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De mon point de vue, le vrai problème idéologique, politique et intellectuel n’est pas constitué aujourd’hui par les négationnistes, mais par ceux que j’appellerai les « euphémisateurs », un terme qui recouvre toute une gamme de discours et de stratégies « explicatives » à géométrie variable mais ayant toutes un certain « air de famille ». Dans le spectre du soutien plus ou moins partiel, « critique » – et certes de plus en plus réticent ou désenchanté – au processus bolivarien, prévalent un certain nombre de mythes pieux répercutés de façon peu imaginative et sociologiquement assez naïve : « Maduro a dilapidé l’héritage de Chávez » ; « le comandante prônait un ‘‘golpe de timón’’ [coup de gouvernail] pour redresser le cours de la révolution, mais il n’a pas été écouté » ; « les dérives du chavisme d’État ne remettent nullement en cause la dynamique du chavisme populaire », etc. […]

La déconstruction des présupposés analytiques et idéologiques de cette sensibilité « euphémisatrice » me paraît une tâche nécessaire essentiellement pour deux raisons. D’abord parce qu’ils sont tout simplement erronés sur le plan théorique et empirique.  Ensuite parce que la propension de la gauche radicale au wishful thinking teinté d’exotisme consolateur, loin d’exprimer une solidarité avec les peuples du Sud, dissimule un mépris assez flagrant de leurs conditions réelles d’existence et de lutte.
 
Deux dimensions clés – il en est d’autres – du récit euphémisateur concernent la question de la continuité et/ou de la discontinuité entre chavisme et madurisme et celle du « pouvoir populaire », soit les mêmes thèmes que je mentionnais en introduction. Je reprendrai ici une partie des considérations développées à ce sujet dans un long article publié en janvier 2019 dans la revue Hérodote. 

Sur le plan politique, comme l’explique bien Fabrice Andréani dans une analyse rétrospective très complète, une bonne partie des mécanismes de l’involution autoritaire et mafieuse du régime bolivarien était déjà en place sous Chávez, sans pour autant atteindre l’échelle qu’on connaît aujourd’hui. Justice aux ordres, criminalisation des mouvements sociaux et du syndicalisme indépendant, incarcérations arbitraires, interdictions professionnelles, confusion systématique du parti et de l’État, mépris des mécanismes et des garanties définis par la Constitution bolivarienne, tolérance complice de la corruption dans les rangs du pouvoir et protection des nouveaux riches au service du régime existaient déjà avant 2013. Le tournant « socialiste » engagé d’un coup de plume par le leader à partir de fin 2006 n’a fait qu’aggraver ces tendances. Paradoxalement, il a aussi contribué à museler et neutraliser les courants de gauche plus ou moins autonomes qui subsistaient au sein du chavisme. Cliquer ici

Echapper aux simulacres et autres mirages


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La crise a vu ses effets décuplés par la chute de la production pétrolière, de plus de 3 millions de barils par jour en 2008 à moins de la moitié aujourd’hui. Depuis 2012, la monnaie s’est effondrée. Le gouvernement est le principal responsable de cette situation. Pendant une décennie, il a permis que des multinationales et une nouvelle bourgeoisie liée à l’État et créée lorsque Chávez était encore en vie, la « boli-bougeoisie », s’enrichissent en détournant le -système de change. 
 
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