À la Une

Consultez les articles par rubrique

LUTTES SOCIALES
FÉMINISME
ANTIRACISME ANTIFASCISME
>


SOLIDARITÉ MIGRANTS
ÉCOLOGIE
JEUNESSE ENSEIGNEMENT


POLITIQUE LOCALE
DÉBATS
POLITIQUE NATIONALE


INTERNATIONAL
RÉPRESSION
NPA

Montpellier. Être du bon côté du flash-ball.




Il y a des choses, comme ça, que l'on apprend dès qu'on s'intéresse à la vie sociale et politique...
  • Qu'il vaut mieux, quand a affaire à la justice, être riche et influent que pauvre et révolté.
  • Que la justice et la police défendent au bout du compte les mêmes intérêts, ceux de la classe dominante et de l'état à son service.
  • Qu'un flic ne saurait être considéré comme coupable quand il commet une bavure lors d'une opération de répression.
On le sait... Mais on a beau le savoir, c'est à chaque fois le même sentiment de rage et de révolte.
Et voila que le policier qui a crevé l'œil de Florent Castineira, dit Casti, d'un tir de flash-ball vient d'être acquitté par la... "justice" !... Légitime défense ?... "involontaire", selon le procureur.  Légitime défense involontaire, une nouvelle notion juridique qui devrait permettre de légitimer bien des abus !



Pourtant, quand, le 21 septembre 2012, Casti, supporter de l'équipe de foot de Montpellier, reçoit un tir de flash-ball, il est attablé, en train de boire un verre un quart d'heure avant le début du match. Tous les témoignages concordent pour indiquer que ce policier de la BAC n'était nullement menacé.

Vous pouvez retrouver les détails dans l'article que nous avions publié en octobre 2016 :
Nous avions aussi fait paraître un
Vous trouverez ci-dessous ce qu'écrivait à ce sujet Médiapart en 2014.

Casti vient d'être arrêté pour avoir mis le feu à des poubelles, dans un geste de rage et de désespoir. 

CASTI, NOUS SOMMES À TES CÔTÉS FACE À CETTE VIOLENCE ET CETTE INJUSTICE !

VIDÉO parue sur le site lundi.am

Ce qu'écrivait Médiapart en 2014 :
Le commandant J. C., qui dirige la compagnie départementale d’intervention (CDI), accourt à leur suite sur les lieux. Son récit est bien plus modéré. Cet ancien CRS, apprécié des supporteurs, évoque de simples jets de projectiles, « principalement des canettes vers les collègues de la Bac ». Il n’a vu ni « coups de matraques », ni « collègues au sol», « pris à partie » ou « se faire violenter ». « C'était vindicatif, ça gueulait, mais il n'y avait pas contact physique entre les supporteurs et les collègues, à mon arrivée en tout cas », confirme le chef de l’autre groupe de Bac, qui rapplique lui aussi aussitôt.
C’est à ce moment que le gardien de la paix C. S., en charge d’un des deux Flashballs dont est doté le groupe, tire en direction des supporteurs pour dégager ses deux collègues. Le Flashball au niveau des hanches, C.S. dit avoir visé « en direction des jambes » de « cinq ou six supporters » qui avançaient. « Je me suis dis que si les supporteurs nous contournaient nous étions morts », justifiera-t-il devant l’IGPN. Le fonctionnaire affirme avoir effectué des sommations. Aucun des témoins ne les a entendues. Quelques secondes plus tard, le bruit assourdissant d’une grenade de désencerclement lancée par un policier retentit. Castineira, tranquillement assis et qui s’apprêtait à se lever pour décamper, est projeté au sol, inconscient et l’œil en sang.
(.....)
Selon les supporteurs, c’est la blessure de Castineira qui a provoqué les jets de projectiles et les échauffourées. « Quand j'ai entendu la détonation, la vingtaine de supporteurs étaient encore assis, tous à part deux ou trois, a indiqué à l’IGPN le serveur d’une buvette ambulante. C'est au moment de la détonation qu'ils se sont tous levés et qu'il y a eu des jets de chaise envers les policiers. » Selon la version livrée par un des responsables du groupe de supporteurs, « ceux qui ont foutu le bordel, ce sont les policiers de la Bac, alors qu'ils n'avaient rien à faire là, car c'est normalement les effectifs de maintien de l'ordre du commandant (de la CDI) qui interviennent ». D’ailleurs, affirme-t-il, « une demi-heure avant ce drame, le commandant (de la CDI) était passé aux buvettes et tout se passait très bien. Quand il a vu la tournure prise par les événements, il était effondré ».
(.....)
Et la campagne d’enfumage commence. Comme le relate So Foot, des sources anonymes mettent d’abord l'intervention policière sur le compte de heurts entre supporteurs montpelliérains et stéphanois, heurts qui n'ont jamais eu lieu. Puis sur un blog local, un commissaire divisionnaire, toujours sous couvert de l’anonymat, met en doute le lien entre la blessure de Castineira et le tir de Flashball, évoquant « l’éclat d’une bombe agricole lancée par un supporteur violent ». Le Midi libre et France 3 Languedoc-Roussillon annoncent le dimanche 23 septembre que « de source policière » le jeune supporteur « a été opéré avec succès samedi après-midi au CHU de Montpellier et son œil sera sauvé ». La veille, le rapport du médecin légiste transmis à la sûreté départementale concluait pourtant à un « éclatement du globe oculaire » et envisageait son « énucléation »…
(.....)
Lors de son audition par l’IGPN, C. S. menacera même d’attaquer en diffamation « toutes les personnes m'ayant présenté comme le responsable des blessures de ce jeune homme ».
(.....)
Quant à la vidéo « illisible », il suffisait pour la lire de se procurer le logiciel de visionnage du CSU, comme l’a fait en juin 2013 l’expert informatique requis par le juge d’instruction Patrice Gelpi pour résoudre ce mystère technique. « L’enquête de l’IGPN n’a pas eu d’autre vocation que de légitimer l’action policière, estime Me Corbier. Comment peut-on parler de légitime défense alors que Florent Castineira était tranquillement assis en train de siroter son verre ? Aucun comportement inadéquat ne lui est reproché. »

Claude NPA 34