Appel à la grève vendredi à la Banque de France contre la restructuration (cBanque, 18 septembre 2012)
Tous les syndicats de la Banque de France appellent à une grève nationale vendredi pour dénoncer un plan de restructuration, présenté en comité central d'entreprise extraordinaire, qui prévoit entre 1.700 et 2.100 suppressions de postes nettes et des fermetures en région.
Nous sommes vent debout contre ce plan », a déclaré mardi à la presse Michel Felce, représentant des salariés. Déplorant le désengagement de l'institution de villes importantes, les syndicats demandent un moratoire associant les élus.
« La crise a démontré l'utilité de nos missions, il est donc
paradoxal de les voir aujourd'hui diminuées », a-t-il ajouté, critiquant
par ailleurs « le non dit de la direction » sur les suppressions de
postes prévues au siège et « le saucissonnage de la restructuration
présentée aujourd'hui ».
« La Banque échelonne dans le temps les fermetures de sites, et
échelonne les suppressions de postes entre le réseau et le siège »,
dit-il.
« Cette réforme est inhumaine », a renchéri Laurent Quinet,
secrétaire (CFE-CGC) du CCE, soulignant « les pertes de repères », des
charges de travail plus importantes, et « le grave danger lié aux
risques psychosociaux dans les succursales ».
En décembre 2011, la Banque annonçait son intention de supprimer
2.500 postes nets d'ici 2020 (5.000 départs en retraite non renouvelés,
et 2.500 embauches). Le plan présenté vendredi aux élus se focalise sur
la modernisation envisagée hors du siège.
Selon ce plan, les effectifs du réseau seraient ramenés d'environ
6.300 équivalents temps pleins à un nombre compris entre 4.200 et 4.600
ETP en 2020, et environ 800 agents devraient être recrutés sur la
période dans le réseau.
Dans la filière fiduciaire, le plan prévoit d'ici à fin 2015 la
fermeture de 17 services de caisses (chargées notamment d'alimenter les
banques en billets).
A l'horizon 2020, l'institution entend réorganiser ses activités
tertiaires (services aux entreprises et aux particuliers) autour de 20
succursales régionales, et d'ici là une vingtaine d'implantations
doivent disparaître comme à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis),
Chalon-sur-Saône, Dieppe, Calais, Lens, Cholet ou encore Béziers.
Les syndicats craignent que la modernisation voulue par la Banque,
appuyée sur les « technologies actuelles », n'aboutisse à des « usines à
dossiers » déconnectés des entreprises et particuliers, voire « un
technocentre à la Guyancourt puissance 10 » (site Renault frappé en 2007
par plusieurs suicides).
La fermeture de caisses va représenter un coût pour les usagers, du
fait de l'externalisation à des opérateurs privés de l'entretien des
billets –dont la qualité pourrait également se dégrader–, met en garde
Danielle Brunelle du SNA. Selon elle, ces fermetures vont également
représenter une « atteinte à la sécurité des convoyeurs de fonds », et
font peser la menace de « déserts fiduciaires ».
Autre sujet d'inquiétude : la lutte contre l'exclusion financière
(surendettement) avec la diminution du maillage de la Banque sur le
territoire.
L'intersyndicale a par ailleurs remis en avril à la direction un
« contre projet » misant sur une Banque plus présente auprès des acteurs
sociaux et économiques et « associée plus étroitement au suivi de
l'économie des territoires et des bassins d'emploi ».
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