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Narbonne : Pollution chimique et radioactive aux portes de la ville


Les habitants de Narbonne se mobilisent contre le projet THOR. Ce projet vise à éliminer des milliers de tonnes de déchets de raffinage de l'uranium provenant de l'usine de Malvési, zone industrielle de Narbonne (3 km du centre ville)
Nous diffusons deux documents décrivant tous les dangers de ce projet et parus sur le site de TV Languedoc

- un document-texte paru après que le préfet ait accordé son aval au projet.
- une vidéo de 19 minutes enregistrée à l'occasion d'une réunion publique qui a rencontré un grand succès.

JED 


Areva Malvesi : le fond de l’air effraie

A moins de trois kilomètres de la ville de Narbonne qui compte plus de 52 000 habitants, l’inquiétude grandit pour de nombreux habitants dans la périphérie de cette sous préfecture de l’Aude, au sujet d’un projet controversé répondant au nom de Thor qui verra le jour dans l’usine chimique de Malvesi appartenant au géant nucléaire Areva.

C’est quoi le projet THOR ?

Le projet Thor est l’abréviation de « THermal Organic Reduction ». L’usine d’Areva traite le minerai d’uranium qui donne le combustible des centrales nucléaires. Un procédé qui produit des déchets qu’Areva aimerait retraiter par un procédé nommé « Thor ».

Dans le cadre de son activité de transformation d’’uranium, le site industriel de Malvési rejette dans ses bassins, des effluents liquides nitratés et radioactifs. Avec plus de 50 années d’exploitation, le site comptabilise aujourd’hui environ 350 000 m3 d’effluents liquides, soit l’équivalent de 140 piscines olympiques. L’objectif de l’entreprise est de vider les bassins, mais voila, le principe retenu par Areva inquiète.
L’idée serait de bruler ces déchets. Si le projet consiste à traiter par la chaleur à haute température les effluents liquides nitratés générés par la transformation de l’uranium, ce procédé thermique expérimental qui risque d’être utilisé  émettra des rejets de gaz et de fumée dans l’atmosphère avec la question des éléments radioactifs qui vont se rajouter à la pollution chimique. Et à une telle température, beaucoup d’éléments chimiques et radioactifs risquent d’être volatilisé  dans l’atmosphère.

Inquiétude des habitants : D’où l’inquiétude des habitants qui ont réclamé des études complémentaires sur les risques engendrés par ce nouveau procédé. Beaucoup de craintes et de questions sans réponse pour les riverains et les habitants de Narbonne sur ce procédé expérimental qui refusent de servir de rats de laboratoire au profit d’Aréva. Si l’objectif de cette entreprise est officiellement de vider les bassins, la crainte est de voir Areva de continuer à les remplir par de nouveaux effluents produits pour raffiner 10 à 15000 tonnes d’uranium par an, avec une autorisation préfectorale qui limite à 21 000 tonnes la production annuelle.  «  Non seulement le procédé retenu peut inquiéter, mais on peut avoir des doutes sur l’intention réelle d’Areva de vider les bassins «  nous explique Hervé Loquais du Collectif Non au nucléaire dans l’Aude.


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Qu’est ce que l’usine Areva Malvési ?

Piqure de rappel : L’usine Areva Malvési est une usine de raffinage et de conversion du yellowcake (un concentré de minerai d’uranium) sous la forme de tétrafluorure d’uranium (UF4) située à Narbonne dans la zone industrielle de Malvezy. Elle a été exploitée par la Comurhex pendant 39 ans, avant d’être intégrée dans le groupe Areva en 2014.
A savoir que Areva est devenue Orano cette année 2018, après avoir perdu sa branche de construction de réacteur (Framatome), branche qui ne parvient toujours pas à lancer de réacteur EPR en dépit des milliards qui lui sont injectés ces dernières années par l’état français.
Cette usine, spécialisée dans la chimie de l’uranium, épure des concentrés de minerais d’uranium pour en extraire des produits destinés à être transformés en combustible nucléaire. En janvier 2017, l’usine emploie un peu plus de 200 salariés6. La zone industrielle de Malvezy, d’une superficie de 200 hectares, comprend 31 000 m2 de bâti et héberge l’usine d’Areva ainsi que plusieurs petites et moyennes industries. Cette zone comprend aussi une centrale solaire photovoltaïque, une douzaine de bassins de décantation, d’évaporation, de lagunages d’eaux usées et de stockage de plus de 1 000 000 m3 de résidus radioactifs.



Pourquoi une telle usine si près de Narbonne ?

Située seulement à trois kilomètres au nord-ouest de Narbonne, le site est une ancienne carrière de soufre, exploitée de 1935 à 1953, pour la production de dioxyde de soufre (besoins œnologiques), principalement destiné au vignoble du Languedoc. L’exploitation de la mine de soufre a laissé sur le site un massif de résidus dans lequel ont été creusés les premiers bassins de l’usine atomique.
Le site a été choisi par le Commissariat à l’énergie atomique en raison de son climat favorable à l’évaporation par les actions combinées du Soleil et des vents. Narbonne compte 300 jours d’ensoleillement par an. Les deux vents dominants sont : le cers, un vent soufflant du nord-ouest pratiquement toute l’année envoie les fumées de l’usine vers Narbonne et la Clape, et le marin, un vent en provenance de la mer Méditerranée située à environ 17 km au sud-est et les dirigent vers Moussan et le Minervois. 
Si le procédé industriel d’Arena Malvési génère des effluents contenant des résidus chimiques traités et purifiés, il faut pouvoir les stocker. D’où la création de bassins de décantation et de lagunes de traitement dans lesquels les déchets solides sous forme de boues sont conservés en fond de bassins, en complément de bassins d’évaporation. Comme le climat chaud de Narbonne assure un fort taux d’évaporation, ces bassins fonctionnent comme un marais salant, laissant s’évaporer l’eau naturellement sous l’action du soleil et du vent. D’ou l’implantation de cette usine dans les années 1950 près de Narbonne sur un ancien site minier, pérennisant de ce fait les activités industrielles sur le bassin Narbonnais.
A savoir que l’usine de Malvési est située à une altitude de 9 mètres au pied d’un oppidum (oppidum de Montlaurès), un site archéologique de la civilisation celtique. L’usine est alimentée en eau par la source de l’Oeillal, une source vauclusienne qui jaillit au sud de cet oppidum. Cette source et l’ensemble des eaux rejetées par l’usine alimentent le canal de Tauran qui se déverse dans le canal de la Robine, traverse le centre-ville de Narbonne, puis se jette dans l’étang de Bages-Sigean. Des riverains de l’usine se baignaient encore dans cette source avant la rupture de la digue des bassins en 2004. Depuis Areva a étendu ses bassins et racheté progressivement les propriétés autour de la source. 

La Hague, Malvesi, Tricastin, Marcoule, une boucle atomique historique

En 1956, le CEA prend la décision de décentraliser le raffinage de l’uranium. Georges Guille (SFIO), alors secrétaire d’État chargé des relations avec les Assemblées et de l’Énergie atomique du gouvernement Guy Mollet, négocie l’installation d’une usine sur le site de Malvési, seulement à trois kilomètres au nord-ouest de Narbonne,. Elle fût inauguré en 1959 par le président de la République Charles de Gaulle.

Malvesi : une usine classée Seveso  » seuil haut  » à vocation atomique

A partir de 1964, les activités de l’installation nucléaire de Malvési se sont recentrées sur la production du tétrafluorure d’uranium (UF4) devant ensuite être converti à l’Usine Comurhex de Pierrelatte, avant d’être enrichi à l’usine militaire de Pierrelatte, pour la fabrication de combustible destiné à la fabrication des bombes atomiques en France.
1971 : création de la Comurhex.
En 1971, la SRU fusionne avec la Société des Usines Chimiques de Pierrelatte pour donner la société Comurhex (pour COnversion Métal URanium HEXafluorure), devenue en 1992 filiale à 100 % de la Cogema renommée Areva NC.
De 1960 à 1983, l’usine de Malvési convertit non seulement du yellowcake issu des mines d’uranium, mais également de l’uranium de retraitement (URT) provenant du traitement de combustibles nucléaires irradiés du site nucléaire de Marcoule (Gard).

Un 1/4 de l’uranium mondial passe par Malvési près de Narbonne.

Depuis l’usine voit passer chaque année près d’un quart de l’uranium mondial (dont 100% de l’uranium français). Il entre sous forme de concentré d’uranium, le yellowcake, et ressort en tétrafluorure d’uranium (UF4), l’élément de base du combustible des centrales nucléaires. La transformation s’opère à l’aide d’acide nitrique concentré et produit des déchets nitratés, stockés dans des bassins à ciel ouvert. L’uranium dissous avec de l’acide nitrique est envoyé au centre de Tricastin près de Pierrelatte dans la Drôme et poursuivra sa transformation en futur combustible nucléaire.

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