Scandale de la Dépakine – Première victoire contre Sanofi

Dans Libération : Dépakine : Sanofi condamné pour la première fois
Sanofi
condamné. Dans l’affaire dramatique de la Dépakine, c’est une petite bombe que constitue l’arrêté de la cour d’appel d’Orléans, rendu
le 20 novembre, et que Libération a pu se procurer. Pour la première fois, Sanofi est en effet condamné au civil pour la «défectuosité de son
produit», confirmant ainsi la responsabilité du laboratoire qui devra «indemniser les dommages subis par une famille du fait de l’exposition
in utero d’un enfant au valproate de sodium». La cour a estimé que ce médicament est «un produit qui n’offre pas la sécurité à laquelle on
peut légitimement s’attendre».«C’est une magnifique décision», nous a expliqué Marine Martin, qui est à l’origine de la révélation de ce
scandale en créant l’Association des parents d’enfants souffrant du syndrome de l’anticonvulsivant (Apesac). «Cela confirme nos positions.
Sanofi a manqué à son devoir d’information et doit assumer sa responsabilité vis-à-vis des milliers de victimes de la Dépakine.»
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Le laisser faire des ministres et de l'entreprise
Pendant de longues années, les instances de régulation du médicament, les ministères de la santé de droite ou de gauche ont fait l'autruche jusqu'à ce que la lanceuse d'alerte Marine Martin et son association se mobilisent. Elles ont obtenu que la notice de la Dépakine indique les dangers de ce produit pour les femmes enceintes ainsi qu'un logo sur la boite. Devant la révélation de milliers de victimes, Marisol Touraine a fait adopter un fonds d'indemnisation des victimes afin que celles-ci puissent être rapidement indemnisées financièrement, en attente de la définition des responsabilités. Une indemnisation bienvenue, mais qui ne peut compenser tous les drames humains vécus par les victimes et leur entourage. L'ex-ministre de la santé n'a par contre pris aucune disposition pour mettre en cause le fabriquant et lui faire payer la note.
Concernant les responsabilités, on peut se demander s'il existe une pharmacovigilance en France quand on voit que des effets secondaires graves de médicaments ne déclenchent que très tardivement des actions correctrices de la part des institutions de santé. L'affaire de la Dépakine n'est en effet pas isolée car elle vient après (pour les plus connues et les plus récentes) celle du Médiator et avant celle du Lévothyrox. Affaires dans lesquelles les labos et les autorités de santé ont commis des erreurs graves, allant, pour le Lévothyrox, jusqu'au déni de réalité, suivi de reculades sous effet de la pression des patients.
Sanofi : « L’État paiera »

Et maintenant ?
Le verdict du procès qui vient d'avoir lieu contre Sanofi est une première victoire qui est très importante du fait des attendus du jugement, du montant de la somme que Sanofi est condamné à payer et du très grand nombre de victimes directes et indirectes pouvant prétendre à indemnisation. Voila qui ne va pas manquer d'inquiéter Sanofi et tous ses soutiens. Rien d'étonnant à ce que l'entreprise aille jusqu'au bout des recours juridiques et elle pourrait finir par gagner. Et les scandales sanitaires mettant en cause l'industrie pharmaceutique continueront de plus belle tant qu'elle sera soumise à la loi du marché, tant qu'elle ne sera pas socialisée et gérée notamment par ses salariés et les représentants effectifs de la population.
JED, correspondant santé du NPA34
Ce que le NPA pensait du scandale Dépakine l'an dernier : DEPAKINE : QUI DOIT PAYER ?
Pour en savoir plus :
- Scandale de la Dépakine : « Sanofi n'assume pas » (Le Lanceur)
- Médecine : le scandale à retardement de la Dépakine (Médiapart, réservé aux abonné.e.s)
- Dépakine : « On a laissé des femmes malades prendre le risque d'avoir des enfants malades » (M le magazine du Monde)
- Dépakine : une action de groupe par étapes ( Pourquoi docteur ?)
- Scandale de la Dépakine : « Je ne pouvais pas me taire » (Viva)
- « L'industrie pharmaceutique ne peut rester entre les mains des actionnaires » (Thierry Bodin – CGT Sanofi)
- Dépakine : La condamnation de Sanofi suscite l'espoir des victimes (courte vidéo)
- Notre dossier SANOFI