À La Paillade pour Théo et Adama.



Les contrôles au faciès, les humiliations, les jeunes des quartiers populaires de Montpellier les vivent au quotidien. Il était donc parfaitement logique d'aller manifester ce samedi 18 février à La Paillade contre ces pratiques, contre les violences d'une police qui a tué Adama Traoré, qui a violé Théo. C'était à l'appel de la Coordination contre le Racisme et l'Islamophobie (CRI), de BDS34, du Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires (FUIQP), de Tabassam, de RED, CMM, du Collectif contre l'état d'urgence, du NPA34.
Peu habitués à voir "ceux de la ville" défiler dans les rues du quartier, les habitant-es ont réagi parfois avec ironie ("vous avez annulé vos cours de golf pour venir ici ?"), souvent avec sympathie.
Nous étions 150. Nous avons montré que l'isolement face aux discriminations et aux violences policières peut être combattu par la solidarité.
Ce n'est qu'un début !

... et pendant ce temps ...

... ils étaient à peu près 80 rassemblés à la préfecture de Montpellier à l'appel de la Ligue des Droits de l'Homme, de la CGT, de la FSU et du MRAP, auxquels s'était joint Ensemble!34. Un rassemblement qui sonnait comme une manœuvre de division, dans la mesure où les initiateurs du premiers rassemblement  (annoncé bien avant celui-ci et qui ne pouvait être ignoré) n'avaient pas été contactés.
Mais, surtout, un rassemblement sur une base confuse, qui faisait appel à l'honneur de la police, au pacte républicain, à l'ordre public, appelant à rétablir la confiance entre les citoyens et la police... Comme si tout n'avait rien à voir avec une volonté politique de répression violente contre la jeunesse des quartiers populaires. (voir ci-dessous le texte de l'appel)
Le NPA34, pour sa part, n'avait pas appelé à ce rassemblement mais y a distribué un tract de soutien à toutes les victimes de violences policières (voir ICI).

Quelques photos de La Paillade (cliquez pour agrandir) :







 Le texte d'appel de la Ligue des Droits de l'Homme :

Comme à Paris, les associations signataires appellent à un Rassemblement, samedi 18 février 2017, à 15h place des Martyrs de la Résistance

     Les faits qui se sont produits à Aulnay-sous-Bois sont graves.
     Le déni par les autorités policières, les déclarations racistes qui en ont suivi sont inacceptables. Inacceptables pour les premiers visés, qui supportent quotidiennement des contrôles dont chacun sait qu’ils n’ont qu’un très lointain rapport avec la réalité de la délinquance.
     Inacceptables pour toutes celles et ceux qui souhaitent bénéficier d’une police respectueuse des personnes et de leurs droits, garante des libertés et de la sécurité publique.
     Inacceptables, enfin, pour la police elle-même, dont l’honneur est entaché par ces comportements.
     Lorsque des agents ayant autorité outrepassent leurs droits et violent ceux des autres, ils menacent le pacte républicain qu’ils sont chargés de défendre.
     Les faits qui se sont déroulés à Aulnay sont d’une exceptionnelle gravité. Mais ils sont loin d’être isolés. Il est temps d’y porter un coup d’arrêt, temps de réaliser qu’au-delà des faits incriminés, c’est l’ordre public lui-même qui est mis en cause, et, avec lui, la sécurité de toutes et tous.
     Nous rappelons avec force que la loi puise sa force dans le fait qu’elle vaut pour tous et que la République n’a d’avenir que dans le respect de sa devise.
     C’est pourquoi nous appelons toutes celles et ceux qui ont à cœur les valeurs d’humanité, toutes celles et ceux qui veulent opposer l’égalité et la fraternité au racisme et au mépris social, toutes celles et ceux qui jugent urgent de rétablir la confiance entre les citoyens et les forces de l’ordre, à organiser des rassemblements largement unitaires de solidarité et de protestation le samedi 18 février 2017, en soutien à Théo, contre des dérives policières auxquelles il faut porter un coup d’arrêt.
     Nous appelons le gouvernement à prendre la mesure de la gravité des événements et à prendre en compte les propositions portées par la société civile en matière de lutte contre le racisme et de sécurité publique.
Ligue des Droits de l’Homme (Fédé de l'Hérault et section Montpellier), C.G.T. (Union Locale et Union Départementale 34), F.S.U (union départementale), MRAP (Section Montpellier)

L'article de Midi-Libre du 19/02 :
Le reportage de France 3 région 80 personnes manifestent dans le calme contre lesviolences policières

Sur La Marseillaise : Deux manifestations contre les violences policières à Montpellier

Voir notre dossier Police : "Violeur, sous l'uniforme tu restes un violeur" en cliquant ici