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Catalogne. Intrusion de la Garde Civile dans le Palais de la Généralité...


 ... les CDR ripostent dans la rue !

Le 20 juillet de l'année dernière, la Garde Civile avait tenté de pénétrer, en vain, dans le Palais de la Généralité, siège du Gouvernement catalan, dans le cadre de perquisitions concernant l'affaire de corruption dite des 3% impliquant des responsables de l'ex CiU, le parti d'où est sorti l'actuel PDeCat. On était alors dans la phase ascendante du procés, la mobilisation pour l'indépendance qui allait déboucher, le 1er octobre, sur le magnifique référendum d'autodétermination. 

Aujourd'hui, le même type d'opération, portant cette fois sur la criminalisation de ce référendum, a pu avoir lieu sans encombre : il n'y avait personne pour interdire le passage des Gardes Civils, comme ce fut possible en juillet (1). Signe de ce que représente, depuis le 21 octobre, l'instauration de l'état d'exception, via l'application inconstitutionnelle de l'article 155 de la Constitution. Le pouvoir, c'est l'Etat espagnol qui l'exerce en Catalogne pendant qu'il détient quatre prisonniers politiques, dont deux membres de l'ex Govern (Gouvernement catalan), et que quatre autres dirigeants, dont l'ex President (président), sont en exil. 

Les élections catalanes du 21 décembre, appelées, là aussi inconstitutionnellement, par le Gouvernement de Madrid et largement perdues par lui, n'ont évidemment rien changé à la situation : l'arbitraire du 155 donne le la dans la "démocratie" espagnole qui, au demeurant vient d'être sévèrement rappelée à l'ordre par le Tribunal Européen des Droits Humains (TEDH) et Amnesty International pour graves atteintes à la liberté d'expression (voir lien ci-dessous) ! (compte rendu à partir de l'article de El Nacional.Cat à lire ici en espagnol et ici en catalan). 

"Gardes Civils, sans vos matraques vous n'êtes rien !"

C'est la rue qui a en fait organisé la riposte à l'appel des CDR (Comités de Défense de la République) : une manifestation de plusieurs centaines de participant-es, comptant avec la présence de représentant-es de la CUP (aucun autre parti n'y avait délégué de représentants), a défilé dans les rues de Barcelone en dénonçant le coup de force policier contre la Généralité, en réclamant la libération des prisonniers politiques et en revendiquant, sur la banderole de tête, la République (photo ouvrant cette page) : pendant de longues minutes la manifestation s'est posée devant la caserne de la Garde Civile du quartier de Travessera de Gràcia pour y exprimer sa colère que ce corps répressif ait opéré l'agression de ce jour. Suite à la décision du TEDH de Strasbourg de rejeter la criminalisation des actes de brûler les portraits du Roi, plusieurs manifestant-es ont mis en oeuvre ce geste qui était, dans la foulée, l'expression de la joie de voir levé l'un des interdits les plus emblématiques de ce régime illégitime (qui, habituellement si sourcilleux sur les "décisions de justice", n'hésite pas à contester ouvertement et à défier la décision dudit tribunalVoir le reportage photo ici 


Alors que le Parlament, issu des élections de décembre, voit les partis indépendantistes soumis au pouvoir discrétionnaire des juges sur leur choix du futur President et dans l'incapacité de s'entendre pour déjouer cette pression, un secteur (à forte composante jeune) du peuple indépendantiste se démène pour faire contrepoids et pour commencer à poser les jalons d'une reconstitution du rapport de force permettant de sortir de ce qu'il faut appeler par son nom : le sentiment d'une défaite, imposée pratiquement sans combat (politique), du processus enclenché le 1er octobre, relayé par deux grèves générales, mais resté par la suite sous dépendance des partis parlementaires de l'indépendantisme les plus velléitaires et les moins décidés à aller jusqu'au bout dudit processus. 

Honneur aux manifestants de ce jour ! Ils sont, à cette heure, l'honneur de la République catalane ! 

Antoine 

(1) Le siège de l'Omnium a été aussi perquisitionné, aujourd'hui, pendant 12 heures, et ses documents comptables saisis, par la Garde Civile (lire ici). Là aussi la riposte dans la rue a été importante mais, dans ce cas, avec une forte présence de l'ensemble des partis indépendantistes, de diverses associations catalanistes, dont l'ANC et l'Association des Municipalités pour l'Indépendance, et d'élu-es (lire El soberanismo proyecta una imagen de unidad en apoyo a Òmnium).

L'Omnium est l'une des deux grandes associations indépendantistes avec l'ANC, adossées, avec des nuances, aux institutions de la Généralité. A la différence des CDR, qui sont nés lors du référendum du 1er octobre (leur première dénomination était Comités de Défense du Référendum) et qui, tout en défendant la légitimité de la Généralité, ont une conception stratégique sur la République accordant une place importante au non-institutionnel et au social. 
 

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