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Catalogne. Tout recommence demain... jour de fête nationale, la Diada !


 Objectif : en finir une fois pour toutes avec la démocratie policière à l'espagnole !



Plus de 400 000 inscrits à la manif du 11 septembre 

À 24 heures de la manifestation de la Diada, la fête nationale de Catalogne, organisée par les deux organisations civiques, l’Assemblée nationale catalane et Òmnium cultural dont les présidents, Jordi Sànchez et Jordi Cuixart respectivement sont en prison sans procès depuis bienôt un an), plus de 400 000 personnes se sont inscrites pour participer à remplir les 10 km de l’Avinguda Diagonal à Barcelone. Quelques 1 350 autobus ont été organisés de toute la Catalogne et des Pays Catalans, et les organisateurs ont déjà vendu plus de 260 000 t-shirts avec le slogan « Fem la república catalana » (Faisons la république catalane). 

51 % favorable à l’indépendance 

Un récent sondage du journal El Español (9/9/2018) montre que les opinions favorables à l’indépendance ont tendance à augmenter, avec 51,1 % pour la république, soit un point de plus que l’an dernier. Et 53 % qui pensent que l’indépendance va bientôt se concrétiser. Cliquer ici

 La remobilisation est à l'ordre du jour


Ne nous méprenons pas sur le sens du titre que nous donnons à cette page. Le mouvement national catalan est à peine en train de se relever d'une douloureuse défaite marquée par l'échec du processus républicain d'indépendance, la mise sous tutelle de la Généralité par le Gouvernement de Madrid et l'emprisonnement de responsables politiques et associatifs indépendantistes sur lesquels pèse la menace de lourdes condamnations, sans parler de l'exil forcé de plusieurs personnalités politiques, à commencer par l'ancien président catalan, Carles Puigdemont. L'un des effets les plus notables de l'échec final de ce qui avait pourtant signifié un incroyable succès, la tenue du référendum d'autodétermination du 1er octobre malgré les brutalités policières mais aussi la grève générale de solidarité qui s'en était suivie, aura été l'incapacité du front indépendantiste à se maintenir uni, à proposer une riposte sur le mode d'une résistance organisée. Et cela malgré la majorité indépendantiste des dernières législatives tenues sous le régime d'exception "du 155" et la récupération aux forceps d'un Govern (Gouvernement catalan). Il faut dire que l'offensive du gouvernement Rajoy a mobilisé tous les ressorts répressifs jusque là savamment dosés, dans tout l'Etat espagnol, pour ne cibler que les militant-es les plus avancé-es de la contestation.

La violence d'intensité maximale déployée pour casser le défi catalan est à la hauteur du danger pour sa perpétuation que le système monarchiste capitaliste a perçu. Accepter l'indépendance catalane, c'était briser l'un des deux piliers fondamentaux sur lesquels la technocratie et l'armée franquistes avaient accepté de devenir, en Transition douce, démocrates : il s'agit bien entendu de l'unité territoriale, structurellement sous l'égide du Roi, désigné son successeur par Franco (l'autre pilier étant la pacification sociale), que la dictature avait consacrée sous le label de l'Espagne "une et éternelle". Accepter l'indépendance catalane, c'était aussi laisser s'inscrire dans les esprits, bien au-delà de la seule Catalogne, que l'autodétermination des gens, leur auto-organisation décidée, comme le référendum du 1er octobre l'a illustré avec force, étaient des outils exportables à d'autres terrains : par où la jonction pouvait se faire avec ce que le mouvement des Indigné-es (15-M) avait laissé en jachère sur les questions plus proprement sociales et que Podemos, son postulé fils spirituel, absorbé à s'institutionnaliser, en s'agitant aux basques d'un PSOE abonné à jouer à l'anguille "tu m'attrapes, je t'échappe", a délibérément négligé.  

Le gouvernement de Rajoy, comme le PSOE, déstabilisés durablement, malgré l'absence de débouché politique, par le 15-M, le premier étant par ailleurs miné par une corruption exponentielle, ont joué, contre la Catalogne, leur va-tout politique sur le tout policier, le tout judiciaire (l'armée étant gardée en réserve), sur fond d'espagnolisme échevelé, révélant ainsi, pour ceux et celles qui voulaient bien le voir, la dette jusque là jamais aussi ouvertement acquittée par la démocratie espagnole envers ses géniteurs franquistes. Les tribunaux européens l'ont relevé et désavoué, à leur façon, en rejetant les chefs d'accusation lancés par leurs homologues espagnols à l'encontre des exilés catalans ! L'arrivée, par la bande, des socialistes au gouvernement, sans aucune majorité stable, entre autres, par le bon vouloir des partis des nations périphériques mais surtout d'un Podemos croyant pouvoir tirer à gauche le PSOE, ne peut occulter l'extrême fragilité du pouvoir de Madrid.


Cette Diada qui s'annonce massive ne manquera pas de démontrer le regain de mobilisation du peuple aspirant à la République et à l'indépendance : elle démontrera surtout l'ancrage profondément populaire de cette option radicale, un ancrage que nourrit et élargit la profonde défiance que suscite le système, y compris sous le sourire avenant du socialiste Pedro Sánchez. Celui-ci gouverne sans rien toucher aux fondements d'un régime imprésentable et navigue à vue par quelques concessions sur le terrain social (les retraites par exemple) sans remettre en cause l'austérité préconisée par Bruxelles. Le régime réunit toujours autour de lui, pour sa défense, le PP, le PSOE, et le petit nouveau Ciudadanos, qui désormais chasse ouvertement sur les terres de l'extrême droite, pour bloquer toute commission parlementaire enquêtant sur les turpitudes financières de l'ex roi d'Espagne. Ces partis du régime font également bloc derrière le juge instruisant à charge absolue le procès des dirigeants indépendantistes pour l'aider à faire face à sa convocation, pour soupçons d'irrégularités dans cette instruction, devant un juge belge.

La résistance n'a pas cessé jusque dans les villages...

Tous les ingrédients sont réunis pour que s'ouvre, avec cette Diada, un nouveau cycle politique pour l'indépendance. Mais une ouverture ne fait pas une politique : les  enseignements de l'échec sont loin d'avoir été tirés. Si la présidente de l'ANC, l'une des deux grandes associations indépendantistes, déclare sans ambages que l'unilatéralité, pour réengager le processus indépendantiste, reste inéluctable, étant donné ce que sont les partis du système en place, encore faut-il engager un large processus ... de discussion permettant de définir une stratégie susceptible de gagner. Autrement dit, tout à fait autre chose que ce qui a été improvisé en 2017 et qui, à la réflexion, ne pouvait qu'échouer.  Quid, par exemple, de la place politique de l'extra-institutionnel, vite mis sous le boisseau alors qu'il devait être fer de lance, dans la mobilisation ? Quid du raccordement du national au social permettant de faire du premier le vecteur actif de satisfaction du second contre le régime antisocial de Madrid ? Par où pouvait commencer à se fracturer l'isolement de l'indépendantisme mis en oeuvre par Madrid en Catalogne même et hors de la Catalogne vis-à-vis des secteurs non-indépendantistes pourtant percutés, comme n'importe quel-le catalaniste, par l'austérité et les mesures liberticides de la même Madrid. Quid enfin d'un processus constituant enraciné au plus profond, et démocratiquement, de la société catalane ? Toutes choses à débattre qui impliquent d'accepter que la relance de la mobilisation prenne le temps nécessaire pour se poser en force populaire, unifiée, de percussion mais sans perdre du temps à des jeux politiciens qui brouillent les enjeux et les échéances...

Cette Diada est une chance importante pour confirmer que ce qui a été perdu hier n'a été qu'une bataille, pas la guerre (politique)... que ceux d'en face savent toujours d'actualité et pas gagnée d'avance par eux !

Antoine (Montpellier)

  

A lire aussi

 A l’occasion de la Diada per la Repùblica, ce 11 septembre en Catalogne Sud, le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) appelle, à nouveau, de ce côté-ci des Pyrénées, à la solidarité avec le peuple catalan : contre la répression de l’Etat espagnol, pour la libération des prisonniers politiques et le respect du droit démocratique à l’autodétermination du peuple de Catalogne qui, lors du référendum du 1er octobre 2017, a exprimé majoritairement sa volonté en faveur d’une République indépendante. Cliquer ici

JOURNEE NATIONALE DE LA CATALOGNE (Fischer02003)

La position de Cataluña en Comú (Ada Colau, la maire de Barcelone et Podem) sur la Diada et les perspectives politiques : cliquer ici (en catalan).

  
 La bataille des chiffres a déjà commencé...


Les partis espagnolistes avaient décidé de prendre les devants et de manifester ce dimanche 9 septembre à Barcelone pour montrer qu'ils avaient la force et le nombre pour eux face pourtant à ce qu'un minimum de sens des rapports de force aurait pu déceler, à savoir que c'est une déferlante indépendantiste qui s'annonce demain dans la même Barcelone et contre laquelle ils ne font pas le poids ! Le fait est que, comme cela aurait pu être prévu, le bide fut total et que donc il fallut maquiller les chiffres : dans cet exercice, la secrétaire générale du PP de Barcelone s'est distinguée haut la main. Là où la Police Urbaine de la ville a comptabilisé 2000 manifestant-es, ladite politicienne en a dénombré... 400 000 ! Or il est démontré qu'au plus fort d'un méga rassemblement type Piromusical, ce sont 100 000 personnes qui remplissent à ras bord les lieux. Enfin il s'est trouvé un twitteur pour assener le méchant coup de pied de l'âne en publiant la photo du rassemblement en question à laquelle il a cruellement joint celle du rassemblement catalaniste d'avril dernier au même endroit... On le voit il n'y a pas ... photo et l'espagnolisme a, outre celui de sa faible capacité de mobilisation, un gros problème, celui de sa crédibilité... :


  
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 Les amours incestueuses dans l'appareil d'Etat espagnol


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