mardi 4 avril 2017

Région Occitanie : le bilan antisocial de la gauche institutionnelle


"Les 10% les plus riches vivent avec 3,5 fois plus de revenus que les 10% les plus pauvres"

 Les quatre départements littoraux (Pyrénées-Orientales, Aude, Hérault et Gard) sont les plus touchés. 

Il y a des podiums dont on se passerait bien. En matière de précarité, quel que soit l'indicateur observé, l'Occitanie est deuxième en tout dans l'Hexagone. Taux de chômage (12% en 2014), niveau de vie (près d'un million de personnes vivent avec moins que le seuil bas de revenus, soit plus de 20% de la population régionale), allocataires de minima sociaux (410 000 personnes), bénéficiaires de la couverture maladie universelle (11% des moins de 65 ans)... Et tous ces chiffres sont en augmentation.

La lecture du dernier dossier de l'Insee consacré à ce sujet fait froid dans le dos. Elaboré pour aider les différents organismes concernés à lutter contre la précarité, il fournit en effet une photographie de la situation sociale assez inquiétante. Cliquer ici
 
 
 
 
Extraits

Sur l’ensemble de la région Occitanie, 27 % de la population vit dans une commune rurale contre 23 % en métropole.

Quatre Occitans sur dix habitent dans l’Hérault et en Haute-Garonne. Dans ces deux départements, les jeunes de moins de 25 ans représentent plus de 30 % de la population. Les résidents des départements ruraux sont aussi les plus âgés. Près d’un habitant sur quatre a 65 ans ou plus dans le Gers, le Lot ou l’Aveyron. Ils se classent dans les sept départements français les plus âgés. 


En Occitanie, [comme ai niveau national l’économie] tourne au ralenti sauf dans quelques secteurs spécifiques. L’emploi salarié marchand fléchit légèrement en 2014. Le dynamisme des créations nettes d’emplois dans les activités de services spécialisés ne compense pas les pertes d’emplois salariés dans les secteurs du commerce et de la construction. L’Occitanie est une des rares régions où le nombre de salariés industriels progresse, grâce aux secteurs de l’énergie et de l’agroalimentaire. L’atonie de l’emploi dans une région fortement attractive entraîne une augmentation du taux de chômage, déjà nettement plus élevé qu’en moyenne métropolitaine. 
 

Fin 2014, le taux de chômage au sens du Bureau international du travail (BIT) atteint 12,3 % de la population active régionale, battant le record historique de la fin des années 1990 (12,0 %). Ce taux dépasse largement le taux de France métropolitaine et place la région en seconde position derrière les Hauts-de-France (12,7 %). En 2014, le taux de chômage augmente en Occitanie (+ 0,5 point) après un léger accroissement l’année précédente (+ 0,2 point). Au cours du 1er semestre 2014, le taux régional se stabilise avant de s’accroître à nouveau au 2nd semestre. 

Fin 2014, les quatre départements littoraux sont avec l’Aisne les départements ayant les taux de chômage les plus élevés de France métropolitaine (plus de 14,0 %).  

À l’inverse, l’Aveyron et surtout la Lozère, font partie des départements ayant les taux les plus faibles de métropole. Selon les départements, le taux de chômage varie différemment entre fin 2013 et fin 2014 : il augmente fortement dans les Pyrénées- Orientales, le Tarn-et-Garonne et l’ Aude tandis qu’il se stabilise en Aveyron. 


Au 4e trimestre 2014, 545 000 Occitans sont inscrits à Pôle emploi en tant que demandeurs d’emploi de catégorie A, B ou C. Ce nombre augmente pour la huitième année consécutive dans la région et la progression reste très forte en 2014 (+ 6,7 %), identique à celle de l’année précédente. Comme en 2013, la hausse régionale reste supérieure à celle observée en France métropolitaine. En lien avec la réforme des retraites, la part des 50 ans ou plus parmi ces demandeurs d’emploi passe de 21,6% en 2013 à 22,5% en 2014. À l’opposé, la part des jeunes de moins de 25 ans diminue en 2014 (- 0,5 point).

Le nombre de demandeurs d’emploi de longue durée progresse dans tous les départements de la région. La hausse dépasse 10 % en Haute-Garonne, dans le Gers et les Pyrénées-Orientales.  


La part des demandeurs d’emploi de longue durée progresse en Occitanie par rapport à 2013 : 41,7 % fin 2014 contre 40,9 % un an avant. L’Aveyron et la Lozère sont les seuls départements de la région où cette part est inférieure à 40 %.

En 2014, les femmes sont un peu moins touchées par le chômage que les hommes, en Occitanie comme en France métropolitaine. Quel que soit le sexe, le taux de chômage y est plus élevé qu’au niveau métropolitain (plus de 2 points d’écart). Les départements sont inégalement touchés par ces différences liées au sexe. Les hommes sont beaucoup plus exposés dans l’Hérault et les Pyrénées-Orientales (plus de 1,5 point d’écart) alors que les femmes sont plus concernées dans le Tarn-et-Garonne (+ 0,7 point) et dans une moindre mesure en Haute-Garonne, dans l’ Aude et les Hautes-Pyrénées et à égalité avec les hommes dans l’Aveyron. Dans les six autres départements, elles sont toujours moins touchées par le chômage que les hommes. 

Dans la région, trois jeunes de moins de 25 ans sur dix sont en chômage, soit un niveau bien plus élevé que celui de la métropole. Les plus jeunes sont 3,8 fois plus touchés par le chômage que les personnes âgées de 50 ans ou plus, ce qui est aussi le cas en France métropolitaine de manière un peu moins marquée (3,5 fois). Ce résultat est néanmoins à nuancer car il concerne des effectifs moindres pour les jeunes de 15 à 24 ans, nombre d’entre eux étant encore en cours de formation et donc inactifs. Le taux de chômage des 25-49 ans s’élève à 11,4 % en 2014. Ce taux moyen régional cache là aussi des disparités départementales importantes : il varie de 5,5 % pour la Lozère à plus de 13 % pour les départements littoraux. 

Revenus 

En 2012, l’Occitanie est l’une des régions métropolitaines au revenu disponible médian le plus faible : la moitié des habitants vivent dans un ménage ayant moins de 1 574 euros de revenus disponibles par mois et par unité de consommation (UC). En outre, les 10 % les plus pauvres vivent avec moins de 822 euros mensuels par UC ; quant aux 10 % des personnes les plus aisées, elle vivent dans un ménage ayant au moins 2 894 euros par mois et par UC. Dans les deux cas, c’est moins qu’en moyenne en métropole ou en province.
 

L’Occitanie se classe 2e région de province ayant le plus grand nombre d’ allocataires des quatre minima sociaux, derrière les Hauts- de-France (426 000 personnes).


Après plusieurs années de baisse, le nombre d’allocataires occitans est quasiment stable entre fin 2013 et fin 2014. Cette relative stabilité régionale cache des évolutions départementales différenciées. Le nombre d’allocataires progresse légèrement dans les Pyrénées-Orientales (+ 1,0 %) et plus fortement dans l’Hérault et le Gard (respectivement + 1,4 % et 1,5 %). A contrario, la baisse du nombre d’allocataires est très prononcée en Aveyron (- 3,8 %) et surtout dans le Gers (- 5,3 %). 

Couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C)

Fin 2014, quelque 498000 Occitans aux revenus les plus modestes bénéficient de la Couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C). L’Occitanie est la 2e région de province ayant le plus grand nombre de bénéficiaires de la CMU-C, derrière les Hauts-de-France (633 000 bénéficiaires).

 
En 2014, le nombre de bénéficiaires de la CMU-C augmente de 6 % en Occitanie par rapport à 2013, soit un peu moins qu’en métropole (+ 6,6 %). Hormis dans le Gers (+ 0,9 %), la hausse est marquée dans tous les départements de la région. La Lozère subit la plus forte augmentation de la région (+ 10,1 %), devant la Haute-Garonne (+ 8,8 %) et le Tarn-et-Garonne (+ 8,3 %). Toutefois, les bénéficiaires lozériens sont les moins nombreux dans la région. 

Précarité financière 

Fin 2014 en Occitanie, près d’un million de personnes de moins de 65 ans couvertes par la Caisse d’allocations familiales (Caf) ou la Mutualité sociale agricole (MSA) disposent de ressources inférieures au seuil de bas revenus. Ce seuil, établi nationalement, s’élève à 1 028 euros par mois et par unité de consommation en 2014 soit 7 euros de plus qu’en 2013. Cette population en situation de précarité financière représente 21,7 % des moins de 65 ans.
Parmi ces allocataires et leur conjoint en situation de précarité financière, 311 000 sont des femmes et 247 000 hommes. 

La précarité financière est très forte dans les quatre départements littoraux où au moins un quart de moins de 65 ans sont concernés. Viennent ensuite l’Ariège (22,8 %) et le Tarn-et-Garonne (22,3 %). La Lozère et la Haute-Garonne sont les moins touchés par la précarité. Pourtant cette dernière subit une hausse importante en 2014. Le taux de précarité financière augmente fortement en Ariège (+ 0,5 point), dans l’Aude (+ 0,4 point) et le Tarn-et-Garonne (+ 0,5 point) également. À l’inverse, il baisse dans le Gers (- 0,2 point), les Hautes-Pyrénées (- 0,1 point) et surtout en Aveyron (- 0,5 point).  

La précarité financière est très forte sous une ligne allant d’Alès (Gard) à l’est de l’Occitanie jusqu’à Saint-Girons (Ariège). 

Elle concerne aussi une très grande partie du Tarn-et-Garonne. 

Ailleurs dans la région, elle se concentre dans certaines grandes agglomérations (Tarbes, Albi,Castres,Cahors) et dans de larges zones rurales entre le Tarn et l’Aveyron ou encore l’ouest du Gers. 

En Lozère, département le moins touché d’Occitanie, la précarité est néanmoins présente dans certains territoires, notamment dans une partie du parc national des Cévennes. En Haute-Garonne, la précarité se concentre au cœur de l’agglomération toulousaine, ainsi que dans le sud du département, en particulier à Saint-Gaudens et ses alentours.
 

 L'intégralité du rapport :


 Un bilan largement imputable à une gauche de gestion docile du désordre capitaliste

Dans l'ancienne région Languedoc-Roussillon, la gauche a été majoritaire à partir de 2004 (victoire du socialiste Georges Frêche) et à partir de 1998 dans l'ancienne Midi-Pyrénées (victoire du socialiste Martin Malvy). L'Occitanie, née de la fusion de ces deux régions, est dirigée, sans solution de continuité politique, depuis 2015, par la socialiste Carole Delga, qui, à cet effet, a démissionné de son poste de secrétaire d'Etat de Manuel Valls et ... de celui de députée qu'elle cumulait sans état d'âme (1). Elle se revendique des deux figures historiques susmentionnées et a obtenu la majorité grâce à la fusion de sa liste avec celle qui réunissait EELV et un Front de Gauche ficelant en parfaite unité le PG, le PC et Ensemble, (lire ici). Ceux-ci malgré un artifice institutionnel et des dissensions tactiques et politiciennes (lire ici), sont ainsi associés à la gestion du territoire par le PS et sont donc comptables de la continuité de la politique "sociale" présentée dans la première partie de cette page.

(1) Soutien de Valls à la primaire du PS, elle a intégré la direction de campagne de Benoît Hamon

 Représentation graphique des rapports de force à la veille des régionales de 2015

 
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