur l’islam augmenterait ses ventes. La compétition dure malheureusement depuis plusieurs années, comme le montre ce montage, qui offre un panorama (non exhaustif) de l’engouement orientaliste de la presse magazine (pour zoomer, cliquer sur l’image).

... Par où cette presse papier "d'information" contribue à cet air du temps raciste dont profite une fachosphère qui, par là, rétroalimente ladite presse ! 

 
Extrait (nous soulignons en gras)

Les données accumulées depuis juin permettent de formuler plusieurs observations suivantes :
-       Le classement des sites socio-politiques met en évidence la très bonne audience relative des sites d’extrême droite comme Égalité et réconciliation, Fdesouche et autres Salon Beige.
-       Ces sites d’extrême droite sont plus fréquentés que ceux des institutions politiques type Assemblée nationale ou Présidence de la République qui apparaissent entre les rangs 2 000 et 10 000).
-       Le classement des sites des partis politiques ayant une audience électorale est dominé et de loin par le Front national. Seul le site d’En Marche réalise une audience proche, mais ce mouvement doit encore faire la preuve de son implantation électorale.
-       Les données concernant les sites des personnalités politiques sont d’une extrême sensibilité à l’actualité. Le classement des sites des personnalités (candidats à des primaires ou aux présidentielles), d’abord dominé par le site de Marine Le Pen, l’est depuis fin août, par celui de Jean-Luc Mélenchon, suivi depuis quelques semaines par le site d’Alain Juppé. On note également que les sites de certaines personnalités comme Jean-François Copé ou Aranud Montebourg ont des audiences faibles ou médiocres.
-       Les sites de la CFDT et de la CGT arrivent en tête du classement des organisations de salariés et d’employeurs, assez loin devant les autres organisations aussi bien syndicales que patronales. Ces sites sont également beaucoup plus fréquentés que ceux des partis politiques.
-       Le classement de sites médias est dominé par les médias classiques, si l’on excepte Wikipedia (que nous avons choisi d’intégrer parmi les médias) qui est le site d’« information » le mieux classé. Il faut cependant noter le bon classement de deux médias russes, et le relatif bon classement de sites d’information d’extrême droite (souvent complotistes).
Les données de fréquentation des sites politiques ne peuvent pas se lire comme des intentions de votes. Elles expriment néanmoins dans leur classement comme dans leurs variations que l’on peut suivre quotidiennement l’évolution du climat politique. Elles révèlent (ou documentent) également des faits relativement méconnus comme l’audience conséquente de sites d’extrême droite, ou le succès ou l’échec de certains sites de personnalités. Cliquer ici

Le problème à la racine du ... "problème"


La falsification de la « nouvelle laïcité » 

Comme A. Hajjat et M. Mohammed le soutiennent après d’autres1, la respectabilité dont l’islamophobie est parée doit alors beaucoup à la mobilisation dans le débat du principe de laïcité, faisant directement écho aux différentes manières de penser et diagnostiquer le « problème musulman ». La laïcité devient ainsi l’objet d’une intense lutte symbolique, où chacun essaye d’imposer sa définition, et où il devient clair que les enjeux latents d’une telle lutte sont bien la présence visible de personnes musulmanes en France. 

Cette mobilisation de la laïcité dans le débat public est récente. Si l’on en croit Christine Delphy, elle date précisément du débat autour de la loi de 2004 sur « le foulard à l’école ». Pour A. Hajjat et M. Mohammed, à ce moment-là elle coïncide parfaitement avec l’imposition, en 2003, d’une nouvelle définition du mot au sein du Haut Conseil à l’Intégration (HCI), qui influencera durablement l’ensemble du débat public. Cette « nouvelle laïcité » vient alors se poser en opposition à la loi de 1905, malgré toutes les références que ses défenseurs font à celle-ci. 

En effet, alors que la loi de 1905 garantit « le libre exercice des cultes » dans l’espace public de la République, et que le HCI avait jusqu’alors considéré qu’elle garantissait de ce fait l’expression religieuse des élèves dans l’enceinte de l’école publique, la « nouvelle laïcité » entend au contraire la restreindre. Alors que se multiplient les discours ayant pour but de « prouver » la menace musulmane, la laïcité devient l’instrument de choix pour contrer cette menace. 

On assiste à partir de là à une véritable lutte laïque orchestrée au plus haut sommet de l’Etat, qui vise à instaurer une discipline laïque sur les corps musulmans, qui sont les seules cibles de la bataille laïque qui se transforme peu à peu, comme le montrent les auteurs, en un « processus de discrimination légale par capillarité » : des signes religieux « ostentatoires » à l’école, on passe au port de la burqa dans l’espace public, puis à la demande de « neutralité religieuse » des parents accompagnateurs de sorties scolaires, puis à celle des agents du privé exerçant une mission de service public et, enfin, aux demandes actuelles de la part de députés UMP d’étendre cette exigence de « neutralité » à toute la sphère professionnelle privée.

Doucement mais sûrement, on assiste ainsi à un processus d’institutionnalisation d’une islamophobie d’Etat qui, au travers des lois ou propositions de lois successives, modifie la conception légitime de la laïcité : « d’instrument de reconnaissance de tous les cultes et d’émancipation des individus », celle-ci « se transforme peu à peu en marqueur identitaire et en outil d’exclusion » (p. 262). Cliquer ici

Sans oublier...

"Ces candidats au martyre, comme ceux qui sont passés à l'acte, ne veulent pas prioritairement imposer la charia en France, encore moins le burkini sur les plages. Ils veulent tuer et mourir parce que l'espoir n'est pas de ce monde"


L'Humanité 19 octobre 2016

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