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Etat espagnol. Les socialistes au gouvernement, bonjour l'alternance...


Réflexion sur les conditions de l'alternative


 Manuel Garí est économiste et l'un des promoteurs du Manifeste pour Madrid publié par un large éventail de militant-es et de sympathisants de Podemos, critiques envers le choix du tandem Iglesias/Errejón de bâtir une candidature et une liste aux prochaines élections à la Communauté de Madrid hors de toute consultation populaire large. Anticapitalistas, dont Manuel Garí est membre, est l'un des initiateurs de cet appel. 

Público 08/06/2018 

Le tsunami parlementaire, qu'ont été le triomphe de la motion de censure et la démission de Rajoy, a provoqué un soulagement dans la majorité du peuple (des peuples) de l'Etat espagnol, malgré les coups de gueule du schtroumpf grognon du PP, Rafael Hernando, ce rance représentant de la droite qui se croit dépositaire du droit surhumain de commander. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : les 180 voix en faveur de la motion de censure expriment la volonté de 12 118 833 électeurs à rapprocher des 169 voix du PP et de Ciudadanos qui représentent 11 082 806 électeurs; par conséquent le soutien au "partez Monsieur Rajoy" a représenté 1 036 027 électeurs de plus que ceux qui avaient donné mandat parlementaire aux partisans du "il n'y a pas de problème dans  ce pays" suite à la sentence judiciaire qui a mis en évidence le comportement corrompu à Génova [nom du siège du PP]. Cliquer ici

On vous en reparle ci-dessous

Précisions 

Il ne faut pas perdre de vue, à la lecture de cette tribune, que l'idée d'alternance qui est au coeur de la constitution de ce gouvernement "de gauche" doit être rapportée à la fragilité dudit gouvernement. Pedro Sánchez n'a aucune majorité au Congrès des député-es. Ses 84 parlementaires ne pèsent pas lourd face à la barre des 176 voix nécessaires pour obtenir une majorité absolue. Ce seuil a été franchi pour battre Rajoy mais le refus du PSOE d'accepter de s'ouvrir aux forces qui lui ont permis ce franchissement pour la motion de censure, le renvoie à son statut de gouvernement minoritaire, très minoritaire. Sans oublier que le PP a la majorité absolue au Sénat. Il faut donc retenir que, comme le suggère Garí, le projet de Pedro Sánchez est avant tout de faire durer suffisamment ce gouvernement pour redorer l'image fortement décrédibilisée de son parti (à preuve ses maigres forces parlementaires), plus précisément pour renforcer ses chances en vue des prochaines élections et ainsi se trouver en position de gouverner sur des bases plus larges et plus maîtrisées dans ses alliances. Par exemple en piégeant plus efficacement qu'il ne le peut aujourd'hui un Podemos toujours disposé à aller au gouvernement en révisant à la baisse son programme (en échange de quelques concessions comme sur les pensions de retraite, mais pratiquement rien sur le remboursement de la dette publique, permettant de ne pas perdre la face) mais considéré comme encore peu fiable et très dangereusement tacticien.

La volonté du PSOE de se présenter comme un parti de gouvernement "crédible" se lit, comme le relève aussi Garí, à travers la mise au premier plan de figures ministérielles comme une Nadia Calviño, à l'Economie, venue directement des cercles libéraux de l'Union Européenne (spécialement de la Commission Européenne) ou d'une María Jesús Montero, pour les Finances, qui occupait ce poste, avec une stricte discipline budgétaire à la mode austéritaire, à la Communauté Autonome d'Andalousie de la très droitière socialiste Susana Díaz. Une Susana Díaz que Pedro Sánchez avait battue, sur un profil gauche, lors de la primaire du PSOE ! Ce qui en dit long sur ce que signifie être à gauche dans ce parti. Il s'agit en somme, comme on le voit aussi avec la nomination du très "espagnoliste" Josep Borrell ou du juge de droite Grande-Marlaska, de donner des gages de respectabilité prosystème que ne démentent pas les quelques signes "à gauche", clairement identifiables comme des notes mineures attrape-gogos unitaires de gauche, que sont certaines nominations à des postes concernant le Travail, l'égalité hommes-femmes ou même les territoires, les Autonomies, pour donner un semblant de contrepoids, ouvert, juste ce qu'il faut et dans le strict respect de l'unité de l'Espagne, à la Catalogne, à un Josep Borrell.

Antoine

L'échiquier politique espagnol sur le mode triangle des Bermudes de l'alternative populaire

 Le requin rose du PSOE interpelle les deux petits poissons du premier plan : "Salut les mignons... Voulez-vous qu'on fasse alliance ? Cela fait depuis 2011 que je ne me suis rien mis sous la dent ..." L'un des deux en question s'adresse à l'autre : "tu sais qu'on a deux secondes de mémoire". L'autre : "quoi ?" Le premier : "quoi quoi ?" L'hippocampe de Podemos s'adresse aux deux innocents : "Hello, les amis du 15 M, je suis tombé sur ce pote [rose] bien sympa qui nous aidera à nous débarrasser du petit poisson bleu [le requin marteau qui est au-dessus !]. OK ? Nous Pouvons faire avec lui ?" A remarquer sur la droite dudit rose, toutes dents dehors comme son acolyte, le requin marron (eh oui pas orange !) de Ciudadanos, cette droite centriste-extreme-droitisée... Oui, oui, une vraie chimère pour assurer la relève des deux autres prédateurs, le bleu marginalisé par le rose qui s'est posé au milieu mais qui pourrait bien devoir céder, à son tour, la place au marron... à moins que les personnages du bas, en particulier l'hippocampe podémite, tombent dans le panneau... Et à l'évidence ceux-ci ne semblent pas ... Pouvoir faire le (contre)poids... Hélas... (dessin transmis par Michelle de Frontignan, merci à elle).

Note : Sur FB un internaute me signale que Podemos n'est pas représenté ici par un hippocampe mais plutôt par un poisson chirurgien bleu.. Je ne crois pas que cela change grand chose et je laisse à l'appréciation de chacun-e !  

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