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Grèce. Tsipras, le saigneur de son peuple...



... Syriza, le parti de la Troïka

Lire en fin de page Point de vue Le refoulé grec (au risque du cauchemar ?) de la coalition de gauche européenne ... (Antoine)




Le Premier ministre grec et Syriza ont trahi leur peuple et leurs principes. Ils doivent partir. 

La semaine dernière (ndlr : article initialement publié en anglais le 9 juillet 2018), c’était le troisième anniversaire du référendum de 2015, par lequel le peuple grec a dit non à plus d’austérité et non aux atteintes à la démocratie par les créanciers.

La semaine précédente, Alexis Tsipras, le Premier ministre qui a trahi le courageux « non » du peuple grec, s’est rendu à Londres pour présenter comme une prouesse sa capitulation devant la troïka, composée de la Commission européenne, du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque centrale européenne (BCE). Cliquer ici

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 Cette victoire de la bourgeoisie grecque, avec l’aide de Bruxelles, a aussi porté un coup politique à la gauche. Pas seulement pour des raisons idéologiques – avec le fait que celui qui agit comme le plus fidèle exécutant de Bruxelles au gouvernement se proclame toujours de « gauche »… – mais aussi parce qu’au niveau stratégique la réflexion a pu très facilement dévier de l’enjeu social, de classe, vers des aspects techniques ou institutionnels, notamment l’euro. Ainsi, la rupture avec l’euro a pu devenir le nouveau gadget de ceux qui, précisément, s’illusionnaient jusqu’alors sur la démocratie ou la « rationalité » des bourgeoisies européennes ! La plus grosse partie des scissions de gauche de Syriza, surtout l’Unité populaire/LAE, s’est lancée dans cette direction, qui est en vérité une fuite en avant. Cliquer ici

Et aussi



Aurait-il fallu effacer la dette grecque ?  

E.T. : Bien sûr. Cela se pratique couramment. Quand la Pologne a quitté le pacte de Varsovie au début des années 90, ses créanciers occidentaux lui ont octroyé 50% de réduction de dette. Quand l’Égypte participait à la même époque à la première guerre du Golfe, on a aussi annulé 50% de la dette. En Irak, après l’invasion américaine en mars 2003, on a octroyé 80% de réduction de dette. Donc des réductions de dette importantes, ça se réalise de manière répétée depuis des décennies. Et cela aurait été tout à fait nécessaire de le faire dans le cas de la Grèce. Il aurait fallu bien sûr procéder, avec la participation des citoyens et des citoyennes, à un audit des dettes pour déterminer les responsables, du côté grec et du côté des prêteurs. Il faut rappeler qu’en pourcentage du PIB, la Grèce est en 3e ou 4e position dans la liste des pays qui dépensent le plus en armes au niveau de la planète ! Et quels sont les principaux fournisseurs d’armes de la Grèce ? L’Allemagne, la France et les États-Unis ! Lors du premier mémorandum de 2010, l’un des postes budgétaires qui n’a pas été réduit : c’était le remboursement des commandes militaires. Et cela continue. Début 2018, Alexis Tsipras a rencontré Donald Trump et a annoncé pour 1,6 milliard d’euros d’achats d’armes aux États-Unis. Cliquer ici

Les épouvantables incendies qui jettent une lumière crue sur les responsabilités gouvernementales et capitalistes

Pour ce qui a trait à la gestion, conservation et protection des forêts grecques, il convient de noter que l’un des résultats des politiques de privatisation à outrance (appliquée aujourd’hui par le gouvernement Syriza-Anel) a consisté à en remettre le contrôle à des hommes d’affaires du secteur touristique, à leur «exploitation» à des fins résidentielles ou encore à une utilisation commerciale au profit de quelques individus à l’opposé des intérêts de l’ensemble de la société; ou, encore, les forêts sont laissées à leur sort, sans entretien.  Cliquer ici

 Point de vue
Le refoulé grec (au risque du cauchemar ?) de la coalition de gauche européenne ... 

Le texte que Zoe Konstantopoulou vient de publier, avec lequel nous ouvrons cette page, est sans équivoque, dès le titre, quant à son engagement radical.

Il faut rappeler, pour bien en saisir la portée que, quand Syriza est parvenu au gouvernement, Zoe Konstantopoulou est devenue présidente du Parlement : à ce poste important elle a commandité un audit de la dette publique grecque mené par une Commission pour la vérité sur ladite dette publique. Cette décision fut très tôt emblématique de la divergence, qui alla en s'accentuant et finit par une rupture complète, avec Alexis Tsipras et la majorité de Syriza à cause de leur engagement total dans la politique d'austérité préconisée par l'Union Européenne et dont le texte dont nous parlons évoque les ravages sociaux qu'elle a provoqués.  

Les lignes qui suivent, prenant appui sur ce document, voudraient interpeller la France Insoumise sur sa "position grecque" qui, sous les apparences d'une convergence objective avec Zoe Konstantopoulou, recèle un brouillage politique particulièrement inquiétant sur la cohérence de ce qui se veut un appel à lutter contre ce dont Tsipras et Syriza sont le nom. Mais sans jamais prononcer ces deux noms !

Cette photo date de septembre 2015, Pablo Iglesias était allé payer de sa personne pour soutenir Alexis Tsipras et son parti Syriza, le parti frère de Podemos. C'était pour le meeting de clôture d'une campagne des législatives par lesquelles Tsipras a cherché et réussi à se débarrasser des opposants de gauche de son parti. Depuis ce temps où le leader espagnol décrivait son camarade grec comme "un lion qui a défendu son peuple, un lion qui est monté au front pour défendre la Grèce" (lire ici), beaucoup d'eau a coulé sous les ponts et, comme en témoigne Zoe Konstantopoulou, cela a donné le long fleuve, si glauque, d'une soumission totale de Tsipras aux exigences des maîtres de l'Union Européenne (sous l'égide de la funeste Troïka), comme jamais aucun parti de droite grec ne l'a fait ! Le lion s'est retourné contre les siens et les a enfoncés dans une misère noire. Autant dire qu'à l'aune des espoirs soulevés à l'échelle européenne par Syriza, le discrédit du projet antilibéral est lourd. 

De fait Podemos ne parle plus de la Grèce et, du point de vue strictement électoraliste qui est le sien, cela se comprend. Il n'empêche, sur le plan de l'honnêteté et de la clarté politiques, ce silence interroge, devrait interroger : qui ne dit mot, consent... toujours ?  Un parti qui fait une telle impasse sur ses enthousiasmes lyriques récents à propos de la Grèce ne devrait pas pouvoir s'en défausser aussi aisément. Aussi l'interrogation se déplace-t-elle vers ceux qui, comme la France Insoumise, ont rompu avec Tsipras, mais s'allient avec le parti frère espagnol pour mener précisément une campagne politique aux prochaines européennes. Européennes, voilà qui devrait permettre de mettre les choses au clair sur l'alliance que Syriza a nouée, elle, avec les dirigeants de l'UE pour appliquer de la façon la plus brutale la politique d'austérité qu'ils préconisent et que cette coalition de gauche, Bloco de Esquerda portugais compris (qui semble abonné aussi au silence sur la Grèce), clament combattre. Le parler vrai, sans refoulés ni ombres portées grecs inavoués, voilà qui devrait pourtant être l'exigence première d'une gauche "radicale" !   

Alors, Jean-Luc Mélenchon parlera-t-il d'or, à ces Européennes, sur la Grèce aux côtés du camarade espagnol pour qui, en la matière, c'est le silence qui est d'or ? Au risque de plomber une unité de campagne finalement, autrement dit, d'emblée, bien mal couturée. 

Question accessoire qui, lors de cette échéance électorale, pourrait faire florès, du côté d'une gauche à l'insoumission sourcilleuse sur toute escroquerie à l'unité (et dont, aubaine trop tentante, on voit mal que les droites, de leur côté, ne s'en saisissent pas) : quel sens a l'absence de Tsipras dans cette unité antilibérale ? 

Antoine