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Etat espagnol. Après les atteintes à la liberté d'expression...


 ... la corruption est montrée du doigt par l'Europe !

Rien ne va plus ! Mais ils sont toujours au pouvoir !


 Un niveau de corruption, représentant « 9,6% du PIB à l’année », « un certain nombre d’affaires ont eu un très grand retentissement médiatique ces derniers temps dans le pays », « des fraudes et manipulations dans les appels d’offres publics et privés dans tous les secteurs de l’économie ces dernières années », « un manque à gagner d’environ 40 Md € par an », et pourtant peu d’articles dans les médias français sur les grands procès de corruption du Partido Popular de Mariano Rajoy qui se sont déroulés en Espagne depuis octobre et mettant en cause des anciens ministres, des président de communautés autonomes, des membres du parti au gouvernement actuellement à Madrid. Heureusement que le Trésor public français est là pour publier des informations. Cliquer ici


 Note du NPA 34

Il est toujours utile, grâce à la lecture d'un article comme celui-ci, de prendre la mesure de la corruption dans l'Etat espagnol, en ces temps où a encore cours l'idée que l'Espagne serait une démocratie que seuls contesteraient des antidémocrates et nationalistes, donc quasiment (ou pleinement) des fascistes, comme seraient, à en croire certains esprits délirants, les indépendantistes catalans. 

Les sévères rappels à l'ordre prodigués tout récemment contre le Gouvernement espagnol par le Tribunal Européen des Droits Humains (TEDH) ou Amnesty International (AI) sur les atteintes à la liberté d'expression, dont la justice espagnole est indéniablement le vecteur (lire ici), commencent seulement à fendre cette tenace idée reçue de la démocratie régnant outre-Pyrénées. Or tout se tient : la corruption est antidémocratique, qui plus est dans le contexte de la sévère purge économique à laquelle est soumise la majorité de la population, antidémocratique, donc, tout autant que les coups portés à une liberté d'expression qui pourrait fonctionner comme une arme de destruction massive de l'intox politique prodiguée autour des affaires d'enrichissement illicite chez les proches du pouvoir.

Ceci étant dit, nous lisons dans l'article fort pertinent de la Semaine du Roussillon que, sur ces cas de corruption, "29 sentences ont été prononcées dont 27 d’entre elles se sont soldées par une condamnation des accusés." Signe que, malgré tout et même contre ce que disent le TEDH et AI, la justice espagnole ferait, en toute indépendance, "son travail" ? Que nenni, car la suite de cette phrase indique la disproportion qui joue entre les condamnations et les plaintes qui sont déposées : "Plus de 650 dénonciations de cas de corruption (suspicions) ont par ailleurs été déposées devant la Fiscalía [Ministère Public]". Dérisoires, en quantité et en qualité (la durée des peines) sont les condamnations qui, au demeurant, touchent avant tout des personnages de seconde zone comme le trésorier du PP. Tout au plus semblent menacés judiciairement, mais attendons de voir, des figures plus importantes comme le dirigeant de Bankia, ancien ministre du PP, ancien directeur général du FMI ou le beau-frère du roi, condamné depuis des mois mais toujours dans l'attente de voir confirmée une éventuelle peine d'emprisonnement... L'essentiel reste que la main-mise du PP sur l'appareil judiciaire, par le jeu ds mutations et des nominations par les "amis de l'intérieur", aura permis que les plus importants rouages de l'Etat et de l'économie soient épargnés de toute imputation judiciaire, à commencer par l'actuel président du gouvernement dont tout indique pourtant qu'il est l'un des plus mouillés dans ces actes délictueux. 

On lira avec intérêt, à ce propos, ce que déclarait, il y a quelque temps, le juge qui, sur le point de faire exploser la bulle protectrice de ces délinquants de haut vol, fut débarqué sans ménagement : 

 

"Ma vie judiciaire a changé lorsque j’ai instruit deux poursuites pénales de très grande importance, l’affaire Blesa (du nom de Miguel Blesa, ancien président de Caja Madrid N.D.L.R.), et l’affaire Banco de Miami (Banque de Miami). Si elles avaient fait l’objet de recherches et d'investigations poussées, ce que j’étais en train de le faire, ces procédures auraient révélé la nature fondamentalement corrompue du Régime politique de 1978 aux mains du Partido Popular (PP). Le chapitre financier de la corruption du PP, celui-là même qui nous a conduit directement à la nécessité de sauver les banques, aurait été démontré et prouvé une fois pour toutes. […]

À partir de ce moment une campagne de discrédit sans précédent a été déployée contre moi, en Espagne, et avec un montage typique du Régime, on a réussi à me faire abandonner le métier de juge. (Elpidio Silva a été suspendu 17 ans en 2014 pour « prévarication », (non respect de ses charges) comme le célèbre juge Baltazar Garzon deux ans avant lui, lequel dénonce également une « corruption systémique » en Espagne depuis la fin de la dictature et dont les enquêtes sur les crimes du franquisme indisposaient le Parti populaire N.D.L.R.) Ce qui est arrivé, je le raconte, avec force détail, dans deux livres : « “La justicia desahuciada. España no es país para jueces” [La justice espagnole à l'agonie. L'Espagne n'est pas un pays pour des juges (1)] (editorial Planeta, 2014), y “La verdad sobre el caso Blesa” [La vérité sur l'affaire Blesa] (RBA editores, 2015). Ce que j’y relate peut difficilement être remis en question. Jusqu’à présent, personne ne m’a attaqué en diffamation pour ces publications. Cliquer ici 

(1) non comme il est traduit dans la page de l'entrevue.

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