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Catalunya. Au jeu de dupes, le gouvernement continue à marquer des points...


 Pendant que la droite et l'extrême droite continuent à tenir la rue... les partis indépendantistes jouent la montre en vase clos !

 12 octobre

 - Puigdemont au poteau !
- Tu crois qu'ils nous laisseront défiler aux côtés des Forces Armées pour de bon ?
 - Ils ne se rendront pas compte... Dès qu'on sera là, ils regarderont ailleurs !

 
12 octobre 

En ce jour de fête nationale (sic) et de défilé militaire et, pour la première fois depuis des années, policier, aux deux pôles de l'affrontement politique actuel, Madrid et Barcelone, c'est le pouvoir central et royal et tout ce qu'il charrie de revanchard-es décidées à faire payer au prix fort aux Catalan-es la panique qu'ils leur ont mise, qui paradaient ! Les rues, y compris donc à Barcelone (65 000, ce qui n'est pas rien), étaient à eux/elles, grossies aussi de tous ceux/toutes celles, faisant masse autour des premiers, que, jusque là indifférents à la chose nationale-espagnole dans le souci procuré par la cure austéritaire imposée, le cours des choses hispano-catalanes a fait basculer du côté de la défense fantasmatique de l'unité du pays. Ils/elles n'auront pas boudé cette fois le 12 octobre et, sans vouloir majorer l'événement, observons qu'il aura accédé à cette catégorie d'événement non seulement par l'effet d'amplification que les médias aux ordres ont inévitablement produit, mais surtout dans le terrible contraste qu'il consacre : des milliers d'unionistes dans les rues qui reconduisent leurs manifestations de ces derniers jours alors que les partisan-es du mouvement national catalan restent abonné-es à la logique de la manifestatio interrupta... Etant entendu que le rassemblement autour du Parlament mardi soir pour l'allocution du President, qui aurait pu permettre de reprendre la rue et de donner un second souffle à la mobilisation pour l'indépendance et la république catalanes, a cruellement tenu d'un avortement politique majeur. 

Que Puigdemont et ses allié-es de l'ERC, ayant fait, contre mauvaise fortune électorale (la perte d'une majorité absolue au Parlament), bon coeur indépendantiste (pour se gagner les député-es de la CUP anticapitaliste), qu'ils aient calé au pied du mur de la DUI (Déclaration Unilatérale d'Indépendance) qu'ils avaient dit être prêts à sauter, ne devrait pas être une surprise, n'aurait pas dû être une surprise. La double pression, d'une part, des annonces du départ, hors de Catalogne, des grandes entreprises, à l'impact probablement plus politique qu'économique  et, d'autre part, le chantage de Rajoy au recours au 155 doublé d'une menace d'intervention spectaculaire de commandos de la police contre le Govern et les député-es, aura ramené ceux/celles-ci (du PDeC et de l'ERC), du moins provisoirement (mais quel désastreux provisoire !), à la raison bourgeoise de leur engagement national. Leur Catalogne indépendante et républicaine n'a pas de sens sans les grandes entreprises ni hors d'un retour à l'ordre, vital pour celles-ci : l'ennemi espagnoliste, au demeurant, en leur signifiant, et de quelle façon musclée, que l'ordre est le nerf de la guerre du pouvoir bourgeois, les aura paradoxalement ramené-es à leurs fondamentaux capitalistes et donc à la nécessité de répondre à cette injonction d'ordre espagnoliste en  donnant eux-mêmes le primat à l'ordre contre la radicalisation du processus indépendantiste qui pourtant les portait !

Car il faudra se rendre à l'évidence que l'affaiblissement rapide de la puissance de mobilisation du processus si magnifiquement exprimée le dimanche du référendum et lors de la journée de grève générale du mardi suivant, n'obéit pas à une logique stratégique naturelle, intrinsèque à ladite mobilisation, qui voudrait que, dans l'avènement d'un radical mouvement de masse, une pause soit le gage irréfutable d'une plus forte relance de la puissance engrangée... Devant la bifurcation qui s'est ouverte mardi soir, le choix a été fait par la composante majoritaire de l'indépendantisme de se replier sur son logiciel historique, celui du régionalisme autonomiste de la modération déclinée en termes de dialogue et médiation et d'institutionnalisme, loin, très loin des mouvements de rue auxquels amène quasi nécessairement le choix de l'indépendantisme. D'où cette baroque indépendance immédiatement (au bout de huit secondes !) suspendue et cet extraordinairement infantile appel à la raison négociatrice du fou de l'espagnolisme centraliste. Dans l'espoir que de bien trop mystérieuses assurances données sur la mise en place d'une médiation internationale se concrétisent...

Il reste  à évaluer ce que va faire la CUP, principal mouvement anticapitaliste, qui, vite revenue de ses premières déclarations incendiaires contre la trahison de Puigdemont, a cosigné, à la fin de la dérisoire session parlementaire, le texte d'une déclaration d'indépendance non votée par les député-es, et donc sans aucun effet légal, par lequel Puigdemont and Co ont cherché à donner le change de leur débandade politique. "Esto queda en papel mojado", "cela donne du papier mouillé", dit l'espagnol pour notre "cela reste lettre morte"... Tout en annonçant qu'ils/elles retirent au Président leur appui parlementaire, les cupero/-as lui laissent un mois pour mener à bien sa démarche de négociation avec Rajoy ! Le tout s'inscrivant dans le jeu des tractations au sommet, institutionnelles, avec des "partenaires" pour l'indépendance qui ont provoqué une déception sans nom dans de larges pans de la population catalane. Déception dont il n'est pas sûr que, au bout du délai donné, elle aura été surmontée pour relancer une mobilisation populaire qui, catalyseur de la riposte à la répression du PP, a été laissée sans objectifs crédibles de poursuite de l'action... Y compris du côté d'une CUP, piégée par son propre institutionnalisme, dont les appels à poursuivre la mobilisation des  Comités de Défense du Référendum en faveur de la grève générale auront été un feu de paille.

La dernière offensive de Rajoy, toujours scrupuleusement appuyée par le socialiste Pedro Sánchez et Ciudadanos, donnant un sursis de 5 jours à son interlocuteur catalan, avant d'activer un 155 ayant déjà reçu son feu vert, pour qu'il déclare ouvertement ... qu'il n'a pas proclamé l'indépendance devant le Parlament parachève un jeu de dupes irréel sur les possibilités que chacun fasse marche arrière (un irréel dont on devine que c'est du côté catalan qu'il pourrait devenir réalité d'une reddition !) ; mais surtout un jeu de dupes dissymétrique dont, dans tous les cas, risque de faire les frais la mobilisation catalane : celui d'une proclamation d'indépendance non proclamée mais éventuellement appelée à être proclamée et d'un article 155 non appliqué mais ayant reçu l'aval pour être utilisé... 

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Aux dernières nouvelles l'ANC demande au Govern de lever la suspension de l'indépendance et l'Omnium n'exclut pas d'appeler à une nouvelle "grève civique", comme le 3 octobre pendant la grève générale...

11 octobre

Derrière la crise "nationale", la crise de régime...

Ce rat-le-bol anti-catalan se ressourçant à l'ancienne, prédémocratique

11 octobre... veille de fête nationale espagnole, décrétée "jour de la fierté d'être espagnol"...fête se redécouvrant nationaliste, espagnoliste, avec retour au premier plan, encouragés par le régime, des fascistes  ?
  

Quand coule le bateau du régime de 78 (1978, année du référendum constitutionnel instituant la démocratie par "transition" depuis la dictature), les rats fascistes sortent de leur trou, ils étaient nichés dans les soutes... Le drapeau arboré par ces rats sont le drapeau "préconstitutionnel", celui qui, frappé de l'aigle, est l'emblème de la dictature. Cliquer ici 

Voir l'agression fasciste, le 9 octobre, des manifestant-es valencien-nes solidaires du  mouvement national catalan

 Cliquer ici

Au Congrès des député-es, le PP a empêché le vote d'une motion condamnant ces agressions fascistes de Valence. Cliquer ici (texte en espagnol)

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Un discours cabriole à deux temps d'un moteur politique qui se grippe

Le choc de huit secondes d'indépendance pour une suspension sans limite de l'indépendance
 
 


 
Le président de la Généralité ou l'art de couper la poire en deux...
qui pourrait bien s'avérer être la pomme d'une discorde aggravée dans l'Etat espagnol...


Mercredi 11 octobre

Sous réserve d'un approfondissement de l'analyse, nous devons relever que beaucoup d'observateurs, sous pression de l'événement, se laissent aller, ce soir, à des positionnements hâtifs, sensationnalistes ou primairement partisans n'intégrant pas des données essentielles combinées à des inconnues à repérer comme telles et pouvant peser dans un sens comme dans son contraire.

Ainsi, bien que la déclaration de Puigdemont soit ressentie douloureusement par de nombreux/-ses  partisan-es de l'indépendance car il s'agit indéniablement pour eux/elles d'une défaite, rien n'est vraiment joué à l'avantage de Rajoy. En effet, le pire ennemi de celui-ci, c'est lui-même et, certain-es qui, à gauche, ont cru bon de se mettre dans son sillage, aux côtés de l'extrême droite, pour barrer la route à la déclaration d'indépendance, devraient se montrer prudent-es sur l'idée qu'ils/elles ont gagné.

Rajoy, très en difficulté sur des affaires de corruption instruites en justice, sur la corde raide dans l'obtention de la majorité parlementaire nécessaire pour gouverner (il dépend de l'appui des nationalistes basques du PNV proches de Puigdemont !) et encouragé dans sa politique de fermeté envers la Catalogne par une Union Européenne en dérive autoritaire, sera tenté de "tuer" le défi catalan : dès la fin de l'allocution du President, son entourage s'est empressé de déclarer que la palinodie de celui-ci était encore trop pour lui puisqu'elle inclut une déclaration d'indépendance. Peu leur chaut qu'elle ait été suspendue, pour ainsi dire, indéfiniment : leur radicalité espagnoliste, aux relents d'un franquisme très mal refoulé et s'alimentant à ce que la constitution démocratique espagnole recèle de continuités avec la dictature, les pousse à vouloir mettre en oeuvre l'article 155 de ladite constitution, autrement dit à casser l'autonomie catalane.

Si cela devait se produire, et l'annonce par le Tribunal Constitutionnel, pièce maîtresse de l'autoritarisme "démocratique" en cours, qu'il va proposer demain l'invalidation de la déclaration d"indépendance "autosuspendue" faite ce jour, pousse dans ce sens, le coup de poker de Puigdemont s'effondrera piteusement : ayant perdu l'appui parlementaire de la CUP et donc devant provoquer des élections anticipées, il perdrait le seul minime et dérisoire argument qu'il pensait avoir avancé pour faire avaler la pilule de la suspension de la déclaration d'indépendance à son électorat, à savoir l'idée que Madrid accepterait de négocier ladite indépendance. Or Madrid est décidée à obtenir une reddition en rase campagne au coût électoral s'annonçant très élevé pour le parti de Puigdemont, déjà politiquement très affaibli et ayant compté sur la démarche indépendantiste pour se refaire une santé.

Pris en tenaille entre une CUP intraitable, pour maintenir son soutien parlementaire, sur le respect de la feuille de route indépendantiste qui aurait dû amener à la DUI [Déclaration Unilatérale d'Indépendance], et un Parti Populaire décidé à lui faire payer son audace anti-espagnoliste, Puigdemont ne peut même pas compter recomposer sa majorité parlementaire avec un PSC, ce soir subitement conciliant envers lui, mais ayant pris ouvertement parti, depuis le début, contre le processus indépendantiste en soutenant les entraves judiciaires et politiques à celui-ci et, par là, s'étant totalement discrédité aux yeux  de nombre de Catalan-es, pas tous au demeurant catalanistes... Sans parler qu'il vient d'être recadré par un PSOE à fond anticonciliateur pour avoir qualifié la position du President de "responsable" et avoir appuyé sa demande de dialogue. Ce PSOE du Montebourg espagnol en qui le Podemos de Pablo Iglesias (pas de ses anticapitalistes) voulait voir l'artisan d'une coalition de gauche avec lui permettant de renverser le gouvernement de Rajoy et de se porter candidate à gouverner à sa place, aura décidément confirmé, à travers son positionnement sur la question catalane, qu'il reste sur son orbite historique de parti du système en doublette avec le PP : ce soir il appelle Rajoy à mettre en route l'application de l'article 155 ! 

Nous avons donc, dans la situation créée aujourd'hui, tous les ingrédients d'une accentuation de la crise générée par le processus catalan en faveur de l'indépendance : si celui-ci a indéniablement reçu un coup de massue, il reste à voir comment sa base réagira face à la poursuite de la politique du pire par la coalition de fait entre le PP, le PSOE mais aussi un Ciudadanos qui se déporte toujours plus à droite pour se présenter comme l'alternative, propre sur elle, au parti de Rajoy. En peu de mots de conclusion provisoire, la déstabilisation de l'échiquier politique espagnol et catalan n'est pas près d'avoir été neutralisée par ce que d'aucuns voient, ce soir, contre l'évidence, comme une victoire du PP et un demi-succès de Puigdemont et comme un début de sortie de crise... La poire coupée en deux de Puigdemont ne sera-t-elle pas finalement la pomme d'or, autrement dit la pomme d'une discorde aggravée de la politique espagnole ?

Tout ce qui vient d'être écrit ici peut très bien être démenti par les faits, tellement la situation prête à l'imprésivisibilité, mais devait être posé comme une série de repères politiques incitant à ne pas céder à l'impressionnisme médiatique. 

Nous reviendrons très prochainement sur les développements de la situation. 
  
Mardi 10 octobre.

19h45

Le président de la Généralité a fini son discours et ce sont les porte-paroles des partis représentés au Parlament qui interviennent à tour de rôle.

En résumé, si on laisse de côté l'exposé des motifs fait par Puigdemont, l'essentiel est qu'il a coupé la poire en deux : il appelle le parlement a entériner ce qu'a exprimé le référendum du 1er octobre, à savoir la volonté de mettre en route le processus vers la déclaration de la République catalane, ce qui équivaut, pour lui, à une déclaration d'indépendance. Mais il appelle les député-es à à en suspendre les effets immédiats pour que s'ouvre une période de négociation avec Madrid, sous l'égide internationale et sans lui fixer une limite dans le temps, des conditions pour que s'effectue cette indépendance.

Les premières réactions du côté de la CUP sont virulentes : Puigdemont a trahi de façon inadmissible, selon son organisation de jeunesse, Arran, tandis que la CUP elle-même, dont les député-es ne se sont pas associé-es aux applaudissements  qui ont suivi le discours présidentiel, a réitéré qu'elle gardait le cap de la proclamation de l'indépendance et de la République sans différé !

Du côté de Podemos, Pablo Iglesias, qui a salué le discours "sensé" du President, essaye de faire entendre raison au gouvernement de Madrid : l'indépendance n'a pas été proclamée, donc pas de recours à l'article 155 de la constitution !

Plus de commentaires demain

18h-19h

Tout est en place pour que se tienne la session du Parlament. La foule est amassée dehors, les député-es sont là. Le President et des député-es de sa coalition et de la CUP sont en réunion à huis clos. L''annonce vient d'être faite que rien ne se passera avant 19h. Le bruit court que c'est à cause du refus par la CUP du texte de l'allocution proposé par Puigdemont.

On apprend par ailleurs que deux commandos du Groupe Spécial des Opérations et 200 agents des unités d'intervention rapide de la police sont en alerte maximale en Catalogne : tout indique qu'une arrestation imminente du President, et éventuellement d'autres membres du gouvernement et du Parlament, est dans les tuyaux au cas où serait proposée la proclamation de la DUI. Les escortes de Mossos de Esquadra entourant les dirigeants indépendantistes ont par ailleurs été renforcées...

La Catalogne en son dilemme shakespearien: indépendance or not indépendance ? 

Le calme avant la tempête ?

Lundi 9 octobre


 0h40 : nous sommes à moins de 24 heures de l'intervention du président catalan devant le Parlament (officiellement elle aura lieu à 18h). L'incertitude domine sur ce qu'il va déclarer : pour d'évidentes raisons tactiques de sécurité, personne, du côté des dirigeants indépendantistes, n'abat ses cartes. Le Tribunal Constitutionnel est en effet à l'affût pour invalider en urgence toute annonce sur le fond de ce qui sera proposé et décidé au parlement catalan. Seules, du côté du parti du président, se sont élevées quelques voix suggérant de ne pas procéder à la DUI (Déclaration Unilatérale d'Indépendance). Mais certain-es du même parti appellent à rester fidèle à la feuille de route, donc à garder le cap de la DUI, approuvée début septembre par les député-es. Chez les anticapitalistes de la CUP, en revanche, l'unanimité est de règle pour appeler à proclamer la DUI. Si l'ANC, quant à elle, appelle à se rassembler massivement et en silence devant le Parlament pour manifester qu'il faut respecter le verdict des urnes de dimanche en huit, l'autre grande association de masse du catalanisme, l'Omnium, n'est pas, à cette heure, parvenue à se mettre d'accord sur un appel à se mobiliser demain. 

Si l'on excepte quelques provocations de  dirigeants du PP menaçant de vives représailles judiciaires les responsables indépendantistes et même avertissant, pour l'un d'eux, qu'ils s'exposent à finir comme Lluis Companys qui proclama, en 1934, un "Etat catalan de la République Fédérale Espagnole" ... et fut fusillé en 1940 par les franquistes, une intervention émerge aujourd'hui de la curieuse impression qui reste dominante que (presque) tout le monde retient son souffle. La maire de Barcelone, Ada Colau, a tenu une conférence de presse au ton solennel appelant Rajoy et Puigdemont à la responsabilité, en renonçant, pour l'un, à proclamer la DUI et, pour l'autre, en s'engageant à retirer les forces de police et à ne pas recourir, quoi qu'il arrive, à l'article 155 de la constitution, ce qui, on le rappelle, signifierait la suspension de l'Autonomie catalane.

La logique politique de cette figure de la gauche radicale espagnole, membre de la coalition Catalogne en Commun (que soutient Podemos mais pas son correspondant catalan Podem), repose sur la volonté d'obtenir du gouvernement de Madrid que se tienne un référendum offrant toutes les garanties démocratiques et dont les termes serait négociés entre les parties en présence. On peut parler d'un difficile exercice d'équilibre chez ce courant de la gauche entre, d'une part, une claire dénonciation de l'usage de la force par Madrid, un appui de ses responsables et élu-es à la tenue du référendum pour autant qu'il n'était en fait, pour eux/elles, qu'une consultation mais, d'autre part, le refus de considérer que cette consultation légitime une DUI. En somme un entre-deux difficile à assumer dans un contexte d'extrême polarisation politique. La CUP met d'ailleurs le doigt sur la plaie des accords que Ada Colau a conclus, pour obtenir la majorité à la mairie de Barcelone, avec les socialistes du PSC, ceux et celles qui précisément ont obtenu que la session du Parlament, initialement prévue ce lundi, soit interdite et qui ont averti qu'ils appuieraient "le 155" en cas de proclamation de la DUI ! La corde raide est bien la métaphore appropriée au cours politique suivi par ce courant de la gauche radicale catalane et qui lui vaut des critiques de toutes parts. 

Soulignons encore ceci qui pèse malgré tout sur le faux calme qui a prévalu ce lundi en Catalogne : les déclarations des grandes entreprises catalanes, dont les six sur sept de l'Ibex 35 (le Cac 40 espagnol), indiquant qu'elles délocalisaient ou allaient délocaliser leurs sièges, se sont multipliées à vive allure. Une pierre dans le jardin de ceux et celles qui, en France, décrètent sommairement que le nationalisme catalan est porté par la grande bourgeoisie locale et ainsi sous-estiment le rôle ouvertement anticatalaniste et à fort impact antipopulaire, y compris sur les enjeux sociaux et politique de l'ensemble du pays, de ces exfiltrations d'entreprises qui se combinent avec l'appui que l'Union Européenne renouvelle à Mariano Rajoy !

Par ailleurs, des policiers espagnols viennent de "compléter" la surveillance par la police catalane des abords du Tribunal Supérieur de Justice de Catalogne, lequel TJSC est en pointe, depuis le début du conflit, pour contrer les décisions indépendantistes et se retrouverait dangereusement "exposé" si d'aventure la DUI était proclamée.

Enfin, aucune information n'a circulé dans les médias ni dans les réseaux sociaux sur ce qu'il est advenu de l'appel à la grève générale qui devait démarrer ce jour... Parions que, si elle avait eu un début d'effet, cela aurait bien fini par se savoir et envisageons que cette absence du paysage informatif est un point supplémentaire marqué par Madrid et qu'elle pèse, dans le rapport de force interne aux indépendantistes, en défaveur des partisans de la DUI vis-à-vis des "conciliateurs".

A suivre : demain un nouveau jour J pour l'avenir de la lutte pour une Catalogne s'autodéterminant indépendante et républicaine.  

Dimanche 8 octobre 

Le gouvernement de Madrid marque des points...  
 
Le mouvement national catalan parviendra-t-il à reprendre l'initiative ? Une semaine décisive s'ouvre...



Voilà une semaine qui se termine à l'envers, pour ainsi dire, de ce qu'elle avait commencé à signifier : dimanche dernier, le bras de fer autour du référendum avait nettement tourné à l'avantage du mouvement national indépendantiste. Son esprit de décision, face aux incroyables mesures répressives mises en branle par le pouvoir central pour empêcher la consultation, a trouvé un correspondant surdémultiplié dans la population : la police et la Garde Civile se sont heurtées à une résistance civile pacifique de masse qui a renvoyé au monde entier la leçon que l'on peut gagner ... contre plus fort que soi. Une leçon longtemps oubliée qui renoue en pointillés, sans qu'il y ait pleine conscience de la chose, à une moindre échelle d'intensité et évidemment sans la dimension tragique d'alors, dans les années 60-70, avec le fil rouge de la résistance du peuple vietnamien face à la puissance de l'armée étasunienne. Que de défaites depuis... Et aujourd'hui ce miraculeux signal catalan, modeste à l'échelle de l'histoire mais décisif pour la reconstruction des logiques émancipatrices bien au-delà de la seule Catalogne... Succès donc du référendum, certes tenu dans des conditions d'irrégularité technique imputables entièrement à la politique de la terre brûlée antidémocratique promue par Mariano Rajoy. Une légitimité politique de l'indépendantisme s'est imposée en élargissant sa base populaire, non pas seulement ni unanimement en faveur du projet de rupture avec l'Etat espagnol et d'avancée vers une république catalane mais aussi pour la capacité des acteurs du mouvement national à traduire une puissante aspiration démocratique à voter envers et contre tout, que ce soit pour le oui ou pour le non à l'indépendance.

La grève générale de mardi a confirmé, voire accru, cette dynamique de boule de neige en imbriquant une mobilisation des salarié-es de la région sur leur lieu de travail et dans la rue avec une mobilisation civique qui était en prolongement direct de celle de dimanche. Le tout a culminé en une puissante manifestation de 700 000 personnes à Barcelone.

Mais c'était sans compter sans les ressources  politiques d'un régime trop vite présenté aux abois, assommé par son échec dominical. Le soir même de la grève générale, la contre-offensive a été lancée par la brève allocution télévisée du roi d'Espagne toute tendue à soutenir le gouvernement central et à appeler à une répression encore plus violente contre le défi indépendantiste. Dans le même temps les annonces que les banques catalanes et nombre de grandes entreprises commençaient à déménager leurs sièges hors de Catalogne visaient à créer la panique sociale et économique. La manoeuvre était habile qui paradoxalement actait le succès politique des indépendantistes et l'idée que la marche vers la sécession avait le vent en poupe au point de faire fuir de puissantes entreprises, pour immédiatement donner la douche froide : non seulement vous, catalanistes, aurez une répression policière et judiciaire d'une violence inouïe mais vous provoquerez une sévère crise économique et sociale dont vous serez les premières victimes. La contradiction saute certes aux yeux : la répression annoncée ne pouvait, pour ses initiateurs, que faire avorter la rébellion  et donc rendre sans effet l'annonce du départ des banques et des entreprises... Peu importe la stricte logique, il y avait de la politique du choc, à fort impact émotionnel, dans la stratégie de reconquête du rapport de force mise en oeuvre par le pouvoir.

Le fait est que l'initiative en cette fin de semaine est passée du côté des opposant-es au mouvement national catalan : c'est tout le pays qui a été appelé à basculer anti-indépendantiste catalan en faisant s'articuler deux modalités, en apparence seulement contradictoires, de mobilisation, surtout suivies à Madrid hier et à Barcelone aujourd'hui : celle des dialoguistes des marches blanches et celle des unionistes à tout crin contre le sécessionisme. Le spectre de l'anticatalanisme dans cette double version combinée, soft (plutôt sous influence socialiste) et hard (clairement menée par la droite et l'extrême droite mais avec présence des socialistes !), a ainsi balayé large et a mis sur la défensive le bloc indépendantiste.

L'hésitation y est claire : la perspective d'une déclaration unilatérale d'indépendance s'éloigne. Le président de la Généralité n'envisagerait plus qu'une déclaration d'intention indépendantiste sans effet immédiat qui chercherait ainsi à créer les possibilités d'une négociation avec Madrid. Même l'ANC et l'Omnium mettent en veilleuse leur capacité de mobilisation dans la rue : rien n'a été tenté pour faire pièce aux manifestations susmentionnées. Seuls les Comités de Défense du Référendum, la CUP, des syndicats minoritaires et diverses associations, sans non plus avoir rien produit de significatif ces derniers jours, annoncent dès demain lundi le lancement d'une grève générale devant renouer, par-dessus l'intervalle des contre-manifestations de ces deux derniers jours, avec la mobilisation du début de semaine. Leur objectif est double : continuer et accentuer la dynamique de la victoire référendaire tout en pesant sur les courants nationalistes devenus conciliateurs et, particulièrement, sur l'intervention de mardi de leur représentant, le président Puigdemont (1), devant les parlementaires, pour qu'ils ne reculent pas sur la feuille de route établie par ce même parlement. L'heure est toujours, pour ce pôle radical, à la proclamation unilatérale de l'indépendance...

Il se joue, désormais de façon de plus en plus ouverte, un rapport de force dans le rapport de force  : pour retrouver le second face au pouvoir central, il faut gagner le premier face à des alliés locaux qui sont tentés de ne plus suivre dans l'épreuve de...force ! Qui (re)gagnera l'esprit et les coeurs du peuple courageux d'un jour de référendum et d'une journée de grève générale ? Un peuple resté, sauf quelques rares exceptions, inactif et observateur sur cinq très (trop) longs jours. Comment maintenir, malgré ces tensions internes au mouvement, insidieuse quadrature du cercle, l'unité des protagonistes d'une mobilisation qui ne saurait, en l'état du moins, se diviser devant un gouvernement habile à reconstruire une large unité dans le pays autour de lui ? Unité qui pourrait l'amener à provoquer des élections anticipées lui permettant de vérifier, terrible hypothèse, que la question catalane lui aura permis de se refaire une santé politique, c'est-à-dire de reconquérir la majorité absolue que l'onde de choc du mouvement des Indigné-es lui déniait depuis si longtemps. Scénario catastrophe, a priori loin d'être gagné mais les occasions politiques gâchées par les uns font s'accélérer, et parfois même se retourner, les événements au profit des autres. "Qui n'avance pas, recule" ?

(1) Ajouté le 9 octobre : Puigdemont et son entourage nationaliste de droite mais aussi un Junqueras d'ERC, de la gauche modéré indépendantiste, ont été percutés autrement que le simple partisan de la nation catalane par le chantage au départ des grandes banques et des entreprises importantes : cette pression sur eux joue directement sur leur vision de la future nation catalane qui ne saurait se passer des capitaux et de la logique de marché qui leur est associée. Leurs atermoiements actuels sur la déclaration d'indépendance donnent une idée du contenu social qu'ils assignent au processus national en cours et des limites qu'ils ne sauraient transgresser dans l'épreuve de force avec Madrid. A moins que, comme il a été dit plus haut, le rapport de force vis-à-vis du nationalisme radical (pour partie à forte connotation anticapitaliste), avec qui ils ont dû composer jusqu'à maintenant, ne leur soit par trop défavorable. Et comme un rapport de force cela se travaille, tout reste possible : DUI ou recul renvoyant à de très hypothétiques négociations, autant dire aux calendes grecques, les avancées vers la souveraineté catalane.

Samedi 7 octobre

 Les échéances se rapprochent, l'incertitude augmente...

 Sur fond de manifs espagnoliste et "blanche", un indépendantisme à la croisée des chemins


Puigdemont a rencontré la représentante des avocats de Barcelone


Journée d'importantes manifestations sur tout le territoire de l'Etat espagnol, mais principalement à Madrid et à Barcelone, qui finissent de structurer, certes de façon assez instable, le paysage politique sur la question catalane autour de trois positions : celle des partisan-es de l'unité de l'Espagne et du rejet du sécessionisme catalan, déployant force drapeaux espagnols, aurait réuni, selon la police, 50 000 manifestant-es à Madrid. Ils/elles sont mobilisé-es par le Parti populaire et l'extrême droite en ce qui participe d'une extrême droitisation accélérée ... d'une droite déjà fortement radicalisée ! Vêtu-es de blanc et déployant des bannières de la même couleur dénonçant tous les drapeaux partisans, ils/elles étaient, toujours selon la police espagnole, 1500 à Madrid et .. des milliers à Barcelone à se prononcer pour le "dialogue" entre les parties impliquées dans le conflit en Catalogne. Leur leitmotiv "hablemos" ("parlons") revendique une équidistance devant les enjeux et postule qu'il suffit de s'asseoir à une table de négociation pour que forcément il en résulte quelque chose d'acceptable pour tout le monde. La présence de représentant-es du PSC, les socialistes catalans, dans la manifestation blanche de Barcelone, semble indiquer dans quel sens penche la balance politique même si, de toute évidence, la motivation des présent-es à ces manifestations "dialoguistes" présentait des nuances visibles sur les pancartes brandies, depuis ceux/celles qui mettaient en avant que la priorité est que la police ne réprime pas un peuple jusqu'à ceux/celles qui, plus aligné-es politiquement qu'ils/elles ne veulent le dire, renvoyaient dos à dos les protagonistes du conflit à travers un sonore "ni DUI (Déclaration Unilatérale d'Indépendance) ni 155 (l'article constitutionnel permettant au gouvernement central de prendre le pouvoir sur la région autonome catalane)". C'est le PSC et son alter ego national, le PSOE, qui cherchent à tirer le plus parti de ce type de positionnement pour faire oublier le confusionnisme qui, manifestant la division dans leurs rangs, leste leurs propres positionnements naviguant entre des déclarations appelant au dialogue et celles, bien moins "blanches", qui invitent le gouvernement du PP à ne rien céder aux sécessionnistes !

Pour résister à la pression maintenue du gouvernement à laquelle se superposent, de façon contradictoires mais combinées celles de ces deux mobilisations, le camp indépendantiste se caractérise par deux options, présentes depuis le début du "processus" mais qui, en ce moment, expriment des tensions quant à la marche à suivre.

Le président de la Généralité continue à temporiser en acceptant de recevoir une délégation du collège des avocats de Barcelone proposant une formule qui, disent-ils/elles, permettrait de débloquer les choses. Qu'on en juge : il suffirait de proposer que les parties en conflit acceptent une rencontre de "conciliation" et non plus de "médiation", celle-ci étant inacceptable pour le gouvernement de Madrid puisqu'elle vaudrait reconnaissance que le gouvernement catalan est son interlocuteur à égalité de légitimité. La conciliation, selon l'expertise juridique mobilisée par les avocats, ne confèrerait aucun statut de sujet politique à celui-ci ! Le syndrome de la prise de vessies pour des lanternes étant plus répandu qu'on ne l'imagine dans certaines sphères politiques, le président Puigdemont retarde d'un jour sa comparution devant le parlement catalan où il devait annoncer la DUI. "Devait" et pas, malgré l'interdiction du Tribunal Constitutionnel, "devrait" car il se murmure que, dans la logique conciliatrice avancée sous l'égide des avocats barcelonais, ledit Puigdemont pourrait renoncer à la proclamation de l'indépendance au profit d'une ... déclaration sur "le contrôle du territoire" par les autorités catalanes, contrôle éventuellement présenté comme... "différé" ou "conditionné" qui ne deviendrait effectif qu'en janvier prochain.

Seul hic à ce qui apparaît comme un véritable et assez grotesque enfumage : la réalité des rapports de force politiques qui prennent en tenaille le pôle conciliateur de l'indépendantisme (Puigdemont mais aussi, nombre de membres de la direction de  son parti et son prédecesseur à la tête de la Généralité, Artur Mas, qui clame à qui veut l'entendre que l'indépendance n'est pas, n'est plus à l'ordre du jour). L'une des branches de la tenaille étant, bien entendu, le refus du gouvernement de Madrid de faire la moindre concession et de maintenir le choix du tout répressif, que la manif espagnoliste de Madrid appuie; l'autre branche de la tenaille est celle de la CUP, de l'ANC et de l'Omnium qui, au grand regret des "observateurs de la chose politique" ont une force de frappe dans la rue, appuyée sur des appels à la grève générale pour le début de la semaine prochaine, capable de faire capoter les bien dérisoires conciliabules institutionnels menés sous l'égide des avocats barcelonais. A quoi il faut ajouter qu'une rupture de Puigdemont avec la CUP lui ferait perdre une majorité parlementaire dont il apparaît impensable, sous peine d'un terrible discrédit auprès de sa base électorale et sociale, déjà très déstabilisée, qu'elle puisse se reconstituer avec un PSC honni dont personne n'oubliera de si tôt qu'il a été l'instigateur de l'interdiction par le TC de la session parlementaire prévue initialement lundi.  

Les choses bougent donc mais sans que l'on puisse dire dans quel sens. L'heure de vérité sonnera très probablement lundi ou mardi prochains !

 Canal+ imagine un "classico" Real Madrid-Barça télescopé par l'actualité répressive du gouvernement central

Le clou : Rajoy au point de pénalty pour "le but le plus triste de l'histoire" ! 

  Cliquer ici 

Autre détournement humoristico-politique, celui du célèbre et énigmatique tableau de Goya "Chien à moitié enfoncé"

A moitié enfoncé

Chien à moitié enfoncé (et un ami) - Francisco de Goya


Pedro Sánchez (secrétaire général du PSOE)
: Je m'efforce de comprendre la Catalogne mais...est-ce que la Catalogne s'efforce de me comprendre, moi ?

Et ceci encore : Franco : "Je n'étais  pas mort, non, non" (sur TV3, la télévision publique catalane)


"Je sauvais l'Espagne, la police cognait les grands-mères !" Cliquer ici 

Vendredi 6 octobre

 La résistance aux diktats du gouvernement central 

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Note. Nous reportons à demain samedi le traitement de l'annonce du transfert des sièges sociaux de certaines banques ou entreprises hors de Catalogne. Pour info brève en attendant: Caixabank déplace son siège social à Valencia. Elle est la deuxième banque de la région pour les parts de marché qu'elle y détient. La part qu'occupe la Catalogne dans l'activité de cette banque s'élève à 17,6%. La Banque Sabadell a, quant à elle, décidé de transférer son siège social à Alicante et l'entreprise Gas Natural à Madrid. 

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La position de la CUP (Candidature d'Unité Populaire)

Il s'agit d'un parti anticapitaliste et indépendantiste qui forme le bloc politique pour l'indépendance catalane avec la coalition Junts pel Sí (Ensemble pour le oui), qui regroupe essentiellement le parti du président de la Généralité (PDeCAT, Parti Démocrate Européen Catalan, droite libérale) et les sociaux-démocrates républicains indépendantistes de l'ERC et qui est appuyée par les deux grandes associations indépendantistes l'ANC (Assemblée Nationale Catalane) et Omnium Culturel. Junts pel Sí compte 62 députés sur un total de 135 et a besoin des dix élus de la CUP pour avoir la majorité parlementaire.

Extraits de l'entrevue accordée par la députée Mireia Boya à Mediapart et publiée ce jour.

"D’abord, je veux dire que ce n’est pas une déclaration unilatérale [d'indépendance] : il y a déjà eu un référendum, les gens ont voté. Nous ne faisons qu’exécuter le résultat de ce vote. C’est donc une déclaration d’indépendance."

"[Malgré l'interdiction, par le Tribunal Constitutionnel, de tenir la session du parlement catalan prévue pour lundi prochain] nous travaillons sur un scénario de déclaration d’indépendance, ce lundi, qui puisse y compris s’accompagner de déchéances de droits pour les élus, même d’arrestations. Nous assumons ce risque."  

"Après la déclaration d’indépendance, entrera en vigueur la loi « sur la période de transition juridique servant à fonder la République » [déjà adoptée en septembre, avant la tenue du référendum, qui prépare le terrain à l'élection d'une constituante – ndlr]." 

"La loi sur la période de transition précise que le processus constituant doit commencer entre six et huit mois après la déclaration d’indépendance."

"Avant la déclaration de l’indépendance de lundi, il n’y a pas de médiation possible. Parce que l’État espagnol n’en voudra pas. Il faudra une médiation, oui, après la déclaration d’indépendance, pour procéder à la répartition des actifs et des passifs, par exemple [pour le partage de la dette, etc. – ndlr]. On a besoin d’un médiateur. Mais à quatre jours de la déclaration, il n’y a pas de médiation possible. De toute façon, il n’y en a jamais eu depuis sept ans."

"La grève générale du 3 octobre a montré que les gens n’avaient pas peur de sortir à nouveau dans la rue, pour dénoncer la violence et exiger le respect des droits de l’homme élémentaires. Nous espérons donc que les gens vont de nouveau se mobiliser à l'occasion de la plénière de lundi, que nous, parlementaires, ne serons pas seuls, et que toute cette force populaire sera à nos côtés lundi." 

"Ada Colau, la maire de Barcelone [qui défend le droit à un référendum avec des garanties, dénonce les violences policières, mais ne soutient pas pour autant la stratégie du gouvernement régional vers l’indépendance ] a choisi une position médiane entre les deux camps, qui m’attriste. Elle a noué, pour gouverner la mairie de Barcelone, un pacte de gouvernement avec les socialistes du PSC, qui sont opposés à ce processus d’indépendance. Elle ne peut donc pas prendre parti de manière claire." L'intégralité, réservée aux abonné-es, de l'entrevue sur le site de Mediapart 

 L'ANC et la CUP préparent pour lundi des chaînes humaines dans les rues et la grève générale reconductible


La pièce maîtresse de cette stratégie de l'ANC, de l'Omnium Culturel et de la CUP : les CDR, les comités de défense du référendum (il ne devrait échapper à personne la coïncidence que les CDR soient aussi le sigle des comités de défense de la révolution cubaine, tout comme l'ajout de l'étoile blanche sur triangle bleu au drapeau sang et or de la Catalogne est inspiré du drapeau cubain). La CUP est très présente dans ces CDR, cela s'est vu lors de la grève générale de mardi dernier où ils se sont transformés en "comités de popularisation de la grève". Une  attention particulière sera portée par les CDR à la paralysie progressive du port et de l'aéroport de Barcelone tandis qu'il revient au gouvernement catalan, selon une source de la CUP, de peser, en comptant sur l'appui de la police catalane, pour paralyser les administrations, les télécommunications, les transports, les infrastructures et les services de base.

Avertissement. Cette note est une reprise de données d'un article ouvertement hostile au processus national catalan et il n'est donc pas entièrement fiable. Cela dit, il s'agit d'un site dont on peut dire que les partis pris idéologiques, par ailleurs relativement pluriels tout en étant à prédominance libérale, sont assez clairement identifiables et décrochables des données factuelles. Source : ANC y CUP preparan cordones humanos en las calles y huelga general indefinida

L'objectif est de contrecarrer par la mobilisation dans la rue l'application prévisible de l'article 155 de la constitution espagnole par lequel la région autonome de Catalogne passerait totalement sous contrôle de l'Etat central et le parlement catalan serait de fait suspendu.

Détail significatif : la Généralité a fourni à tous les policiers  catalans exerçant en civil des uniformes.

Il est prévu que les membres du gouvernement restent dans leur bureau dans l'attente éventuelle d'en être expulsés, voire arrêtés.

La consigne a été donnée de ne pas descendre dans la rue la veille, dimanche, jour où les partisans du dialogue sont appelés à manifester à Barcelone. 

La mobilisation catalane ébranle le "régime de 78"

Quand des acteurs du mouvement actuel en Catalogne disent vouloir déstabiliser le "régime de 78", ils font référence au mode monarchique parlementaire qui a donné sa forme à la démocratie espagnole à travers le référendum constitutionnel de 1978. Issu d'un compromis politique entre l'opposition de gauche (PS et PC) et une fraction moderniste du franquisme, le processus de transition qui a pris appui sur ce référendum a permis à cette fraction d'imposer l'amnistie accordée aux criminels franquistes et une structure étatique préservant le pouvoir économique et social des élites capitalistes du franquisme. Toutes choses qui ont établi une paix sociale, largement financée par les aides européennes, que la crise de 2008 a fait voler en éclat et que le mouvement des Indigné-es de 2011 a contribué à délégitimer. Depuis, le régime, déstabilisé sur ses deux piliers politiques fonctionnant en alternance, le PP et le PSOE, a réactivé les procédures répressives laissées relativement en sommeil durant le cycle économique précédent. La répression  policière du référendum catalan du 1er octobre constitue un saut qualitatif dans les réponses liberticides apportées aux contestations du système et met au grand jour et désormais en avant ce que la démocratie espagnole, longtemps considérée comme un modèle, recèle dans ses tréfonds, des ressorts de la violence préconstitutionnelle connectés à cette dictature passée dont il avait été convenu que l'on ne romprait pas vraiment avec elle, en tout cas pas intégralement. Cette "démocratie antidémocratique" espagnole est au demeurant un modèle qui s'offre aux autres gouvernements européens désireux de prévenir toute réplique populaire à leurs politiques austéritaires. Par où l'on comprend les raisons profondes du soutien que ces gouvernements apportent à Madrid pour mater le défi catalan.

Jeudi 5 octobre

Nous reviendrons demain sur le projet des grandes banques ayant leur siège à Barcelone de le déplacer  à l'extérieur de la Catalogne. Le gouvernement de Madrid, de son côté, en rajoute, dans ce qui devient aussi une guerre financière et économique, en disant préparer un décret permettant la sortie en urgence, hors de Catalogne, des entreprises qui le souhaitent.

Le temps des manoeuvres


Cette journée a apporté son lot de tension avec l'annonce par le Tribunal Constitutionnel (TC) qu'il interdisait la séance du Parlement catalan prévue lundi prochain où officiellement le président de la Généralité devait présenter les résultats du référendum de dimanche dernier mais où, selon toute probabilité, allait être votée la DUI (Déclaration Unilatérale d'Indépendance). Il est à noter que cette interdiction est la conséquence de la saisine du TC par le Parti Socialiste Catalan (PSC) pour la négation des droits des député-es qu'induirait le libellé de la convocation à cette séance du Parlement. L'exposé des motifs du recours des socialistes se base en fait sur la "radicale" atteinte à la Constitution et au Statut d'Autonomie qu'induirait une DUI. Il fait référence aussi au non respect, par le texte convoquant le Parlement, des résolutions par lesquelles le Tribunal Constitutionnel suspendait les lois votées par ledit parlement pour la tenue du référendum, en particulier celle qui faisait de cette consultation l'amorce du passage à la forme République de l'Etat indépendant. Synthèse de El Tribunal Constitucional prohíbe el pleno del Parlament del lunes (eldiario.es) 

Ce que la presse espagnole voit comme une possibilité de débloquer la situation est venu d'une proposition faite par le porte-parole parlementaire de la coalition catalane, constituée autour de Podemos, Catalunya Sí Que es Pot (CSQP, La Catalogne, oui c'est possible). Elle repose sur une manoeuvre réglementaire par laquelle les parlementaires de CSQP sollicitent la comparution du président de la Généralité sans faire aucune référence aux textes de lois invalidés par le TC, sans donc mentionner que la DUI est à l'ordre du jour. Il suffirait que l'honorable président, comme il est de tradition de l'appeler, laisse entendre que, s'il reste décidé à proclamer l'indépendance, cette proclamation n'aura pas lieu à cette session du parlement catalan ! L'annonce par le PP que, dans ces conditions, il participerait à ladite session indique que la manoeuvre a fonctionné. Mais comment dit-on en catalan "reculer pour mieux sauter" ? (lire Coscubiela sortea al TC y pide la comparecencia de Puigdemont sin mencionar la declaración unilateral - eldiario.es)

On peut néanmoins considérer que tout ceci participe, avec la caution des parties parmi les plus opposées de la gauche sur le sujet (le PSC et Podemos), d'une même volonté par les "institutionnels" de reprendre la main au détriment de la dynamique "de rue" qui a été le facteur essentiel pour gagner le défi du référendum. En clair, combinée à toute une série d'appels, dans le camp catalaniste, à ne pas presser le pas vers la DUI et de déclarations sur la nécessité d'une médiation de l'Union Européenne en faveur d'une sortie négociée du conflit (démarche qui a, dans l'immédiat, reçu une fin de non recevoir tant de l'UE que du gouvernement de Madrid), se dessine, loin d'une légitime affirmation de la volonté d'aller, en contournant au mieux les menaces, vers un vote parlementaire de la DUI, une stratégie d'affaiblissement et d'usure rapide de la résolution populaire à garder le cap de l'indépendance sur le mode de la proclamation unilatérale. 

Si évidemment le risque d'une confrontation violente avec l'Etat central est réel et si, tout aussi évidemment, il y a à définir la stratégie appropriée pour réduire, autant que faire se peut, les coûts politiques et humains, il reste que ce qui est en train de se mettre en place dans le jeu de rôle des gauches institutionnelles travaille objectivement à développer l'attentisme général des acteurs de terrain, à ralentir, pour l'instrumentaliser, le processus en cours (un processus national qui, par la grève générale de mardi dernier s'est enrichi des prémices, certes encore bien incertains, d'une dynamique sociale "ouvrière"). 

Il est à ce titre intéressant que nous retrouvions le même schéma qui a été à l'origine de l'avènement de la démocratie par Transition dans les années 70 : un chantage au recours à la violence (n'oublions pas que le chef de la police catalane et les deux responsables des puissantes associations indépendantistes l'ANC et Òmnium sont convoqués demain par les juges sous l'accusation de favoriser la "sédition" avec la menace, collatérale à cette accusation, de condamnations à 15 années d'emprisonnement !). A l'époque il s'agissait du chantage à la violence de l'armée franquiste restée intouchée, aujourd'hui, c'est celui de corps répressifs de l'Etat démocratique (y compris, pour l'instant en réserve, l'armée) qui, on vient de le voir, gardent des pouvoirs d'agression antipopulaire, clairement nourris à des pratiques "franquistes" qui avaient seulement été mises en sourdine en période d'hégémonie politique des élites et qui sont réactivées par les temps actuels de crise (2008, 2011 et aujourd'hui). Céder à ce schéma du chantage et donc du recours à la "modération" en 2017, comme il avait été fait dans les années 70, serait signer la chronique d'une défaite annoncée. Il importe donc d'impulser sur le terrain, comme y contribuent la CUP et les autres anticapitalistes, tout ce qui peut permettre, avec toute la souplesse tactique requise par une situation des plus complexes, de faire que ce qui se passe au Parlement catalan reste soumis, comme cela est le cas jusqu'à ce jour, à la dynamique de mobilisation extraparlementaire qui a rendu possible l'impensable : l'élargissement de la base populaire des idées d'indépendance et de proclamation de la république catalane. Avec l'onde de choc qui pourrait en résulter dans le reste de l'Etat espagnol, voire en Europe, y compris hors logique d'un mouvement national, par la démonstration qu'il est possible d'imposer un rapport de force, de mettre fin au cycle des défaites et de commencer à jeter les bases d'une contestation radicale du système d'exploitation et d'oppression qui est l'ordinaire du capitalisme. Rien n'est gagné, loin de là, mais, sinon tout, plus est possible qu'il n'a été fait jusqu'ici depuis si longtemps ! L'espoir en Europe se dit aujourd'hui esperança.


Mercredi 4 octobre

- Au nom de la démocratie, éloignez-vous de l'urne
- Dis-moi, et si on montait aussi dessus ? 
Cliquer ici

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Quelques titres de tribunes après le discours du roi

Le roi antiémeutes 
El rey antidisturbios 

Daech revendique le discours du roi  
El ISIS reivindica el discurso del rey 

Delenda est Monarchia (parodie d'une phrase célèbre du romain Caton l'Ancien, pendant les guerres puniques, Carthago delenda est, c'est-à-dire Carthage doit être détruite)   
Delenda est Monarchia

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 Rajoy le grand séducteur

Catalans, ne partez pas !
Où serez-vous mieux qu'avec nous ?
On vous aime !

Le roi a débarqué hier en Catalogne  et il l'a fait par la droite... par l'extrême droite
(retweet de Indigné-es !! par la tante de...la reine !)

Etudiant-es indépendantistes en manifestation le 3 octobre

17h45.

La menace militaire se précise. Alors que le gouvernement catalan confirme que très prochainement, au début de la semaine prochaine probablement, il prendra ses dispositions pour procéder à la Déclaration Unilatérale d'Indépendance (DUI) votée par le Parlement de Barcelone début septembre, le Ministère de la Défense espagnol vient de donner l'ordre de déplacer en Catalogne des unités logistiques (20 camions) de l'armée de terre basées à Saragosse. Cette mesure est dans la suite logique de l'intervention du roi hier soir qui, rappelons-le, est le chef des armées. Son appel à la fermeté se concrétise donc et signifie le passage à un cran supérieur dans l'escalade répressive du pouvoir : désormais l'armée vient prêter son appui logistique à la police et à la Garde Civile en place dans la région.

Les premières informations présentent l'affaire sur le mode anodin d'un appui logistique... d'intendance (nourriture, blanchisserie, douches, hygiène...) visant à compenser les déboires hôteliers que connaissent les policiers et la Garde Civile  qui, suite à leur prestation de dimanche, ont été déclarés persona non grata de certains hôtels qu'ils occupaient dans des villes et villages du coin. Mais il ne ne devrait faire aucun doute que ces installations pourraient servir à loger d'autres forces que policières ! D'autant que ces unités ont fait leurs preuves sur des théâtres de guerre comme la Bosnie, le Kosovo, l'Irak, le LIban ou encore l'Afghanistan. De manière biaisée, c'est le premier signal, en guise de menace, qui est envoyé que l'armée s'implique dans le conflit en Catalogne. N'oublions pas par ailleurs que les effectifs de police qui y ont été dépêchés s'élèvent à 10 000 personnes. Infos tirées de Defensa envía dos convoyes a Barcelona para apoyo logístico a Guardia Civil y Policía

La photo est un document d'archive

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Roi d'Espagne, Rajoy, renforcez la République... 

Voici un tweet d'un député de la France Insoumise. Comment dire...Non, rien... Il n'y a qu'à espérer que c'est un fake...


Déjà que ceci était comment dire (oui, on se répète)...

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(Précision : bien mettre le curseur de la lecture à zéro sinon on zappe Mélenchon et on embraye directement sur Asselineau !)

Il rectifie donc mais sans autocritique de  ses premières déclarations assez scandaleuses


Mais cette rectification faite en loucédé verse dans une compassion qui ne s'adresse pas explicitement aux Catalan-es et manifeste certes un rejet de la violence policière sans pourtant revenir sur la question de fond - ô combien embarrassante pour un partisan de l'unité des Etats tels qu'ils existent - du droit d'un peuple à s'autodéterminer. D'où la mollassonne et bien peu crédible proposition que la France joue le rôle de médiateur. En somme, comme dans la première vidéo, les Catalan-es ne sont jamais évoqué-es pour eux/elles-mêmes (il n'y en a que pour la "nation espagnole, notre soeur" à nous, "membres de la patrie républicaine des Français" qui ne saurait être affectée (sic) par ce qui se passe là-bas !) ni pour le droit démocratique à tenir référendum pour lequel ils/elles se sont mobilisé-es et dont l'Insoumis n'a rien à cirer... Toujours donc à côté de la plaque. La FI, elle, fort logiquement avec ce que défend à l'Assemblée Nationale son chef, ne participe à aucune des actions concrètes en soutien à la mobilisation en cours en Catalogne sud. 
 
23h30

Parmi les réactions au discours télévisé du roi ...

0h30


Une fois fini le discours royal, les sifflets et coups de klaxon couplés à des "Vive la République catalane" ont envahi les rues de Barcelone alors que parvenaient les échos de la casserolade qui ponctuait la journée de grève et qui, prévue à dix heures, avait été avancée à 9 heures pour coïncider avec l'allocution du roi ! 

"En tant que responsable d'un groupe parlementaire représentant plus de 5 millions d'Espagnols, je dis au roi qui n'a pas été élu : pas en notre nom" (Pablo Iglesias pour Podemos)

"Aucune solution. Aucune mention des blessés. Aucun appel au dialogue. Discours irresponsable et indigne d'un chef d'Etat" (Ada Colau, maire de Barcelone, dirigeante de Catalogne en Commun)

"Adieu monarchie" (Gerardo Pisarello, Catalogne en Commun)

Police ici, police là-bas, les mêmes sales besognes...

Paroles à méditer. Leur auteur, Albert Boadella, célèbre dramaturge catalan, fondateur de la célèbre troupe Els Joglars qui défia à maintes reprises la censure franquiste, a connu une triste évolution politique le menant à s'aligner sur la droite la plus opposée à la revendication nationale catalane. Il n'empêche, ce qu'il dit ici est frappé au coin du bon sens politique

"Les journaux français poussent des cris d'orfraie mais, quand, en France, il y a une manifestation, la police et la Garde Civile espagnoles sont, comparées à la police française, des enfants de choeur".

Ce qui, pour nous, à la différence de ce que veut dire Albert Boadella, ne doit pas amener à minorer la gravité des brutalités policières de dimanche en Catalogne sud. Seulement à saisir les éléments de continuité transfrontière dans les comportements policiers que le qualificatif de "franquiste" appliqué au gouvernement de l'Etat espagnol ferait oublier trop facilement.

La vice-présidente du gouvernement de Madrid porte plainte



Soraya Sáenz de Santamaría, en charge des territoires et, à ce titre, en première ligne de responsabilité pour les évènements de dimanche, veut ainsi dénoncer les propos tenus par le célèbre ancien joueur du Barça, le bulgare Hristo Stoichkov à la télévision américaine qui dénonçait qu'"elle avait envoyé la police cogner des gens innocents". Dans la foulée, en brandissant la photo de Soraya Sáenz de Santamaría, il a déclaré : "Son grand-père, un franquiste. Son père, un franquiste. Elle, une franquiste. Son fils, pareil". Ce sont ces paroles qui lui valent la plainte en question.

Aujourd'hui il n'y a pas de blagues
Votre serviteur dessinateur se joint à la grève appelée en Catalogne pour protester contre la brutale, inutile et irresponsable action des forces de l'Etat contre des personnes qui exprimaient pacifiquement leur opinion. Bon, j'arrête là : heureusement, vous lisez la presse sérieuse et êtes au courant de ce dont je vous parle ! 
Merci pour votre compréhension ! Je vous embrasse très fort ! Voir ici

0h
 
"Un Chef d'Etat, pour qui personne n'a jamais voté, appuie sans réserve le Parti Populaire. Fin de la monarchie" (tweet de Xavier Domènech, dirigeant de Catalunya en Commun, le parti de Ada Colau)

"Le roi ne nous considère plus des citoyens de l'Etat espagnol" (Joan Bagué, sénateur et  dirigeant du PDeCAT, le parti du président de la Generalité)

Les jeunesses socialistes prennent à contrepied le  secrétaire général du PSOE : "Nous prenons aujourd'hui la route. Santé et République"

Ledit secrétaire général a, dans un premier temps, retenu l'esprit de concorde qu'aurait manifesté le monarque. Désormais la réaction des autres dirigeants du PSOE, sans désavouer celui-ci, déplorent qu'il se soit abstenu d'en appeler au dialogue ! Les socialistes au service minimum, ce qui ne fait pas oublier qu'ils ont soutenu le gouvernement contre la mobilisation catalane. Après les évènements de dimanche ils ont trouvé que c'était allé trop loin et, oui, dialogue, blabla...

"FeliPPe" s'est borné à tweeter le remuant député de ERC (sociaux-démocrates catalanistes républicains), Gabriel Ruffian, tandis que son camarade de parti, le député Joan Tardá, tweetait un très concis "Philippe VI comme Philippe V". Cinglante allusion à l'occupation de Barcelone par les troupes de Philippe V d'Espagne, le 11 septembre 1714, qui mit fin à la révolte catalane contre les Bourbons d'Espagne. Ce jour, le 11 septembre, est, depuis 1980, la date nationale de la Catalogne, la Diada.

23h
Le roi d'Espagne donne le feu vert au coup d'état contre la Generalitat. La riposte ? Dégage vers les poubelles de l'histoire !

Cliquer ici Ce fantoche, représentant d'une monarchie qui n'a aucune légitimité populaire, n'a eu, dans une brève allocution télévisée, que des mots appelant au retour à l'ordre constitutionnel. Sa police qui dimanche a réprimé à la franquiste ? Rien à dire sur le sujet ! Le retour à l'ordre, que le retour à l'ordre, c'est-à-dire implicitement l'activation de l'article 155 de la constitution qui permet au gouvernement de Madrid de destituer le gouvernement d'une région autonome à son profit...Il est hautement significatif que ce personnage, emblématique d'une institution corrompue, ait procédé à un tel rappel au droit, à la démocratie et au supposé intérêt général, le jour où s'est produite une grève générale exceptionnellement réussie en Catalogne qui montre que le peuple catalan est majoritairement mobilisé contre le régime en place et en faveur de sa liberté ! Ce régime n'est certes pas franquiste, il est indexé sur les logiques capitalistes "modernistes" de l'Union Européenne, mais il recycle les méthodes policières, jamais éradiquées, des temps de dictature. Il les offre en modèle aux démocraties toujours plus antidémocratiques de ladite Europe pour casser toute tentative de ripostes à leurs mesures antipopulaires/liberticides. Hollande-Macron nous ont donné un avant-goût ultra-policier-capitaliste de cette internationale de la matraque...
A l'ordre du jour dans l'Etat espagnol, oui, la mise en déroute de cette institution monarchique, un processus destituant/constituant, la lutte pour une république des peuples d'Espagne auto-organisés sur la base de leurs droits sociaux et politiques, la fin de ce régime de corrompus qui imposent les pires mesures austéritaires. Que mille Catalogne éclosent dans l'Etat espagnol ! Solidarité sans condition avec les Catalan-es contre ces représentants du capital ! Cette solidarité c'est notre meilleure contribution à notre propre lutte contre les amis et complices européens de Rajoy et de Felipe machin. A commencer par "notre" Macron !

El nuevo traje (partidista) del rey
 

"Dans son discours après le référendum du 1er octobre, le roi a été très Franc (en espagnol "franc" se dit "franco") "
Le texte dans la photo : Le meilleur discours de Rajoy de Bourbon et Brey depuis des mois (le roi est souvent désigné par son patronyme - presque - complet : Felipe de Borbón y Brey)
  
Grève générale très suivie ce 3 octobre

Importante mise à jour de cette page vers 21h.


16h45

700 000 selon la police de Barcelone

Cliquer ici


90% des commerces de détail de la Catalogne sont touchés par la grève. 

37 routes sont coupées par les manifestant-es. En particulier des voies principales comme les autoroutes AP-7, A-7, A-2 ou C-31. Le trafic routier est désorganisé, voire paralysé par d'énormes bouchons.

Des tracteurs aussi sont entrés en action.



Ici les pompiers de Barcelone en grève

Echec et mat à la violence. Contre l'occupation policière, l'intelligence du peuple

 
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11h

Elle est appelée, indiquent les médias, par les syndicats CGT, IAC, COS et Intersindical CSC, ce qui confirmerait ce qui se pressentait hier, le retrait des deux principaux syndicats les Commissions Ouvrières et l’UGT. Il apparaît cependant que la grève est très suivie, en particulier dans les transports, les commerces, les ports ou l’agriculture. La CGT indique que de nombreux piquets de quartiers ou de villes, organisés en comités de grève locale mènent des opérations de popularisation de la grève dans les rues et les zones industrielles.

Des barricades ont été érigées dans des zones industrielles de Lleida (Lérida) qui ont provoqué la fermeture d’entreprises. Les petits commerces sont touchés par un pourcentage très élevé de fermetures dans les principaux centres urbains de Catalogne tandis qu’à Barcelone le fonctionnement des transports publics est réduit au minimum aux heures de pointe (entre 6h30 et 9h30 et entre 17h et 18h) et les possibilités de déplacement en journée s’annoncent incertains. Le métro de Barcelone fonctionne à 40% et les autobus à 30%. Les trains de banlieue et les trains régionaux tournent à 33%.
Dans le secteur privé des patrons ont pris l’initiative de fermer leur entreprise. Même chose pour des coopératives. A Barcelone c’est le petit commerce qui est le plus touché tandis que les grandes enseignes restent ouvertes. Toujours à Barcelone ce sont seulement 4 marchés municipaux sur les 39 que compte la ville qui sont ouverts.

Les ports de Barcelone et de Tarragone sont aussi pratiquement à l’arrêt car la grève est presque en totalité suivie chez les dockers des grands bateaux selon leur syndicat. Dans le secteur agricole également la grève est suivie : les travailleurs du riz du Delta de l’Ebre ont prévu d’interrompre la récolte.

Le secteur le plus touché concerne les universités de la région qui sont toutes fermées.

Il faut rappeler que cette grève générale a été appelée pour protester contre l’attitude de la police dimanche pendant la tenue du référendum et en défense du « droit à décider » (droit d’autodétermination). Cette grève est soutenue, entre autres formations politiques, par les anticapitalistes indépendantistes de la CUP.

Cette grève générale se combine avec une « grève civique ». Celle-ci est appelée par le puissant Comité pour la démocratie qui a joué un grand rôle dans l’organisation pratique du référendum car il regroupe nombre d’associations sportives, de quartiers… très utiles pour contourner les opérations de police contre le référendum. Cette grève civique est suivie par le club de foot du Barça, les journalistes de Ara, ceux de TV3 et de la Radio de Catalunya ; la Généralité (Autonomie catalane) a, par ailleurs, annoncé qu’elle ne procèdera à aucune retenue de salaire pour fait de grève parmi ses personnels. De fait ce sont toutes les institutions politiques (en particulier les mairies) qui relaient cet appel à la « grève civique » appelée aussi "grève du pays".

Données prises de divers sites d’infos en langue espagnole

Communiqué du secrétariat permanent de la CGT de Catalunya de ce matin (traduit et transmis par Pierre du NPA 31) : http://www.cgtcatalunya.cat/spip.php?article12627

A 0 heure, a commencé la grève générale en Catalogne, qui devrait être massive, tant par la participation aux piquets de grève du matin, que par les fortes manifestations du soir dans les grandes villes.
Aujourd'hui, il n'est pas question de « sauver le pays », une figure de rhétorique non pertinente inventée par les CCOO et l’UGT pour cacher leur inaction et ne pas soutenir la grève de 24 heures de ce mardi convoquée par les syndicats CGT, IAC, COS et I-CSC. Ainsi, ils ont encore une fois déçu les millions de travailleurs qui en ont marre de l'arrogance de l'Etat, des réformes du travail et de la souffrance accumulée.

Aujourd'hui, le peuple qui lutte pour ses droits fait la grève générale, un droit gagné par la classe ouvrière, qui agit pour la défense de nos intérêts et de nos droits. En dépit de l'intoxication des soi-disant « syndicats majoritaires », le peuple catalan ira en masse dans les rues pour de nombreuses raisons : la défense des emplois promue dans les appels syndicaux et aussi contre la férule militaire qui a versé notre sang dans les écoles où étudient nos fils et et nos filles.
Ce matin, au lever du soleil, l'aube de la liberté illumine une journée de grève générale qui remplira les rues et les places de la dignité des travailleurs. Ce que craignent les patrons et les États.
Les rues seront toujours nôtres.

Secrétariat Permanent du Comité Confédéral de la CGT de Catalunya

3 octobre 2017

Hier soir au siège de la police de Barcelone

La police catalane escorte les fourgons de la police espagnole à leur sortie du siège de la police de Barcelone sous les huées de centaines de personnes dénonçant les violences commises la veille

Infos à suivre