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Acte VIII des gilets jaunes dans l’Hérault



Une violence policière accrue, 
une mobilisation en hausse, une détermination intacte


Forte mobilisation ce samedi 5 janvier à Montpellier, de 10 heures le matin jusqu'à la nuit tombée.  Dès 10h, 200 à 300 gilets jaunes ont pris possession de l’espace public, défilant dans les rues entre la place de la Comédie, le Polygone, la gare St Roch et la préfecture. D’entrée les CRS et gardes mobiles ont cherché à disperser les manifestant(e)s par des tirs de grenades assourdissantes et lacrymos, faisant 2 blessés devant la gare.  Regroupés à partir de 13h sur la place de la Comédie, ce sont 1500 personnes, avec ou sans gilet jaune et très souvent équipées de masques de protection, qui se sont engouffrées dans la rue de la loge en direction de la préfecture. Le cortège grossit tout au long du parcours. Près de 2000 manifestant(e)s se sont alors retrouvés bloqués entre la préfecture et la place Jean Jaurès par les  « forces de l’ordre », les gazages tous azimuts, les grenades assourdissantes et les tirs de flash ball.
Aux cris de « tous ensemble, tous ensemble ! », les manifestant(e)s refluent vers la place de la Comédie et se redirigent vers la gare. Les allées le long des voies et le pont de Lattes sont couleur jaune fluo… mais pas que. Aux alentours de 15 heures, plusieurs dizaines de gilets jaunes, jeunes pour la plupart, font sauter la barrière de la passerelle d’accès de la gare. Certains d'entre eux qui ont gagné les toits de la gare ont été la cible de tirs de flash-ball. Les forces de l’ordre ont pris position à l’intérieur et gazent à qui mieux-mieux. Ce sont ensuite des tirs nourris de grenades assourdissantes et de tirs de flash-ball ; cette « technique de maintien de l’ordre », dangereuse et particulièrement lâche, permet aux CRS et à la BAC de tirer planqués derrière un rideau de fumées. A l’aide de renforts arrivés dans des cars de police arrêtés sur le pont de Lattes, les CRS et gardes mobiles parviennent à couper la manif en deux, tout en canardant abondamment les manifestant(e)s avec des tirs de lacrymos. Les deux cortèges arrivent à se rejoindre rue de la loge, soit directement par la rue de Verdun ou en contournant le dispositif policier.
Aux cris de « Macron démission !», d’autres manifestants viennent grossir les rangs de la manif. On retrouve des manifestants qui s’étaient déjà mobilisés contre les lois travail. Au total 3000 à 4000 personnes, gilets jaunes ou pas, mais très déterminées, ont cherché à cinq ou six reprises d’atteindre la préfecture. La police envoyant systématiquement de fortes doses de gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes a fait reculer la foule, au prix de plusieurs blessés. Devant cette insistance, preuve d’une grande détermination des manifestant(e)s, la préfecture fébrile a transmis une dépêche aux agences de presse dénonçant une tentative d’intrusion. Tout au long de la journée et à intervalles réguliers, les gaz  ont envahi plusieurs rues du centre ville. En particulier la rue de la loge, au gré des avancées des CRS qui ont copieusement arrosé la foule des manifestant(e)s et les habitant(e)s du quartier, déclenchant fortes toux, irritations et nausées. Preuve que les commerçants et passants ne craignent pas les gilets jaunes (traités de « casseurs » par Castaner, ministre de l’intérieur et « d’agitateurs » par Griveaux, « porte-parole » du gouvernement), les commerces et bars restaurants sont restés ouverts.  Un signe qui ne trompe pas, le manège de Noël de la place de la comédie a continué invariablement à tourner sous les gaz lacrymogènes, en dépit des feux de poubelles et de la foule des manifestants. Mais à mesure que les CRS avançaient dans les rues, les rideaux métalliques se fermaient. Les affrontements se sont poursuivis vers le Peyroux jusqu’à la nuit tombée.
Au lieu de condamner la violente répression policière contre ses « chers administrés », le maire Philippe Saurel a clairement choisi son camp en twittant : « Je condamne avec la plus grande fermeté les violences commises à Montpellier par des casseurs, mettant en danger les citoyens et paralysant la vie économique. Je demande au préfet et au préfet de région de prendre toutes les mesures nécessaires pour la sûreté de la ville. » Car question répression, il s’y connaît : au même moment, place de la Comédie, les militants de BDS qui tenaient leur stand se sont fait verbaliser par la police municipale ! Ce samedi à Montpellier, c'était « police partout, justice nulle part », comme l’ont scandé plusieurs fois les gilets jaunes tout au long de la journée.
La répression de l’appareil d’État, de plus en plus violente, est désormais évidente pour l’ensemble des Gilets jaunes, qui se donnent les moyens de défendre leur intégrité physique : casques et lunettes complètent le port du gilet. Deux femmes mutilées par des tirs de flash ball à Montpellier la semaine dernière ont décidé de porter plainte. Mais cette répression est maintenant clairement visible pour l’ensemble de la population, malgré l’intox du gouvernement et la propagande véhiculée à travers les médias aux ordres. Les exactions des forces de police, encouragées par Macron en personne et relayées par son porte-parole Griveaux, doivent partout susciter une réaction à la hauteur de l’ensemble des organisations du mouvement ouvrier et des forces démocratiques. Des initiatives en ce sens seront prises ces prochains jours dans le département, tout en continuant la lutte sur les revendications de fond : la justice sociale et les aspirations démocratiques.
Face à cette forte mobilisation, les politiciens tous bords confondus (LREM, LR, MODEM, RN …) appellent à la « responsabilité de tous ». Ils sont appuyés par l’artillerie lourde des médias aux mains de la classe dominante, qui dénoncent à sens unique les « violences » des manifestants. Sur le terrain, les journalistes véhiculant cette propagande sont perçus comme « collabos », chiens de garde de l’ordre établi, dit autrement les défenseurs de l’injustice sociale. Pour sa part, au-delà de la diversité du mouvement, le NPA a clairement choisi de se placer du côté des plus faibles : celles et ceux qui n’en pouvant plus de ce système, cherchent la voie pour se libérer du capitalisme.   
Quant au gouvernement, il est en train de vaciller. Il en est réduit à des rodomontades ridicules, à une répression accrue et à une désinformation pitoyable (il « comptabilise » 56 000 policiers, mais seulement 50 000 manifestants). Dans la plupart des villes, les manifestations du 5 janvier pour l’acte VIII ont été les plus massives et les plus déterminées depuis le 17 novembre, début du mouvement. C’était aussi le cas à Montpellier, où pour certains c’était la première manif de leur vie. Et ailleurs dans l’Hérault, à Béziers, Lodève, Sète, Clermont l’Hérault, Agde ou Bédarieux (200 manifestants)…,  le mouvement s‘enracine. Ce succès encourage encore davantage les gilets jaunes et toutes celles et ceux qui les rejoignent d’amplifier encore la mobilisation. La répression n’y fera rien, bien au contraire. Et avec l’élargissement de la contestation, la pression pour aller vers la grève générale ne peut qu’augmenter.

Correspondant-es NPA34

 
 
 




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