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Montpellier. Contrats aidés... enterrés !

En finir avec la précarité ne passe pas
par la suppression par Macron des emplois aidés !



Le vendredi 10 novembre à Montpellier un cortège d’une cinquantaine de personnes avec cercueil au son de la marche funèbre ont défilé à Montpellier pour réagir face à la suppression des emplois aidés. Cette mobilisation n’est pas la dernière. Une prochaine réunion est prévue ce lundi 20 novembre pour envisager la suite …
Nous avons posé quelques questions à Valérie qui fait partie des membres organisateurs de cette marche
.




Martine (NPA) Pourquoi cette mobilisation ?

Nous avons réalisé cette mobilisation dans le cadre de l'appel du collectif national des associations citoyennes (http://www.associations-citoyennes.net/) pour une 2ème journée noire des associations le 10 novembre, afin de signifier notre désaccord et les conséquences désastreuses de la suppression des emplois aidés dans les associations.
Plus de 200 actions ont eu lieu en France, à Paris et dans les régions. (http://www.associations-citoyennes.net/?p=10804).
En 2016 il y avait 418 000 contrats aidés (CUI-CAE qui profitent surtout aux seniors ou aux personnes éloignées de l'emploi, et contrats d'avenir pour les jeunes de 16 à 25 ans sans formation).
En juillet 2017, l’État a décidé d'en supprimer 150 000 d'un coup, sans aucune concertation. Tout a été bloqué et Pôle Emploi a été dépassé avec pour seule réponse " on ne sait pas, on ne peut pas, on doit attendre !"
En 2018, l’État annonce qu'il va en supprimer 100 000 de plus !

Nous ne voulons pas les laisser faire sans réagir, nous tentons de mobiliser les associations pour s'unir et se défendre contre cette politique meurtrière vis à vis des associations.

M. Quelles sont les conséquences concrètes de ces suppressions ?

Les conséquences concrètes sur les personnes concernées : ce sont environ 10 000 personnes qui n'ont pas pu renouveler leur contrat ou qui n'auront pas été embauchées malgré avoir été sélectionnées. Cela veut dire que des milliers d'associations risquent de devoir mettre la clef sous la porte sans ce personnel car il faut savoir que les bailleurs qui nous financent actuellement (État, collectivités, CAF ou fondations...) le font uniquement sur des logiques d'appels à projets et ne veulent pas financer de salaires pour le fonctionnement. Or pour mettre en place des projets, il faut une structure qui fonctionne avec des permanents, pour coordonner les activités, les développer, pour le secrétariat, la compta, l'encadrement des bénévoles.... L'aide par les contrats aidés permettait aux associations de développer des actions, de constituer une trésorerie pour pouvoir salarier ensuite. De nombreuses associations proposent des CDI à la suite des contrats aidés. Pour les personnes en contrat aidé, c'était un moyen de retrouver plus facilement un emploi, de pouvoir faire ses preuves et du réseau, et souvent d'être embauchées dans la structure.
Les conséquences sont aussi pour toutes celles et ceux qui bénéficiaient des associations, des milliers de crèches associatives risquent de fermer. Les associations touchent tous les publics, enfants, jeunes, adultes, personnes âgées, handicapés... dans tous les domaines, éducation, solidarité, culture, loisirs... Si les associations ferment, ce sont tout ces publics qui seront impactés également.

M. Les emplois aidés sont des emplois précaires. N’y a-t-il pas une contradiction à les défendre ?

Oui bien sûr les emplois aidés sont précaires, et c'est pourquoi nous en profitons pour demander à l’État de reconnaître le travail des associations pour nous allouer de vrais budgets de fonctionnement afin de proposer de vrais emplois et des CDI. Mais si nous nous élevons aujourd'hui contre la fin des emplois aidés, c'est parce que c'est trop brutal et que cela met tout le monde dans la m.... (si je peux me permettre), nous n'avons pas eu le temps de nous organiser pour trouver des plans B.
Mais c'est clair, Ras le bol de faire de véritables actions de service public avec les miettes qu'on veut bien nous donner ! Il faut que l’État reconnaisse notre utilité. Sans les associations, plus de fêtes de village, plus d'activités de loisirs pour nos enfants, plus de solidarité pour les personnes âgées, pour les familles en difficulté, plus de concerts, de festivals, plus de sport... tout sera réservé uniquement à ceux qui peuvent payer !

Nous tentons de monter un collectif d'associations citoyennes dans l'Hérault, on a une réunion à cet effet lundi 20 novembre à 19h30 à la Cimade à Montpellier (28 rue du Faubourg Boutonnet), on espère être nombreux pour rester vigilants et montrer à Macron et à sa cour qu'on ne lâchera pas !

Merci Valérie.
Propos recueillis par Martine, correspondante NPA 34

Voir aussi l'article du Poing
Ainsi que celui de FR3