mardi 14 février 2017

Théo (et tous les autres)...La colère, la rage, l'indignation...


"Théo, il avait pas de casier ? Vous savez quoi, on s'en branle ! Même avec un casier, tu ne mérites pas de te faire violer  par un policier dans la rue !"

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14 février : Pourquoi le Bondy Blog ne couvre pas le déplacement de François Hollande à Aubervilliers 

  Affaire Théo : 245 interpellations depuis le déclenchement des violences urbaines
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Remarque : cette vidéo rend très justement la révolte que provoquent les violences policières et l'impunité que les politiques et la justice "couvrent"... Nous passerons sur les réserves que nous avons sur l'idée que la police pourrait être "dans un rapport de confiance avec la population". Comme si l'existence de quelques bons policiers républicains n'était pas l'exception à la règle d'Etat. Nous ne sommes pas Mélenchon, nous ne croyons pas dans l'Etat "républicain" dont le passé et le présent ne plaident pas politiquement en sa faveur ! Et demander, comme fait l'Insoumis, que l'on élimine, sans plus, quelques sections de crapules policières, comme celles qui ont "cassé" Théo, c'est légitimer que subsiste la règle d'un Etat en voie accélérée de policiarisation. La règle d'un Etat qui est foncièrement, structurellement, capitaliste, et dont la police n'est "bonne" (et encore!) que si vous fermez votre gueule, que si vous adhérez à la soumission à l'ordre de cette société du désordre social, et que, en un mot, si vous ne menacez pas le système; autrement dit si vous ne mettez pas en danger le pouvoir patronal adossé à cet Etat et promu par ses larbins politiques de gauche, de droite et demain, peut-être, d'extrême droite, qui enfonce tant de gens dans la pauvreté, la misère, l'injustice, la (sur)exploitation, le racisme, spécialement l'islamophobie...pour complaire à tous ceux, toutes celles qui se gavent sur cette pauvreté, cette misère, cette injustice...

Nous passerons aussi sur l'oubli que le mouvement des "Bonnets rouges" ne se réduit pas à une opposition bovine à une mesure écolo : lire Bretagne : polémiques et questions de fond et le dossier De la colère à la résistance ouvrière et à l’auto-organisation

Mais passons, passons, l'indignation vive et virulente exprimée dans cette vidéo mérite d'être entendue, ressentie, relayée...Ne l'oublions pas, on l'a vu lors des soulèvements dans le monde arabe et dans ce qu'ils ont propagé dans le monde, jusqu'à tout près de nous, dans l'Etat espagnol, l'indignation peut-être l'ingrédient essentiel de nos révoltes, de nos insurrections contre ce système, même si elle doit trouver des clés politiques qui, les soulèvements susmentionnés le montrent aussi, ne sont pas données sur un plateau... Le système, la police, parfois, en dernier ressort, l'armée (voir la Syrie) y veillent. Et de quelle façon !

Flic Flac*
*Onomatopée. S'emploie pour transcrire le bruit répété d'un liquide, d'un objet flexible qui en frappe un autre (fouet, gifle, etc.

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Cette joie qu’on sentait circuler entre les gens dès les premiers instants quand on en était encore aux discours, la raison en était dans l’être-ensemble, dans la rencontre entre d’une part ceux qui subissent l’arbitraire policier chaque jour, qui étaient le plus grand nombre, et d’autre part ceux qui le subissent chaque fois qu’ils se révoltent, qui étaient en nombre significatif. Les seconds, sages militants ou enragés émeutiers potentiels, savent bien que c’est seulement en s’alliant aux premiers que leur pratique politique aura des chances de déboucher quelque part. Tandis que les premiers, banlieusards premiers concernés par le sort de Théo et des autres, constataient que leur relégation politique était peut-être en train de prendre un bon coup de vieux. Il n’était donc pas étonnant que tous se réjouissent de ce début de fusion entre la révolte des banlieues et le cortège de tête. Cliquer ici

Et encore 1
 
 Et encore 2

La droite et le Medef voient bien ce paradoxe d’une éventuelle victoire électorale, qui donnerait tout pouvoir à un parti dont le programme sortirait pourtant tout cabossé des élections. Ils veulent donc frapper fort et vite pour imposer leur « réforme du pays » au pas de charge : des ordonnances, pendant l’été. Ils veulent profiter de la sidération post-électorale, avant que la population ne se réveille. Avant d’éventuelles mobilisations sociales. Car ils les redoutent, ces mobilisations, ils les anticipent, malgré leur mépris affiché pour « la rue », les « minorités violentes », les « syndicats qui ne représentent plus grand monde ».  Ils n’ignorent pas qu’ils pourraient tomber sur des réactions massives et déterminées, dans la grève et dans la rue, face à leur programme. 
Notre beau mouvement contre la loi Travail sonne comme un avertissement pour eux. Et un encouragement pour nous.

Puisque Marine Le Pen trouve en Trump un modèle, puisque Fillon rêve de jouer à la révolution conservatrice de Reagan, regardons-nous aussi de l’autre côté de l’Atlantique. Des millions de personnes ont manifesté pour gâcher la fête d’investiture de Trump. Révoltés, souvent déçus aussi par huit ans de pouvoir démocrate, se sentant peut-être au pied du mur aussi, des millions se lèvent là-bas, une nouvelle vague d’organisation, de militantisme et de luttes, s’annonce peut-être. 

C’est cela le véritable espoir pour que le racisme et la purge antisociale qui menacent de triompher dans les urnes en mai 2017 soient renvoyés dans leurs poubelles. C’est dans cet esprit que le NPA présente la candidature de Philippe Poutou, non pour jouer à la « perspective électorale » (c’est là un de nos désaccords, pas le moindre, avec Jean-Luc Mélenchon), mais pour défendre un programme de luttes. Cliquer ici


NPA 34, NPA