jeudi 23 mars 2017

Montpellier: cheminots en lutte

SOLIDARITÉ !
Vous êtes usagers de la SNCF ? Voici ce qu'on vous promet :


 (cliquez sur les images pour agrandir)

 





Vous êtes à la recherche d'un emploi ? Voici ce que la SNCF vous promet :
Mais... à Montpellier, la SNCF supprime 4 postes
au service d’orientation des voyageurs et à l’accueil !
La réaction ne s'est fait attendre : depuis lundi, les salarié-es de ce secteur sont en grève.
Voici l'interview d'un de ces grévistes par la correspondante du NPA34 :
Depuis deux jours, des cheminots sont en grève à la gare de Montpellier. Peux-tu nous en dire plus sur les raisons du conflit ?

Nous sommes rentrés en grève car les agents sont excédés par la suppression de quatre postes à l’Escale, le service d’orientation des voyageurs, et à l’accueil de la gare de Montpellier. Après la suppression de sept postes de vendeurs, c’en est trop !
On nous demande de faire de l’information intermodale (par exemple informer des départ de bus), de gérer la remise des clés pour un loueur privé de véhicules lorsque ses bureaux sont fermés, mais aussi la restitution de billets TGV-Air – un service dont la vente est déjà externalisée, et exclusive aux agences de voyages. Les agents doivent même parfois se substituer à l’office de tourisme ! Et tout cela avec du personnel en moins : au lieu de voir nos effectif revus à la hausse, ou au moins maintenus, il faut en faire plus avec moins de moyens humains.


Aujourd’hui il y avait 95 % de grévistes à l’Escale, ce qui a permis d’envahir une réunion de la direction. Quelle a été leur réaction ? Qu’ont-ils à dire face à vos revendications ?

Même si la direction avait été un peu prévenue, par l'intermédiaire de camarades siégeant à cette réunion, il est évident qu'ils ne s'attendaient pas à voir 35 agents d'escale/accueil/vente grévistes bien remontés débarquer dans leur salle de réunion !
Sur tout ce petit monde, quasiment la moitié a exprimé son ras-le-bol, mais aussi le mécontentement des usagers et les difficultés à rendre un service de qualité. Face à l'énumération des tâches supplémentaires qui nous sont assignées, la direction, certainement en manque d'arguments, a tout de même osé nous rétorquer que ces tâches n'étaient pas à forte valeur ajoutée. Ils ont aussi ajouté qu'à la gare de la Part Dieu (à Lyon), le point information/accueil/escale est dorénavant fermé le matin : pour eux, cela fonctionne très bien. Mais nous on sait que pour les personnes qui ne savent pas prendre le train, qui n'ont pas de smartphone, qui ne savent pas ou ne peuvent pas lire ou qui ont tout simplement besoin d'une information particulière, il n'y a plus personne pour les renseigner. C'est alors que aux vendeurs ou aux contrôleurs de s'en charger, et cela rallonge considérablement la durée d'attente des clients dans l'espace de vente.
Il est clair que la direction n'entend pas nos revendications : la seule logique qu'elle a est une logique comptable, or les cheminots et les usagers ne peuvent l'entendre. Nous l'avons d'ailleurs démontré si vigoureusement que la direction n'a pas trop su quoi répondre.

Ces dernières semaines, l’actualité de la SNCF a été marquée par des accidents mortels, et le suicide de trois agents en quelques jours, à Paris, à Bordeaux et à Mulhouse. Quelle est l’ambiance à Montpellier par rapport à ça ? (voir SNCF: assassins !)

 Je suis moi-même très affecté par ces tragiques événements, et c'est pourtant pas faute d'avoir tiré le signal d'alarme
La force de la direction, comme toujours et partout, c’est de mener les attaques progressivement, un service après l’autre et une gare après l’autre : mais évidemment, toutes ces attaques font partie du même vaste plan de casse des services publics, qu’on applique à la SNCF après l’avoir appliqué à France Telecom et à la Poste, avec les morts et les souffrances qu’on connaît. Face à ça, il ne faut pas qu’on se contente de batailles isolées : il faut que les revendications des travailleurs des différents secteurs et métiers de la SNCF convergent, et qu’au sein des syndicats, on milite pour proposer un véritable plan de bataille global contre la politique de la direction. Un plan de bataille qui fasse toute sa place à l’ensemble des travailleurs en lutte, syndiqués ou non, afin qu’on se donne enfin les moyens de vaincre.nal d'alarme en 2014 et au printemps dernier. Lors de nos interventions nous avons bien entendu fait allusion à ces drames, et les dirigeants se sont targués d'être plus souples ici ! Ce qui est sûr, c'est que la résistance qu'ils rencontrent étant actuellement moins forte ici, ils n'ont pas à faire preuve d'autant d'agressivité ; mais la répression patronale s’abat partout.
Face à tout ça et au ras-le-bol qui monte, avec les collègues réunis en assemblée générale ce matin, on a décidé de reconduire la grève pour demain, pour obtenir satisfaction au niveau de l’Escale. Mais ce qu’il faut bien voir, c’est que tous les services, secteurs et métiers de la SNCF sont concernés. D’ailleurs, on voit bien que les copains qui se sont suicidés ou qui sont en difficulté appartiennent à différents corps de métier, et travaill(ai)ent dans différentes villes. On voit aussi que les agents de triage du Bourget sont en lutte actuellement.
La force de la direction, comme toujours et partout, c’est de mener les attaques progressivement, un service après l’autre et une gare après l’autre : mais évidemment, toutes ces attaques font partie du même vaste plan de casse des services publics, qu’on applique à la SNCF après l’avoir appliqué à France Telecom et à la Poste, avec les morts et les souffrances qu’on connaît. Face à ça, il ne faut pas qu’on se contente de batailles isolées : il faut que les revendications des travailleurs des différents secteurs et métiers de la SNCF convergent, et qu’au sein des syndicats, on milite pour proposer un véritable plan de bataille global contre la politique de la direction. Un plan de bataille qui fasse toute sa place à l’ensemble des travailleurs en lutte, syndiqués ou non, afin qu’on se donne enfin les moyens de vaincre.