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Ganges. Pauvreté : ce maire-là (socialiste, donc responsable de l'austérité antipopulaire) est un irresponsable !

 

A Ganges, faute d’aide publique, les vivres sont coupés aux plus démunis

GEORGES MATTIA
Midi Libre 05/01/2013 

Les Restos du cœur sont désespérément fermés, la mairie de Ganges ayant décidé en novembre, au seuil de la campagne d’hiver, de ne plus mettre un local à leur disposition. Pourtant, ils distribuaient en moyenne plus de 17 700 colis-repas, en quatre mois, à 85 familles ! Les motivations du maire, Michel Fratissier, laissent pantoises les associations engagées sur ce front, qui voient grossir le nombre de personnes dans le besoin, d’autant que la mairie n’a pas renouvelé non plus la convention avec la Banque alimentaire

(Illustration NPA 34)

Du coup, les déshérités se tournent vers l’épicerie sociale du Secours populaire, dernier lieu ici d’aide alimentaire. Contre une participation modique, par exemple 20 €, une famille de cinq personnes peut y faire ses courses pour manger une semaine. Mais cette coopérative croule sous la demande. Elle a épuisé ses vivres.

"Il nous faudrait 864 litres de lait par semaine et 200 kg de produits carnés" Nathalie Taulelle

"On est en train de crever la bouche ouverte", lâche un quinquagénaire venu en stop de Saint-Mathieu-de-Tréviers, à 30 km. Ouverte chaque lundi, c’est la seule épicerie sociale pour 29 communes, entre Saint-Gély-du-Fesc, Sumène et Causse-de-la-Selle, d’où les gens viennent plutôt par covoiturage. L’homme, chômeur en fin de droit, a trouvé porte close car l’épicerie a pris l’eau et est en travaux jusqu’à mi-janvier. Surtout, ses stocks sont épuisés. "C’est la catastrophe, la déprime totale. Il nous faudrait 864 litres de lait par semaine et 200 kg de produits carnés face aux besoins. Nous n’avons plus de produits de première nécessité pour les urgences", alerte Nathalie Taulelle, secrétaire générale du comité local du Secours populaire.

"Se nourrir ou se chauffer, beaucoup doivent choisir" Nathalie Taulelle

L’hiver dernier, quand les Restos étaient ouverts, le Secours populaire délivrait, de son côté, près de 300 colis chaque lundi. En décembre, il a dû en distribuer 500 à des pauvres aux profils très divers : "En plus des bénéficiaires de minima sociaux, nous recevons beaucoup de chômeurs longue durée de tous âges, des gens malades ou très fatigués et de petits retraités. Beaucoup doivent choisir entre se chauffer ou se nourrir. Les colis-repas permettent à certains de remplir leur cuve de fuel !", note Nathalie Taulelle.

L'Union européenne risque de ne pas reconduire son programme d’aide alimentaire

La réouverture, mi-janvier, de l’épicerie ne permettra pas de suppléer les Restos du cœur fermés. D’autant que l’Union européenne, dans son budget qui sera voté ce mois-ci, risque de ne pas reconduire son programme d’aide alimentaire, lequel permet de distribuer des repas à 18 millions d’Européens dans le besoin, dont 4 millions de Français. Les Restos du cœur dépendent pour 23 % de ce soutien. Mais à Ganges, ils sont déjà tombés sous un autre couperet.


Le maire assiste à la paupérisation de sa ville
Quelle mouche a piqué Michel Fratissier, maire socialiste de Ganges et conseiller général, pour mettre à la porte les Restos du cœur du local où ils distribuaient les colis-repas ? L’élu répète que ce n’est pas une décision prise dans son coin mais avec son conseil municipal : "Nous avons voulu créer un réseau d’aides, une concertation avec toutes les associations, mais les Restos du cœur ont refusé catégoriquement."

"Nos actions sont coordonnées au plan national" Un bénévole

Les Restos clament qu’à l’instar de toute association, ils sont indépendants, refusent toute ingérence politique. "Nous avons toujours œuvré en complémentarité avec les autres structures. De plus, nos actions sont coordonnées au plan national. Nos instances refuseraient aussi de privilégier tel ou tel pauvre sur des critères définis par des hommes politiques", dit un bénévole.

Mais le maire persiste et signe, dit son propre désarroi : "La population en difficulté, de plus en plus exclue des grandes villes, tente sans véritable choix de s’installer là où les loyers sont moins chers. Dans des petites communes rurales, les arrivées sont donc régulières dans des logements vétustes, voire insalubres. Ces familles n’ont d’autres choix que la précarité et l’assistance."

Le premier magistrat dit souhaiter agir plus largement (négociations avec l’office HLM, insertion) : "Nous voulons éviter d’être seulement un ghetto pour personnes en difficulté, dont le seul espoir est de recevoir un colis par semaine." Mots et maux d’un rude hiver.

L'article sur le site de Midi Libre 

Illustration : pauvrete‑1232917101.jpg

En novembre dernier nous avions consacré à la situation créée par le maire de Ganges cet article :

Ganges. A votre bon coeur ... dehors les Restos du coeur...


Les pauvres, c'est vraiment un problème...


La mairie socialiste de Ganges prive de locaux les Restos du Coeur (voir Midi Libre ci-dessous) au motif que cette association ne se plie pas à ses exigences de regroupement de l'aide publique reçue. En face ils estiment que c'est leur indépendance vis-à-vis des institutionnels qui est remise en cause par cette façon de fourrer le nez gestionnaire dans leurs affaires. 

A l'arrivée l'intuition est là que, l'hiver approchant, l'alignement quasi total du gouvernement sur le rapport patronal Gallois va accroître le nombre de pauvres à la peine ou à la rue. D'où notre interrogation en direction du maire de Ganges, qui porte les couleurs dudit gouvernement austéritaire, sur la forte prégnance chez lui du syndrome vallsien du "je mets dehors et puis je reloge". A la nuance près que déjà le Valls il ne reloge pas et refile le bébé et ses parents à d'autres ("ses" pauvres, pour cause de "romitude", dégagent vite fait, direction Bucarest, avec certes du déchet qui erre dans les rues avant de retrouver un de ces campements humainement inacceptables que justement on voulait éradiquer, bla-bla...) alors que son compère gangeois, il ne reloge pas non plus ...les humanitaires mais, prisonnier du hic et nunc, nous la joue Madame de Pompadour : "après la décision de fermeture, le déluge" et aussi la faim, le froid, la galère, la déprime, la honte, l'endettement... pas là-bas, chez les roumains qu'on ne voit pas, mais ici dans le pays gangeois chez ceux qui ne pourront plus taper à la porte des Restos et qui auront la misère à portée de notre vue - mais on pourra toujours ne pas la voir -. En résumé une misère bien de chez nous que ledit rapport Gallois, peaufinant lui-même la soumission "de gauche" à la logique du TSCG, votée en front unique avec la droite sarkozyenne du Parlement et parachevant la démission politique du Parti Socialiste, va signifier pour des dizaines, des centaines, des milliers de gens. 

Disons-le : la prise en charge des pauvres par les humanitaires (comme parfois leur gestion opaque des dons reçus) ne nous satisfait pas vraiment pour ce qu'elle permet aux austéritaires de droite comme de gauche de nous jouer, mais en bémol, une autre partition à thème aquatique, celle biblique du "je m'en lave les mains" de la misère que j'engendre puisque tant de bons Samaritains s'y collent ! Reste que faudrait pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages en commençant à nous mettre sur le pavé, et sous le déluge des égoïsmes "chacun pour soi", les humanitaires eux-mêmes ...
 
Et v' savez quoi...ce qu'il y a de rageant dans tout ça c'est ce dégoulinement de bonne conscience sérieuse ("On leur a retiré le local, question de principe !") chez nos bons gestionnaires des finances publiques qui ne les empêche pas d'être ...solidaires de l'élyséen et du matignonesque bichonneurs des finances privées (merci la TVA !), de ces "gros" confits dans leurs bons sentiments qui dessoudent, au nom aussi des critères de bonne gestion, les emplois et le droit à un travail et à une vie décente chez Sanofi ou Peugeot... Socialauds ras-le-bol...

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Par Nolwenn Weiler (Basta 2 janvier 2013)


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